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La Presse 24 avril 1924


collaboration des USA avec l'Europe  1

REFLEXIONS DU SOIR
Collaboration américaine
La Commission des Réparations abordera donc, au début de la semaine prochaine. l'étude détaillée de la mise en pratique du rapport des experts.
Cette remise de quelques jours, imposée d'ailleurs par les vacances de Pâques, ne représente nullement un retard car les chancelleries, pendant ce temps, ont une autre besogne. Il faut qu'elles réalisent l'accord des gouvernements alliés sur les conclusions politiques du rapport qui relèvent de leur compétence.
Aussi bien les échanges de vues sont-ils pratiquement commencés par le moyen à peine détourné des déclarations faites par les chefs des divers gouvernements.
M. Poincaré d'abord dans une lettre adressée au président de la Commission des Réparations, M. Barthou, a précisé la thèse française et la portée de l'acceptation complète du rapport des experts. Dans le récent discours qu'il a prononcé la semaine dernière, M. Ramsay Mac Donald a fait connaître les tendances du gouvernement dont il est le chef. Enfin, hier, le président des Etats-Unis, M. Coolidge, parlant dans un banquet de la Press Association pour définir son programme électoral, a publiquement exposé le point de vue américain tant en ce qui concerne le rapport des experts qu'au sujet de la participation du capital américain à cette œuvre formidable de la réorganisation européenne.
« Il y a, dit-il, de saines raisons commerciales pour que nous contribuions à financer l'œuvre de paix européenne, de même que nous avons affirmé à de nombreuses reprises, que nous ne favoriserons pas des avances d'argent pour des buts militaires. Notre industrie et notre commerce profiteront de notre aide à l'Europe, particulièrement en ce qui concerne les produits agricoles. Mais, en dehors de ce point de vue, il y a de telles exigences humanitaires qu'il est de notre devoir d'accorder notre assistance là où elle est justement sollicitée pour des buts pacifiques. »
Or c'est là un point essentiel, car il était difficile d'envisager le programme financier nécessairement à la base de toute réinstallation économique s'il fallait écarter toute espérance d'appui américain.
Que le président Coolidge ait également saisi l'occasion d'insister sur le fait que les Etats-Unis sont irrévocablement déterminés à ne pas faire partie de la Société des Nations, on peut le regretter parce que, sur ce point, Washington risque demain de se trouver en désaccord avec Londres, mais c'est tout de même la question du concours financier qui occupe le premier plan dans l'ordre des nécessités immédiates.
De même, ne témoignons ni regret ni inquiétude qu'il ait confirmé à nouveau la politique américaine en ce qui concerne les dettes contractées envers les Etats-Unis par les pays européens et affirmé que, dans toutes les futures discussions internationales, économiques, les Etats-Unis refuseront de permettre que la question de ces dettes fasse l'objet de débats.
Sur ce point encore la France n'a pas d'inquiétudes puisqu'elle ne demande nullement la remise de ses dettes si personne n'essaie de réduire la valeur de ses créances.
La collaboration américaine nous est officiellement promise, c'est là seulement ce qu'il faut retenir pour s'en féliciter sans réserve.
ANDRE PAYER.

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