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Arithmétique parlementaire
La grande réforme électorale est commencée et a débuté par le Conseil général de la Seine pour lequel le Sénat vient, comme on le sait, de voter une nouvelle composition. Il fallait absolument, au dire des innovateurs du Parlement, mettre fin à un systene qui créait une flagrante injustice: des cantons moins peuplés avaient le même nombre de représentants que les cantons les plus peuplés. Et l'on a fait une loi pour rétablir l'équilibre, c'est-à-dire que l'on a divisé les derniers en deux et même trois circonscriptions pour leur donner plus d'élus. Et le résultat? Il est déplorable. Que l'on en juge: Les cantons de Montreuil, de Nogent-sur- Marne, de Clichy, de Neuilly, n'auront qu'un seul élu pour 20.000 habitants, en chiffres ronds. tandis que ceux de Sceaux, de Pantin, de Villejuif, d'Aubervilliers auront un élu, la circonscription comptant de 27.000 à 29.000 habitants.
On a simplement déplacé l'injustice, car l'équilibre recherché n'est nullement obtenu. Il est vrai que la réforme aura un autre résultat, appréciable celui-là. Les 18 conseillers généraux supplémentaires coûteront aux contribuables 328.000 francs pour leurs seuls émoluments. Si l'on ajoute à cette somme les frais accessoires, c'est près de 500.000 francs par an, soit un demi-million, que le budget déjà si obéré, aura à débourser. Voilà ce que la réforme, chère aux politiciens de la majorité actuelle, nous a rapporté. «Ce n'était pas la peine assurément De changer de gouvernement.» pourront chanter les contribuables, comme la Fille de Madame Angot.
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