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les infos de La Bignole

12  15 mars 1925  17


Le Petit Écho de la Mode

Page six - Le Grillon du foyer et le carnet hebdomadaire de La Bignole. Que mange-t-on ce midi ou ce soir ? Une semaine de plats avec les recettes de : - 60 niocchi, des petites douceurs sucrées - 61 œufs de Pâques, original avec du foie gras - 62 la flamèche - 63 galette de Pâques - 64 tartelettes d'œufs au jambon - 65 crème bordelaise. Sur la même page, "de tout un peu", comment réaliser du millat, un potage marquise, du nanki, du café mousseux, un pain d'épice et une astuce pour éviter que le lait caille.

PLATS DE DÉJEUNER

Potage Parmentier (16)
Tartelettes d'œufs au jambon (64)
Sole à la nivernaise (11)
Soufflé de pommes de terre (3)
Poulet en gelée (53)
Crème bordelaise (65)

PLATS DE DINER

Niocchi (60)
Œufs de Pâques (61)
La flamèche (62)
Poule fermière (9)
Endives glacées au jus (12)
Galette de Pâques (63)

60. Niocchi.
Trois quarts de litre de lait, 200 grammes de farine de maïs, quatre œufs, 50 grammes de beurre frais, 75 grammes de sucre en poudre, un zeste de citron, quelques fruits confits coupés en petits dés, chapelure, friture.
Faites bouillir trois quarts de litre de lait; au moment de l'ébullition, vous ajoutez 200 grammes de farine de maïs en ayant soin de tourner tout le temps de la cuisson.
Quand la bouillie est bien lisse, vous ajoutez l'un après l'autre quatre œufs entiers battus, 50 grammes de beurre frais, 75 grammes de sucre en poudre, un zeste de citron, quelques fruits confits coupés en petits dés. Travaillez bien la pâte et versez-la sur un marbre mouillé, égalisez avec un couteau afin de donner un centimètre d'épaisseur, laissez refroidir et découpez des rondelles. Vous passez ces rondelles, ou niocchi, à l’œuf battu, puis dans la chapelure tamisée, et vous faites cuire à pleine friture. Servez très chaud.

61. Œufs de Pâques
Quatre œufs, foie gras, crème fraîche, sel, poivre.
Faites durcir de beaux œufs, enlevez la coquille. Détachez ensuite un petit chapeau du côté du gros bout de l'œuf. Retirez le jaune avec précaution pour ne pas abîmer le blanc. Écrasez finement les jaunes, mélangez-les avec un peu de foie gras haché. Ajoutez à ce mélange de la bonne crème fraîche de façon à obtenir une purée onctueuse, salez, poivrez. Remplissez les blancs avec cette purée et disposez les œufs autour d'un dôme de gelée ou en garniture de salade.

62. La flamèche
Un gros paquet de poireaux très blancs, un gros morceau de beurre, sel, poivre, farine, deux œufs, un jaune d'œuf.
Prenez une bonne provision de gros poireaux très blancs, enlevez les premières feuilles et les parties vertes; lavez à grande eau. Faites fondre un gros morceau de beurre. Coupez menu les poireaux, salez, poivrez et faites cuire lentement. Prenez de la farine, mettez-la dans un récipient creux, cassez-y deux œufs, ajoutez-y une pincée de sel, un peu de beurre fondu, et pétrissez le tout ensemble.
Étendez cette pâte, pas très mince, avec le rouleau. Beurrez une tourtière, couvrez-en le fond et le bord avec la pâte; puis prenez votre poireau qui est cuit, mélangez-y un jaune d'œuf très frais, versez le tout sur la pâte qui garnit la tôle, couvrez d'une couche de pâte et mettez au four. Quand la croûte est bien dorée, servez chaud.

63. Galette de Pâques.
70 grammes de farine, 100 grammes de sucre, deux œufs.

Incorporez bien les jaunes d’œufs avec le sucre. Travaillez pendant dix minutes cette préparation, ajoutez-y un parfum, suivant les goûts; puis, peu à peu, la farine et les blancs battus en neige. Mélangez et mettez au four dans un moule à tarte. Quand la galette est bien dorée dessus, retournez-la et faites dorer le dessous.

