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Excelsior 10 août 1924


A 22 HEURES UN CONSEIL DES MINISTRES S'EST TENU A L'ÉLYSÉE

LE MARÉCHAL FOCH A ÉTÉ ENTENDU PAR LE CONSEIL

Avant le départ du Premier français, les chefs de délégation se sont entretenus à Londres des questions soulevées par l'évacuation militaire de la Ruhr et des dettes interalliées.

Les troupes anglaises n'évacueront pas la zone britannique de Cologne avant que les conditions prévues par le traité ne soient remplies.

C'est aux cris de: «Vive la paix ! A bas la guerre !» que le président du Conseil, de retour de Londres, a été accueilli, hier soir, gare du Nord, par une foule impressionnante, qui débordait de la cour d'arrivée jusque dans les rues voisines et submergeait littéralement le service d'ordre. Le train de Boulogne, annoncé pour 21 heures, avait dix minutes de retard. Les ministres, au grand complet, étaient venus attendre M. Herriot, qui fut si vivement happé par ses collègues qu'on ne vit pas, derrière lui, M. Clémentel, ministre des Finances, et le général Nollet, ministre de la Guerre, descendre du wagon présidentiel.

Au grand désespoir des photographes qui, emportés par les manifestants, ne purent prendre des clichés, M. Herriot disparut dans la cohue, d'où l'on ne vit émerger que la main qu'il tendait au chef mécanicien de l'express.
Il ne fallut pas moins de cinq minutes aux membres du cabinet pour conduire le président du Conseil à sa voiture.
Tout va bien, tout va bien! dit M. Herriot aux journalistes. Je ne repartirai que demain soir. Laissez- moi dormir demain matin, car nous allons travailler tard dans la nuit.

Le président s'installa dans sa voiture avec M. Israël et MM. Labonne et Moutet, chefs adjoints de son cabinet. Il se fit d'abord conduire au Quai d'Orsay.
Le temps de faire un brin de toilette, dit-il en souriant aux reporters acharnés à l'interroger.
Mais à peine M. Herriot était-il redescendu dans son cabinet que l'on vit arriver le maréchal Foch, en par-dessus de voyage et chapeau de paille de vacances.
Le maréchal, convoqué par le président du Conseil par télégramme dans la matinée, avait quitté sa villégiature de Morlaix pour venir à Paris, où il était arrivé à 17 heures. Tandis que les ministres étaient réunis dans le salon en rotonde. M. Herriot conféra avec le maréchal Foch en tête à tête jusqu'à 22 heures. M. Painlevé, président de la Chambre, survenu à 21 h. 50, fut introduit auprès des ministres et repartit presque aussitôt après.

Le président du Conseil, précédant le maréchal Foch, a quitté le Quai d'Orsay à 22 h. 10 pour gagner l'Elysée, accompagné de M. Rippault.

— Une seule question, monsieur le président, dimes-nous à la seconde où M. Herriot montait en voiture. La conférence va-t-elle va-t-elle se prolonger longtemps encore ?
— Ma foi, je n'en sais rien.
— La conférence va-t-elle se laisser paralyser par la question de l'évacuation de la Ruhr, étrangère à son programme et au plan Dawes ?
— Cela, je vous le dirai plus tard. M. Herriot, en hâte, s'installa dans son auto, qui, pour pénétrer dans la cour de l'Elysée, dut éviter le Faubourg-Saint-Honoré, dont la chaussée est bouleversée, elle aussi, par les réparations.

Les ministres étaient installés depuis dix bonnes minutes autour de la table du Conseil quand M. Herriot. salua le président de la République. Il fut aussitôt décidé que le maréchal Foch dont la voiture avait suivi celle de M Herriot - serait entendu

Ajoutons que le général Nollet, interrogé à son arrivée à l'Elysée, s'éleva énergiquement contre les rumeurs de désaccord au sein de la délégation française à la conférence de Londres, rumeurs répandues ces jours derniers dans certains journaux français.
— La situation n'est pas mauvaise, dit-il. Mais les négociations ne sont pas encore terminées. Je crois sincèrement que la conférence aboutira à un accord. Nous repartirons demain pour Londres.

Effectivement sauf événement imprévu le départ de M. Herriot et du général Nollet est fixé à 20 h. 45, via Dieppe. M. Clémentel, qui préfère ne pas voyager de nuit, partira à 16 heures, via Boulogne. -

MARCEL PAYS


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