| Excelsior 27 avril 1924 |
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La foire aux tableaux Les lilas, bientôt, vont refleurir aux environs du Moulin de la Galette. Les visteurs amenés par les Jeux olympiques ne manqueront pas d'escalader la Butte pour explorer Montmartre. Le Montmartre légendaire de la Vie de bohème, de Louise, voire du vieux Paul de Kock qui passe encore pour un auteur véridique dans les pays lointains. Il est à présumer que la foire aux tableaux aura du succès cette année. Sait-on, à ce propos, que l'usage des salons en plein air est loin d'être neuf? On lui attribue une origine tantôt italienne, tantôt espagnole. A l'époque de Velasquez il se tenait de ces marchés en Espagne. Au dix-huitième siècle, le Louvre n'étant accessible qu'aux membres de l'Académie, il existait un Salon de la jeunesse, sans jury établi place Dauphine, le jour de la Fête-Dieu. Les tableaux dessins et gravures étaient accrochés aux draperies tendues le long des maisons et du reposoir. On les décrochait pour le défilé de la procession. Ce fut là que, en 1728, Chardin exposa plusieurs natures mortes parmi lesquelles la Raie et le Buffet, ses deux chefs-d'oeuvre, « Ce fut, assurent les biographes de Chardin, une révélation. On conseilla à Chardin de se présenter à l'Académie. Il est vrai que les connaisseurs, les peintres officiels, les maîtres fréquentaient la place Dauphine, la foire aux croûtes de ce temps-là. |
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