Un timbre laid et une formule sans signification Ce sont les vignettes des P. T. T. pour les Jeux Olympiques
Après le timbre Pasteur, l'administration des P. T. 1. nous a gratifiés du timbre des Jeux Olympiques.
Le premier était laid, d'une laideur morne et pauvre. Le second est plus laid encore. Il est mal dessiné, il est lourd, vulgaire, d'une écœurante banalité et, par surcroît, il est le plus mal gravé de tous les timbres actuellement en service dans toutes les nations. A côté de celui-là ceux mêmes de la Bolchevie russe sont des chefs d'œuvre.
Pis encore, le nouveau timbre porte, au lieu de la mention logique, expressive de "Jeux Olympique, 1924", la formule absurde, dénuée de toute signification: "8 Olympiade".
Tout le monde sait maintenant que l'expression les Olympiades, désignait, en Grèce, la période d'années comprise entre deux séries de Jeux et non pas ces Jeux eux-mêmes.
Ainsi ces timbres d'aspect piteux sont en même temps accablés d'une faute de français.
Ils voyageront. Ils porteront dans tout l'univers la preuve indiscutable que la France, pays des belles formes et des ouvrages de luxe, n'est plus capable de donner à ces gracieux messagers un air français. Pensera-t-on cela seulement ? On ira à ces vignettes grossières, les siennes si fermes de dessin, si originales d'invention, si délicates d'exécution.
Nous n'exprimons pas là notre seule opinion : les groupements d'art et d'art décoratif les plus importants, les délégués des chambres syndicales d'industrie afférentes aux beaux-arts se sont réunis et, sous la présidence de M. François Carnot, ont déjà formulé une protestation contre le timbre Pasteur.
On devait consulter, pour tout timbre nouveau, les Beaux-Arts. Pourquoi ne le fait-on pas ?
A la direction des P. T. T. à laquelle nous voulions soumettre cette question, il ne nous a pas été possible d'obtenir une réponse précise. Nous nous promettons d'insister et de savoir quelle personne inflige à la France d'aussi lamentables figurines.
G. B.
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