64. Tartelettes d’œufs au jambon.
Quatre œufs, 150 grammes de jambon d'York finement haché, 40 grammes de mie de pain, 20 grammes de beurre, deux cuillerées à bouche de lait, sel, poivre, chapelure, quatre toasts.
Hachez la mie de pain et mélangez-la au jambon. Ajoutez le sel, le poivre et mouillez avec le lait pour former une pâte. Creusez les toasts et beurrez-les. Étendez dessus une couche de cette préparation.
Cassez un œuf dans le creux de chaque toast, saupoudrez de sel, de poivre et de chapelure, posez un petit morceau de beurre sur chaque œuf. Rangez les tartelettes dans un plat et faites cuire au four pendant huit à dix minutes.

65. Crème bordelaise.
Deux œufs, deux cuillerées de sucre en poudre, un demi-verre de bon vin blanc de la Gironde..
Pour quatre personnes, prenez deux œufs, séparez les jaunes des blancs. Mettez les deux jaunes avec deux cuillerées de sucre en poudre, dans une casserole, mélangez bien le tout, puis mettez la casserole sur le feu et versez-y peu à peu, en tournant avec une cuillère de bois, un demi-verre de bon vin blanc de la Gironde. Faites cuire, sans cesser de remuer, jusqu'à ce que la crème ait une certaine consistance. Laissez refroidir et incorporez-y les blancs d'œufs battus en neige très ferme au moment de servir.

LE GRILLON DU FOYER.

DE TOUT UN PEU

Millat.
500 grammes de farine de maïs, 200 grammes de beurre, un peu de sel et beaucoup de sucre.
Délayez le tout avec du lait bouillant, pour obtenir une bouillie un peu épaisse. Aromatisez avec de la fleur d'oranger et du cognac. Ajoutez quatre jaunes d’œufs et quatre blancs battus en neige. Versez dans un plat beurré et faites cuire à four modéré. Il faut que le gâteau soit très doré, presque noir. Les œufs sont facultatifs.

Potage marquise.
Pelez et râpez quelques pommes de terre, jetez cette purée crue dans du bouillon très chaud. Laissez bouillir dix minutes. Liez avec une cuillerée de crème ou un jaune d'œuf et servez.

Nanki.
Gros comme une noix de beurre, trois cuillerées de farine, trois œufs, un quart de gruyère râpé.
Mettez sur le feu le beurre et la farine, mélangez bien et délayez avec un demi-litre de lait, ce mélange doit être plutôt épais que clair; ajoutez le fromage et faites cuire cinq minutes en remuant. Enlevez du feu et ajoutez les jaunes d’œufs un à un en remuant toujours. Montez les blancs en neige, mélangez le lait, versez dans un moule beurré et faites cuire au four vingt minutes. Servez chaud.

Café mousseux.
Mettez dans un grand verre une bonne cuillerée de crème fraîche, puis du café très fort, du sucre en poudre. Versez de l'eau de seltz, buvez pendant l'ébullition; c'est délicieux.

Conseils pour toutes.
Une précaution facile à prendre pour conserver le lait bouilli, même pendant les plus fortes chaleurs : aussitôt l'ébullition achevée, plonger la casserole qui contient le lait dans un récipient d'eau froide et l'y laisser quelques minutes. La brusque variation de température tue les microbes et empêche le lait de se cailler.

Pain d'épice.
500 grammes de farine de froment, 350 grammes de miel, 150 grammes de sucre en poudre. 10 grammes de carbonate d'ammoniaque, un quart de litre de lait tiède.
Mettez le tout dans un récipient et pétrissez un quart d'heure, ensuite beurrez des papiers que vous disposez au fond des moules et versez la pâte. Ne remplissez les moules qu'à moitié. Laissez cuire à feu doux environ une heure, démoulez aussitôt et enlevez le papier.


Le Petit Journal illustré

Page une - Les sauveteurs de la Rochelle vaincus par la mer, une illustration de pleine page et en couleur. 

