| L'Œuvre 16 avril 1924 |
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Les dames qu'on pince Il existe, paraît-il, en Amérique, une brigade de police féminine qui donne la chasse aux séducteurs trop entreprenants. Si j'étais séducteur, mon premier soin serait de séduire la brigadière de cette brigade; on verrait bien après ? Dieu sait que j'abhorre cette race d'hommes avantageux qui pensent n'avoir qu'à regarder une femme pour qu'elle tombe dans leurs bras. "Je me la mets dans le gilet!" comme on dit à Bordeaux. Mais, si ces galantins méritent de tomber sur un bec de gaz, je me méfie des dames qui se plaignent à chaque occasion d'être les victimes de leurs folles entreprises. Ce sont toujours les mêmes et ce sont rarement les plus belles. Car l'impertinent est éclectique quand il écrase des pieds dans un autobus ou qu'il pince des tailles dans le métro. Tous les goûts sont dans la nature et toutes les marmites trouvent leur couvercle, comme on dit. Maupassant prétendait qu'un signe mystérieux de la femme autorise l'homme à parler. Si ce signe existe, les vilaines qu'on bouscule ne protestent-elles que pour se faire remarquer? Je ne prétends pas que toutes les jolies femmes montrent tellement de dignité hautaine qu'on ne s'en prend jamais à elles; mais je sais bien pourquoi elles ne font pas scandale quand un prospecteur aventureux les assiège: elles ont l'habitude. D. |
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