| Le Cri de Marseille 20 avril 1924 |
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PRONOSTICS (Suite) Dans notre dernier numéro, nous laissions espérer à nos lecteurs que les couleurs royales seraient représentées sur notre hippodrome. Maeterlink avait déjà reçu les confidences d'un cheval; c'est sans doute lui qui a fait savoir que : MAGALLON, cheval poète, parle en vers... envers et contre tous. Son action a fâcheusement impressionné les sportifs de l'Hérault qui l'abandonnent aux péripéties de notre hippodrome. DOUTRES est atteint de boîterie chronique, ce qui ne l'empêche pas de galoper, c'est même le cheval qui a le plus de tenue, quand il commence de discourir, je veux dire de courir, on ne sait jamais quand il s'arrêtera. BOURDILLON est d'une origine discutée, turque ou grecque ? Dans cette épreuve sévère, il risque d'y perdre son truc, son grec et son... latin. BLAIN cheval du Roi et régiscide. son Roi contre... Régis ? va-t-il servir SAROUL, entraîné en Champagne, est inédit; il a une bonne presse. FRANCHI, cheval corse, est de petite taille. Il a déjà fait contre Sabiani une course honorable. MIRAMONT portera l'argent des retraités. GRAND PRIX DU PALAIS-BOURBON (Steeple Chase) Une foule innombrable avait littéralement envahi les différentes enceintes de notre hippodrome. On évalue à près de 90.000 le nombre des spectateurs. Le soleil, ce magicien, donnait un cachet particulier aux toilettes de nos élégantes et semblait aviver encore les couleurs voyantes. Le rouge se porte beaucoup cette année. La Pelouse apparaissait comme un champ immense de coquelicots. On attendait avec une impatience fébrile l'heure du départ. Pour exciter les parieurs, on nous fit entendre plusieurs sons de cloche. L'Ecurie de l'Union Socialiste est arrachée au Mutuel. C'est le placement de père de famille. On sonne le boute-selle. Les fines cravaches montent à cheval. VEYREN, à qui est confié le crack TORRES, est très entouré. Il ne cache pas son absolue confiance. Lui, qui est pour la lutte de classes, trouve son cheval déclassé ! A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! HUBERT GIRAUD, que monte OLIVER, part assez délaissé à la pelouse. Au pesage, quelques riches parieurs appuient sa chance. BOUISSON est très nerveux, il semble défraichi, son jockey BOCCO sourit philosophiquement; après celui- là, un autre, dit-il, la mère des chevaux n'est pas morte ! MORUCCI tique aux étoiles. LATIERE lui fera-t-il prendre son mors ? MAGALLON est le tocquart de la course. BARLA, son jockey, ne croit pas à la victoire. LE DÉFILÉ L'ECURIE DE L'UNION SOCIALISTE entre en piste la première ; elle porte fièrement la casaque rouge. L'ECURIE BLOC NATIONAL, qui prétendait autrefois porter la casaque tricolore, a modifié ses couleurs. Elle a supprimé le rouge, elle est « Blanc et Bleu ». L'ECURIE ORTHODOXE a la casaque noire et rouge, on l'a taillée à Moscou ! L'ECURIE MAGALLON a la casaque fleurdelysée. L'ECURIE DE LA PRINCESSE, qui portait autrefois des couleurs vives, a une casaque défraichie, elle est gris sale .. LES CHEVAUX FONT LEUR GALOP D'ESSAI. TORRES a une allure souple et puissante. SABIANI va très librement. SARAVELLI est très remarqué. TASSO et CANAVELLI font impression. BOUISSON est raidillard. AUSILIA, VIDAL ont belle mine. LE DÉPART Le starter, M. THIBON, va au départ ; il porte son drapeau et son traditionnel bonnet phrygien. Une rumeur parcourt la foule, on prétend qu'il a mis ses fonds secrets sur HUBERT GIRAUD et BOUISSON. On remarque, en effet, qu'il les surveille; il s'applique à leur donner un bon départ. Le drapeau baissé, les chevaux s'élancent. TORRES, tenu à plein bras, mène; il est suivi d'HUBERT GIRAUD, BOUISSON, MORUCCI, MAGALLON. Plus loin, les autres sont en paquet: CORBANI, en selle sur TASSO, fait l'extérieur ; il s'éloigne de ses compagnons d'écurie, il veut éviter la chute.-E. P. |
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