Page deux - Des précisions sur le naufrage du Christina Rueda, un navire espagnol vers l'île de Ré et le canot de sauvetage le "Commandant-Viort"

NOS GRAVURES
Les sauveteurs de La Rochelle

Au cours des tempêtes qui ont ravagé, ces dernières semaines, les côtes de l'océan, un vapeur espagnol, le Christina Rueda, venant de Paimboeuf et se dirigeant vers l'Espagne avec un chargement de phosphates, vint s'échouer en vue de l'île de Ré et ne tarda pas à se trouver dans une situation critique. L'équipage fit des signaux de détresse. Aussitôt deux canots de sauvetage, dont le Commandant-Viort de La Rochelle, se portèrent à son secours.
Mais, comme la tempête continuait de faire rage, les deux canots, malgré les efforts héroïques de ceux qui les montaient, ne purent approcher du vapeur en péril et durent rentrer au port.
Cependant, le lendemain, le Christina Rueda renouvela ses appels d'alarme. Sans hésiter, le Commandant-Viort reprit la mer. Son équipage se composait de huit hommes: le patron Le Hecho, le sous-patron Tabourin, les sauveteurs Jaeger et Tonnerre, auxquels s'étaient joints quatre volontaires: Jean Cadoret et Jules Barbeau, des Sables-d'Olonne; Louis Le Pen, de Port-Louis et Joachim Huel, de Kerbel.
Tous partirent allégrement à bord de leur canot avec l'âpre volonté de secourir les naufragés espagnols. Mais, à mi-distance de la côte et du navire à atteindre, une lame monstrueuse prit par le travers le Commandant-Viort qui chavira et se retourna.
Tabourin et Jaeger disparurent emportés par les vagues. Le Pen, Huel et Barbeau furent pris sous la coque et furent noyés. Les autres se cramponnèrent aux flancs du canot, se soutinrent mutuellement et, grâce à leurs ceintures de sauvetage, parvinrent à gagner la côte. Ainsi, d'un équipage de huit hommes, il n'y eut que trois survivants.
La mort de ces braves, on le comprend, n'a pas été sans émouvoir l'opinion publique. Au Palais-Bourbon, le président Painlevé et le ministre des Travaux públics leur ont rendu un solennel hommage. D'autre part, la Société des Hospitaliers sauveteurs a décerné au patron Le Hecho et à ses camarades Cadoret et Tonnerre des médailles d'or et d'argent. Le gouvernement de S. M. Alphonse XIII a fait enfin, auprès du nôtre, une démarche officielle pour manifester son émotion d'avoir vu mourir les sauveteurs français partis au secours d'un navire espagnol.

Quelques précisions sur le naufrage du Christina Rueda, un navire espagnol, vers l'île de Ré et le canot de sauvetage le Commandant-Viort
Le naufrage et un coup de phare de la Bignole à la SNSM

Vers une protection juridique des bénévoles sauveteurs en mer de la SNSM ?

"C'est un crève-cœur de fermer notre station" : l'appel au secours des bénévoles de la SNSM Calvi-Balagne, en attente d'un nouveau navire

Et... et... et... 

Même page - Les récréations hebdomadaires de La Bignole avec cette semaine les traditionnels échecs et dames, mais aussi les jeux d'esprit et curiosités avec une curiosité littéraire, un logogriphe décroissant et croissant anagrammatique, deux autres anagrammes, une charade, un metagramme et les solutions du 15 février. Bonne semaine aux neurones 

Page trois - Abd-el-Krim le mystérieux souverain du Riff en photo, ainsi que l'empereur d'Annam en grand cérémonial au " Pavillon du Jeune " le jour de Nam-Giao ou fête du jeûne. 

Khai Dynh empereur d'AnnamKhai Dynh empereur d'Annam

Le Petit journal illustré 1925 03 15 art 03 ll'empereur d'Annam Kai Dinh et le riffain Abdelkrim

L'Empereur d'Annam se rend, chaque année, en grand cérémonial, dans le « Pavillon du Jeûne », où, pendant vingt-quatre heures, il observe une abstinence rigoureuse.

l'Autel de Nam Giao, un lieu sacré où les empereurs organisaient chaque année au printemps des cérémonies d'offrandes au ciel et à la terre.

Protectorat français d'Annam

Voici plusieurs fois que l'on fait courir le bruit de la mort d'Abd-el-Krim, l'implacable adversaire des Espagnols, dont la vie secrète est faite pour intriguer.

