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L'Éclaireur du dimanche 27 avril 1924


Certains en meurent...
D'autres en vivent

Les huîtres sont accusées d'engendrer la fièvre typhoïde; aussi, les personnes craintives ont-elles décidé qu'elles se priveraient de leur chair savoureuse.

Nous ne ferons pas le procès des parcs mal tenus, des voisinages d'égouts qui causèrent, en effet, plus d'un cas de la redoutable maladie.

S'il est des gens malchanceux que les huîtres tuent, d'autres leur doivent le pain quotidien.

A Cancale, par exemple, au mois d'avril de chaque année, tous les inscrits maritimes qui possèdent un bateau, peuvent les pêcher gratuitement. Ils ont droit à trente heures, durant une semaine.

Munis d'un filet spécial qui leur sert de râcle, ils s'installent à l'arrière de la barque et rejettent en tas, sur le rivage, ce qu'ils ont pris. Pour manier le filet, il faut deux hommes, au moins.

Les femmes ramassent les huîtres, en opèrent le triage, et s'emploient ensuite à les faire fructifier, pendant que leurs maris vont en Islande.

Beaucoup d'entre elles deviennent veuves, prématurément; elles continuent alors ce négoce, qui est souvent leur unique ressource.

On parque les plus belles huîtres dans des espaces concédés par la ville aux pêcheurs, les petites et les moyennes sont vendues ou données aux aides.

Cette pêche représente un capital qu'il s'agit de mettre en valeur, et dont le rapport annuel, de six à huit cents francs (avant la guerre), suffisait à nourrir beaucoup de ces braves gens, vivant de peu.

MIREILLE DE MONGIVAL.

La Réserve de Saint-Jean-Cap-Ferrat


retour-back 27avril 1924