| L'Oeuvre 15 mai 1924 |
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Les cuisiniers parisiens vont se mettre en grève Depuis quelques jours, on signalait dans les divers syndicats qui groupent les travailleurs de l'alimentation, la menace d'une grève qui devait éclater à l'occasion des Jeux Olympiques. Lundi soir, à la Bourse du Travail, salle Ferrer, les cuisiniers, réunis au nombre de plusieurs milliers, ont décidé de cesser le travail samedi matin. C'est sur une question de contrat que les pourparlers ont été rompus. a) Dans les restaurants, hôtels et brasseries, 250 francs par semaine pour les chefs de partie, 175 francs pour les premiers commis, 160 francs pour les deuxièmes commis, 100 francs pour les débutants; b) Dans les bouillons, 250 francs pour les chefs et 200 francs pour les chefs de partie ; c) Aux environs de Paris (Champs-Elysées compris), 290 francs pour les chefs de partie, 225 francs pour les premiers commis, 190 francs pour les deuxièmes commis, 160 francs pour les troisièmes commis. Plusieurs patrons ont accordé déjà ces salaires à leur personnel. Ils se refusent toutefois à les leur garantir par contrat. C'est pour obtenir ce contrat que les cuisiniers se mettront en gréve également. Les cuisiniers réclament 1' « application de l'ensemble des lois sociales ». On se rappelle, à ce sujet, l'enquête ouverte par l’Œuvre sur les conditions déplorables d'hygiène offertes par la plupart des cuisines des restaurants parisiens. Les dirigeants syndicalistes pensent que le nombre des grévistes s'élèvera samedi à 7.000. Il est probable que si le mouvement se déclanche avec une telle ampleur, les cuisiniers ne tarderont pas à obtenir satisfaction. Il se pourrait, par ailleurs, que les garçons limonadiers, les cavistes, les boulangers, les ouvriers des Halles, les bouchers et les épiciers suivissent le mouvement. Leurs syndicats ont, en effet, voté des ordres du jour en faveur d'une action énergique pour le relèvement des salaires au moment où l'afflux des étrangers doit leur imposer un surcroît de travail. Si les pourparlers engagés n'aboutissent pas avant samedi, ce serait vraisemblablement la grève de tous les travailleurs de l'alimentation. |
| reour-back 15 mai 1924 |







































