Abdelkrim el-Khattabi

Page dix - Le Commandeur Andrea Amici, médecin du Saint-Siège, appuye les déclarations de l'illustre docteur Lapponi, médecin de sa Sainteté. La santé du Pape, un sujet d'actualité.

Andrea Amici Pilules PinkDocteur Lapponi médecin du Saint Siège 02le pape Pie XI le Pape François

Le Petit journal illustré 1925 03 15 Andrea Amici médecin du Saint-Siège publicité pour les pilules Pink

Déclaration d'un médecin du Saint-Siège.

Il serait vain de commenter les déclarations si nettes, si précises, que M. le Commandeur Andréa Amici, l'illustre médecin du Saint-Siège, a faites sur les Pilules Pink.
Ces déclarations venant à l'appui de celles qui furent déjà faites par l'illustre docteur Lapponi, médecin de Sa Sainteté Pie X, affirment éloquemment les puissantes vertus therapeutiques des Pilules Pink contre les affections consécutives à l'appauvrissement du sang et à l'affaiblissement du système nerveux :
«J'ai fait, il y a plusieurs années, usage des Pilules Pink, dit le Commandeur Andréa Amici, et les ai toujours trouvées efficaces dans toutes les affections dues à l'appauvrissement du système nerveux, anémie et neurasthénie, maux d'estomac, troubles de la croissance, irrégularité des règles. II ne manque pas de reconstituants, mais aucun ne manifeste une efficacité supérieure à celle des Pilules Pink.»
Il n'est pas douteux que l'intervention des Pilules Pink ne produise toujours les effets les plus salutaires, chaque fois que l'on se trouve en présence d'un des cas énumérés par M. le Commandeur Andréa Amici.
Les Pilules Pink possèdent, en effet, à un très haut degré, le pouvoir de régénérer le sang et les forces nerveuses et de stimuler toutes les fonctions de l'organisme.

En vente dans toutes les pharmacies. Dépôt: Phcie P. Barret, 23, rue Ballu, Paris. 4 fr. 50 la boîte, 24 fr. les 6 boîtes, plus 0 fr. 60 de timbre-taxe par boîte.


L'Éclaireur du Dimanche

Page onze - La suite de la série "les Grands Hôtels de Nice", cette semaine un petit tour au Plaza et France, le mieux exposé, le plus somptueux 

Page quinze - Le pilote Maïcon, le parachutiste Dubigny, et Ors l'inventeur. Une expérience de parachutisme à Cannes. En photo, les héros de la manifestation,


Auguste Maïcon  
Rien sur l'oublié Dubiny Jean Ors 


Le Pêle-Mêle

Page deux - Le cadran couvre-feu, c'est dans les inventions du Pêle-Mêle.
Voici une petite invention, mise à la portée de toute personne qui s'éclaire au gaz et que passionnent les jeux d'esprit du Pêle-Mêle. Un excès de persévérance dans la recherche d'une solution difficile pourrait vous faire perdre la notion de l'heure. Avec ce moyen, plus de surprise! Examinez donc attentivement le dessin ci-dessus; il vous donnera toutes les précisions nécessaires, Souvenez-vous que Napoléon disait qu'un simple dessin le renseignait mieux qu'un long rapport. Tige métallique, filet hameçon adaptés à la grande aiguille vous procureront un autre avantage appréciable: vous ne craindrez plus de partir au pays des rêves sans fermer votre bec. Là-dessus, je ferme celui de ma plume avec la certitude que vous mettrez dès ce soir mon système en pratique.


L'Ouest-Éclair

Page une - Monsieur Queuille, ministre de l'agriculture, photographié devant un défilé de vaches bretonnes au Concours agricole de Paris.

LE CONCOURS AGRICOLE DE PARIS

Actuellement se tient à Paris le Concours général agricole auquel sont représentées toutes les régions de la France. Les éleveurs de l'Ouest y ont participé en grand nombre et leurs stands ne sont pas les moins remarqués.
Notre photographie représente le défilé des vaches bretonnes, devant M. Queuille, ministre de l'Agriculture..

Henri Queuille

Mêm page - Le vent fait reculer la mer sur les côtes du Calvados, empêchant la manœuvre des portes des sas du canal de Caen à la mer, à Ouistreham. Un phénomène rare.

