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L'Éclaireur du dimanche 20 avril 1924


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MENU

Hors-d'œuvres variés
Huitres

POTAGES
Consommé de pigeons
Tortue soupe

RELEVÉS
Filets de turlots à la Lucullus
Saumon crème d'anchois
Filets de boeuf à la Condamine
Cuissot de chevreuil à l'anglaise

ENTRÉES
Nid de pigeons à la Camauck
Côtelettes de perdreaux Braithwaite-Wilson
Foie gras à la Cholmondelly-Penell
Ballotines de canetons à la Kennedy
Sorbets au Malvoisie

ROTI
Dindes truffées à Perigourdine
Faisans farcis de bécasses à la Régence
Buisson de coquillages
Pâtés de foie de Henri
Salade panachée

ENTREMETS
Asperges de Paris, sauce hollandaise
Petits pois nouveaux à la parisienne
Nouroles à la Montmorency
Timbale à la Charles III

GLACES
Pigeons vénitiens
Pièces de pâtisserie sur socle
Dessert

VINS
Xérès- Madère
Château Giscours
Château Yquem
Monopole
Mouton-Rothschild
Château Laffitte
Chambertin
Beuvron
Champagne:
Roederer
Saint-Marceaux
Clicquot

Liqueurs

Ces repas plantureux et délicats inspirèrent des vers curieux à M. Frédéric d'Hainault, dont voici un extrait :

Aux gourmets alléchés par des mets délectables,
Que de trésors offerts dans un autre idéal!
Dans des salons dorés se dressent mille tables
Où la blancheur du lin, le brillant du cristal,
Le pur parfum des fleurs, l'éclat de la vaisselle,
En venant compléter de succulents repas,
Font par l'art de Vatel, une essence immortelle
Que l'artiste entrevit, mais qu'il n'atteignit pas.

Le fumet de la truffe et la bisque piquante,
La chair de l'ortolan du sterlet, du faisan,
La saveur du chevreuil, de la dinde odorante
S'unissent pour flatter l'estomac complaisant,
Puis des raisins dorés et des pêches vermeilles
Arrosés par des vins dont l'âge est inconnu,
Des entremets sans nom, des liqueurs sans pareilles
En un mot le nectar que les dieux seuls ont vu.

Fermons les yeux pour ne les rouvrir qu'à la villa Corinthienne, où il nous faut revenir précipitamment. On soupa par petites tables de huit à dix couverts, fort gaiement, comme bien on le pense.

Le bal finit à l'aube. Leurs majestés saluèrent le soleil levant, en se prosternant, et la foule des invités se retira dans le bruit des équipages, emportant au galop les joies de cette délicieuse nuit.

Les dames étaient parties chargées de bibelots japonais et les cavaliers chamarrés de décorations orientales, distribuées à profusion par des souverains dont la prodigalité, à ce point de vue, devait être si fidèlement imitée par les hommes politiques de nos jours.


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