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Comoedia 06 avril 1924


théâtre Sarah Bernhardt

La question du Théâtre Sarah-Bernhardt
Ce que l'on dit à l'Hôtel de Ville

Le texte du récent jugement qui dans la question du Théâtre Sarah-Bernhardt tend à donner gain de cause à la Ville de Paris n'a pas encore été communiqué aux parties intéressées. Toutefois, voici ce que M. Massard a bien voulu nous dire :

La commission supérieure des loyers jugeant en cassation a réformé le premier jugement qui lui sembla interpréter faussement la loi. Vous savez que Sarah Bernhardt avait demandé, quelques mois avant sa mort, ia prorogation de son loyer, cela lui fut accordé; elle avait demandé aussi que le bail subît une modification en faveur de son fils, cela lui fut refusé.

Après la mort de Sarah Bernhardt, M. Maurice Bernhardt a été prié par la Ville de vouloir bien rendre un théâtre que la Ville considérait désormais revenu à elle, M. Maurice Bernhardt refusa. L'affaire fut portée devant la commission des loyers de la Seine qui donna raison à M. Maurice Bernhardt. La Ville fit appel. La commission supérieure des loyers vient de lui donner raison, mais elle a toutefois renvoyé le jugement à la commission des loyers de Seine.et-Oise.

«Il nous faudra attendre deux mois; d'ici là, la deuxième commission du Conseil municipal étudiera les diverses candidatures, elles sont au nombre de vingt-trois; il semble que la Ville demandera des garanties financières très sérieuses; la quatrième commission se prononcera sur le programme artistique présenté par le candidat que nous aurons reçu; si deux candidats offrent un prix de loyer égal, sera retenu celui dont le programme artistique sera jugé le meilleur.»

Telles sont les déclarations que nous faites M. Massard. A bien réfléchir, il apparaît que la question principale de l'affaire qui divise les héritiers de Sarah Bernhardt et la Ville est celle-ci : la prorogation accordée légalement à Sarah Bernhardt est-elle personnelle ? La Ville dit oui et M. Maurice Bernhardt dit non. La thèse qui semble avoir été soutenue par la défense pendant le procès serait celle-ci : «Mme Sarah Bernhardt a signifié à l'Hôtel de Ville en temps voulu qu'elle entendait bénéficier de la prorogation accordée à tout locataire. La Ville a accepté sans restrictions; elle n'a pas spécifié que cette prorogation était accordée à Sarah Bernhardt seule. Quand le bail a été signé, en 1889, pouvait-on prévoir la loi de 1918?».

Voici, apparaît.il, les positions respectives de la Ville et des héritiers de Sarah Bernhardt. Il ne reste plus qu'à attendre la décision de la commission des loyers de Seine- et-Oise.

Nous avons pu rencontrer, au cours de l'après-midi, M. Maurice Bernhardt qui nous a dit ces brèves paroles : Je n'ai aucune déclaration à faire.

La parole est aux tribunaux; je suppose qu'ils feront droit à une revendication dont on ne peut nier le caractère évident de justice.

M. F.