LE VENT FAIT RECULER LA MER SUR LES COTES DU CALVADOS

CAEN, 14 mars. (De notre correspondant particulier) - Au port de Ouistreham, la dernière tempête a poussé les vagues vers le large, si bien que la mer paraissait se vider.
Au moment du flot, on a enregistré une cote de 3 m. 50, au lieu des 5 m. 06 prévus au tableau des marées..
Le manque d'eau a empêché la manœuvre des portes des sas du canal de Caen à la mer. Ce phénomène ne s'était pas produit depuis plus de quarante ans.

Travaux dans le port de Ouistreham : la réhabilitation de la grande écluse reportée

Page deux - Une ville où les femmes commandaient il y a 10 000 ans ! Une brève de New-York concernant les explorations du musée Haye sur les bords d'une rivière entre Saint Thomas et Overton, dans le sud du Nevada.

UNE VILLE OU LES FEMMES COMMANDAIENT… IL Y A 10.000 ANS!

NEW-YORK, 14 mars. Une ville indienne ensevelie sous la terre, et vieille de près de dix mille ans, aurait été découverte par la section d'exploration du musée Haye, dans le sud de la Nevada.
Cette ville s'étend sur une longueur de six milles, le long d'une rivière boueuse entre les villes de St-Thomas et d'Overton. Les femmes, croit-on, y avaient toute l'autorité, et les hommes y étaient réduits à se charger des travaux domestiques.

St. Thomas dans le Nevada, une ville fantôme aujourd'hui Overton dans le Nevada Le Musée de la cité perdue ou Lost City museum a Overton

Même page - Qui succédera au president Ebert ? Toute la droite fait bloc derrière M. Jarres.

QUI SUCCEDERA AU PRESIDENT EBERT ?
Toute la droite fait bloc derrière M. Jarres 

BERLIN, 14 mars. - Les partis politiques qui appuient la candidature Jarres se sont groupés en un bloc électoral d'Empire qui prendrait la direction de la campagne électorale dans tous les pays du Reich. A Berlin toutes les associations patriotiques et les organisations nationalistes de combat se sont jointes aux partis de droite pour mener en commun la lutte électorale.

BERLIN, 14 mars. Le Bloc électoral de droite publie un appel au peuple allemand portant, outre les signatures des partis politiques et de nombreuses associations nationalistes, celles du maréchal von Hindenburg et de l'ancien chancelier Michaelis.
Il est possible que le parti populiste bavarois présente aussi un candidat particulier

Également - Une grève d'écolier à la demande de Mgr Ruch, évêque de Strasbourg, qui refuse l'école interconfessionnelle.

L'ECOLE INTERCONFESSIONNELLE EN ALSACE-LORRAINE
Une grève d'écoliers

Charles Ruch éveque de Strasbourg 04Henri Borromée préfet du Bas Rhin 02Joseph Pfleger député du Haut RhinMichel Walter député du Bas Rhin 05

STRASBOURG, 14 mars. Mgr Ruch, évêque de Strasbourg, adresse aux pères et mères catholiques d'Alsace, une proclamation dans laquelle il déclare que, afin d'affirmer la solidarité des catholiques d'Alsace, le Comité d'Action pour la Défense religieuse a décidé de déclancher une grève scolaire d'avertissement et de menaces
Il est demandé, en conséquence, à tous les parents catholiques de n'envoyer aucun de leurs enfants le lundi, 16 mars, dans les écoles primaires officielles du Haut et du Bas- Rhin.
La grève durera trois jours à Colmar et un jour dans les autres communes des deux départements. S'il le faut, elle recommencera pour durer aussi longtemps que ce sera nécessaire.
Mgr Ruch, déclare approuver pleinement cette résolution, la faire sienne et invite les parents à l'exécuter en masse sans hésiter. Il ajoute :
«L'introduction de l'école interconfessionnelle ne devrait se faire qu'en raison des circonstances, à titre provisoire, après avis du Conseil départemental de l'Instruction publique. Aucune de ces trois conditions exigées par la loi n'est réalisée.»

