Les femmes peuvent être « commissaires-priseurs » dès aujourd'hui
Salle des Ventes. Aux murs tendus d'andrinople pendent de vieux tapis et de vieux tableaux. Au bureau se tient, entouré de ses assesseurs, le commissaire-priseur. De loin, il apparaît comme un dieu dans les nuages épais que soulèvent la poussière et la fumée conjuguées. Cela sent la vieille pipe et l'odeur humaine exaspérée. Les brocanteurs se pressent et se bousculent, sans souci des formules de courtoisie. Ils forment un public fidèle, hardi, hargneux et sournois.
C'est lui que, dès aujourd'hui (voir le Journal Officiel, nouvelles dispositions le la loi relative aux commissaires-priseurs) les femmes pourront affronter, s'il leur chante. Elles pourront prendre la place du dieu, dans les nuages, lever le marteau d'ivoire et le laisser retomber avec un bruit sec: « Adjugé ! » En un mot, les femmes pourront, désormais, être commissaires-priseurs.
C'est un nouveau point que marque le féminisme. On ne voit pas du tout pourquoi l'obtention de cette charge était interdite aux femmes. Il n'y est point besoin de compétence. Il y suffit d'avoir de l'oeil, de l'oreille et un peu de folie pour les enchères. Pour le surplus, c'est un métier qui nourrit son homme ou sa femme.
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