| L'Oeuvre 24 avril 1924 |
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Quand on est mort c'est pour longtemps... L'histoire du combattant qui découvre sa tombe dans un cimetière du front soulève un assez grand nombre de questions. 1° La famille de M. Foglietti n'a pas été avisée du décès de son fils, car, si la famille avait été avisée, il y a beau temps que M. Foglietti saurait qu'il est mort. 2° Si M. Foglietti est enterré dans un cimetière, il est vraisemblable qu'il est mort sur les registres de son régiment et peut-être même sur les registres de sa mairie. Dûment et officiellement mort, M. Foglietti n'est plus électeur, ce dont il s'apercevra avec une non moins grande surprise quand il ira retirer sa carte électorale. 3° M. Foglietti aura toutes les peines du monde pour se marier, pour avoir un enfant et pour mourir une seconde fois, quand sa vraie heure sera venue, M. Foglietti ne sera ressuscité qu'après beaucoup de peines et beaucoup de démarches. 4° Par contre, M. Foglietti, s'il est mort au point de vue militaire, n'est donc plus mobilisable, ce qui a peut-être un certain intérêt. M. Foglietti, pour vouloir à tout prix être vivant, risque de mourir à la prochaine guerre. M. Foglietti, en ne se contentant pas de mettre des fleurs sur sa tombe, s'est conduit bien, imprudemment. 5° L'exemple de M. Foglietti est inquiétant pour les familles. Car, si l'administration a procédé avec autant d'ordre et autant de méthode dans tous les cimetières, il y a beaucoup de vivants qui sont morts et le soldat inconnu se porte peut-être comme vous et moi, D. |
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