L'Evêque de Strasbourg conclut :
«Si vous laissez sans vous y opposer de toutes vos forces s'accomplir cette première transformation de la loi scolaire, demain il sera trop tard: l'école catholique disparaîtra de l'Alsace et vous subirez tout le régime religieux imposé à vos frères de l'autre côté des Vosges. L'heure est donc venue d'arrêter les persécuteurs ! C'est aujourd'hui qu'il faut faire connaître à l’État français votre indomp- table volonté.»

STRASBOURG, 14 mars. Le Docteur J. Piléger, député du Rhin, adresse aux parents des élèves catholiques de Colmar un appel analogue à celui de Mgr Ruch.

Une lettre du préfet du Bas-Rhin aux maires.
STRASBOURG, 14 mars. M. Borromée, préfet du Bas-Rhin, a adressé à tous les maires de son département une lettre dans laquelle il déclare que la grève scolaire constituerait une violation formelle de la loi, une atteinte injustifiable au principe de l'obligation scolaire et exposerait ceux qui s'y associeraient à toutes les conséquences édictées par l'ordonnance du 18 avril 1871. Il invite les maires à attirer l'attention des parents «sur le caractère nettement illégal de l'action qui leur est demandée, sur les suites qu'elle ne manquerait pas de comporter et à faire appel au bon sens, à l'esprit de clairvoyance et de raison de la population alsacienne. »



Le Funi

Page deux - Petits et Grands Faits de la semaine, sans commentaires. Et sur la même page, la pharmacie " Au GAGNE-PETIT" revient ; cette semaine ce n'est pas le café qui est à l'honneur (cf 8 mars 1925), c'est le...

Petits et Grands Faits de la semaine

Deux jeunes malfaiteurs tentent d'étrangler une mercière de Saint-Ouen.

Les dancings de Limoges ferment leurs portes.

Le Directeur de Théâtre et écrivain connu, Monsieur Michel Mortier, meurt à 80 ans.

Le Lieutenant Colonel Hyvert, commandant les sapeurs-pompiers de Paris, prend sa retraite.

La reine des reines sera proclamée le jour de la Mi-Carême.

Un important entrepôt de chiffons et papiers situés à La Chapelle est entièrement détruit par un incendie.

Les secousses sismiques continuent au Canada. A la station «Volontaires» un ouvrier est décapité par une roue du Nord-Sud.

Soixante-seize concurrents ont pris part à la course motocycliste, Paris-Nice.

Les États-Unis vont prendre l'initiative d'une conférence monétaire internationale.

A Petrograd une partie du toit du Palais d'Hiver s'est effondrée et de précieuses collections ont été endommagées.

Les Édiles parisiens remettent au cuirassé Paris l'écusson offert par la ville.

La veuve du Président Ebert recevra une rente mensuelle de 750 marks-or.

Le courrier postal de Limoux est attaqué par des bandits en auto.

Siki est toujours en Amérique et boxera prochainement à Madison Square.

Le cabinet Turc est démissionnaire.

En Angleterre, un avion tombe sur une école.

Le fils de Sarah Bernhardt conserve encore son théâtre jusqu'en 1928.

La foule a brûlé vif, à Roegyfort (Georgie) un nègre de vingt-cinq ans pour attentat contre une jeune fille de race blauche.

La reine de la T. S. F. s'appellera la «Fée des Ondes».

Un député communiste Bulgare est assassiné à Sofia.

Aux élections municipales de Londres les conservateurs l'emportent.

Le salon des humoristes ouvre ses portes.

Les petits télégraphistes font grève.

On parle encore d'augmenter le prix du pain.

Même page - L’omelette de Condorcet ou comment le philosophe s'est fait arrêter pendant la Terreur en 1794.

L’OMELETTE DE CONDORCET.

On a pu lire, dans certains journaux, qu'une maison d'édition, bien connue sur la place de Paris, agrandissant ses locaux, allait englober la maison de la rue Servandoni où se réfugia Condorcet, sous la Terreur.
On sait comment, pour ne pas compromettre plus longtemps la brave femme qui lui donnait asile, le philosophe quitta, un matin, sa cachette et se mit à errer dans la campagne, aux environs d'Antony et de Bourg-la-Reine. Poussé par la faim, il entra dans une auberge de ce dernier village et se fit servir une omelette. De combien d’œufs ? demanda l'aubergiste. Environ douze, répondit un peu distraitement le mathématicien, l'esprit probablement envahi par d’autres préoccupations.
Cette réponse mit en défiance le gargotier, qui considérant de plus près son hôte remarqua l'élégance de ses vêtements, la poussière qui les couvrait : ce ne pouvait être qu'un fugitif et, par suite, un suspect.
Condorcet n'avait pas fini son omelette, que des membres de la municipalité de Sceaux se présentaient pour l'arrêter : l'aubergiste avait couru le dénoncer! Quelques heures plus tard, l'infortuné philosophe était trouvé mort dans sa prison.

La Chronique Médicale.

Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, dit Condorcet


Le Cri de Paris

À la Une - De George Edward : Luther, un dessin humoristique de pleine page et en couleur. Qui George Edward mettrait-il un siècle plus tard à la place de Hans Luther ?  

Page sept - Les Potins du Palais : il y a greffe et greffe et Voronoff, le portrait de George Sand et Bourdaloue à la Cour d'appel de Bourges et d'autres petites mignardises.

Potins du Palais

Il y a greffe et greffe:
—Pardon Monsieur, demande une femme à un avocat qui passe, «la greffe» s'il vous plaît ?
Alors l'interpellé répond simplement : —Ce n'est pas ici, Madame: c'est chez Voronoff...

George Sand et Bourdaloue:
Il y a quelque temps, le préfet du Cher décou-vrit dans les combles de la Préfecture un superbe portrait de George Sand qu'il offrit au président de la Cour d'Appel pour orner les murs un peu nus de la salle d'audience. Mais le tableau était fort poussiéreux, on le nettoya et on découvrit qu'il ne représentait pas George Sand mais:.. Bourdaloue. Existait-il donc une ressemblance entre le grand orateur de la chaire et l'auteur de Léa? Mystère. Quoi qu'il en soit, Bourdaloue prit à la Cour de Bourges, la place de George Sand.
Et sans doute, fit l'autre jour remarquer Me André Hesse à Me Thomas, bâtonnier de Bourges, a-t-on voulu atténuer quelque peu l'effet clérical en plaçant en face de Bourdaloue, deux portraits de femmes nues offerts par le Salon d'automne...

confusion entre Paul-Adrien Bourdalouë et George Sand

Résignation:
Dans une chambre civile, un avocat vient de plaider longuement une petite affaire, lorsque l'adversaire se lève pour prendre la parole à son tour et commence par déclarer:
—Je promets à la Cour de ne pas plaider plus d'une demi-heure...
Alors, le président dit d'un air désabusé : —Oh Maître ! la cour est résignée à tout !...


Le Conseil de l'Ordre des médecins:
En raison d'affaires récentes où se trouvent impliqués certains médecins, plusieurs députés ont songé à reprendre une proposition ancienne : celle de la création d'un Conseil de l'Ordre des médecins. Le Conseil aurait sur le corps médical un pouvoir complet et il pourrait prononcer des peines allant depuis la simple réprimande jusqu'à l'interdiction de la pratique de la médecine. Cette institution nouvelle serait, dans l'esprit de nos législateurs, à peu près semblable au Conseil de l'Ordre des avocats.

A gauche:
La statue de la République qui orne un panneau de la neuvième chambre de la cour oscille très fortement à gauche.
—Il faudrait la redresser, suggère un avocat.
—Que non pas, réplique un autre, ce mou- vement à gauche n'est-il point un hommage de Thémis à notre actuel gouvernement? il sera temps de redresser la statue... plus tard.

Cocaine:
La condamnation de M. Roger Gaillard à la dixième chambre correctionnelle a été diversement appréciée.
M. de Porto-Riche défendit avec chaleur le sympathique artiste. M. Harry Baur fut persuasif. M. Sylvain fut éloquent : —A la suite de cette affaire de «coco», dit le doyen, on traita fort mal Gaillard à la Comédie-Française, vraiment on y a une bizarre façon de se débarrasser des artistes: des anciens, on dit qu'ils sont trop vieux, et des nouveaux on prétend qu'il y aurait des cabales contre eux s'ils jouaient.
Mais comment perdre l'occasion, dans ce monde des coulisses, de faire des mots. —C'est tout de même un drôle de coco ! déclara un critique dramatique acerbe. Depuis cette affaire, conclut un revuiste connu, le public boude M. Roger Gaillard. Il ne le prise plus.

Docteur Voronoff  George Sand Paul-Adrien Bourdalouë

Fontaine Bourdalouë à Bourges bourdaloue désigne aussi un pot de chambre dont l'origine est attribuée à un autre Bourdaloue,  Louis Bourdaloue


L'Indépendant de Seine-et-Oise

Page une - Ni à vendre, ni à louer, le problème des friches et terrains vagues. À Corbeil, c'est l'ancien vélodrome, rue Feray. Bientôt une nouvelle taxe de luxe ?

Ni à vendre, ni à louer

Les nombreux passants qui se rendaient vendredi 6 courant au marché de Corbeil, ont pu voir, comme moi, trois pancartes différentes plantées en bordure du terrain vague de l'ancien Vélodrome, rue Feray.
Sur deux d'entre elles était écrit en grosses lettres : «La honte du capitalisme de laisser ce terrain en friche». Sur une autre, on lisait: «Ouvrier prends cette terre et cultive-là!»

Ce genre d'adjudication inédite peut paraître une facétie, mais n'en rend pas moins songeur! J'ai pu recueillir, au hasard, différentes réflexions formulées par des passants; en voici quelques-unes:
Une mère de famille, accompagnée de deux bambins, disait: «Oui, c'est honteux de laisser ce terrain en friche. Que l'on m'en donne un coin et mon mari y plantera des pommes de terre ».
Un monsieur bien mis et décoré fit cette réflexion: «On devrait réquisitionner ce terrain pour y semer du blé».
Un ouvrier en cotte bleue répondit: « Pensez-vous! ce terrain appartient à un monsieur bien pensant, administrateur d'une grosse usine de la région; il est millionnaire et s'en f... che si le pain est cher!»
Un autre ouvrier, ah celui-là sans doute un adepte du marteau et de la faucille qui roulait des yeux comme des phares d'automobile, intervint à son tour: «Ce qu'il faut, dit-il, c'est leur casser la g..... à tous, et exproprier tous les capitalistes!» Je laisse aux lecteurs de l'Indépendant le soin de faire personnellement les commentaires qui leur plairont, mais, tout de même, l'on peut bien dire que voilà plus de 10 ans que ce grand terrain, situé entre deux grosses agglomérations, laissé inutilisé, stérile, n'est ni à vendre ni à louer, malgré notre époque de vie chère et de crise du logement.

Alors, rien d'étonnant que des gens qui ne possèdent rien, fassent des réflexions plus ou moins sévères à l'égard du propriétaire!

Personnellement, je me permets de soumettre à l'examen de MM. les Conseillers municipaux de Corbeil, tentés de créer de nouvelles ressources budgétaires, aussi bien qu'à nos représentants au Parlement, au cas probable où une loi serait nécessaire -cette simple proposition: Frapper d'un impôt, au titre de la taxe de luxe, tout propriétaire d'un terrain qui serait laissé à l'abandon.

A. VALET.

Page deux - Le tableau d'honneur des communes de France à la tête du progrès automobile. La course à la gloire, cherchez votre commune !

LA COURSE A LA GLOIRE TABLEAU D'HONNEUR
des communes de France à la tête du progrès automobile

Plus d'une auto par 7 habitants:
1 Chatenay-en-France (Seine-et-Oise)

Plus d'une auto par 10 habitants:
2 Assevillers (Somme)
3 Fresnes-en-Woëvre (Meuse)

Plus d'une auto par II habitants:
4 Loueuse (Oise)
5 Villers-en-Bières (Seine-et-Marne)

Plus d'une auto par 12 habitants:
6 Espinchal (Puy-de-Dôme)
7 Vitray-sur-Brézolles (Eure-et-Loir)

Plus d'une auto par 13 habitants:
8 Bourg-et-Comin (Aisne)
9 Courcelles-sur-Viosne (Seine-et-Oise)
10 Mesle-sur-Sarthe (Orne)
11 Attigny (Ardennes)
12 Clermont (Aisne)

Plus d'une auto par 14 habitants:
13 Marigny-le-Chatel (Aube)
14 Foucarmont (Seine-Inférieure)
15 Breuil-sur-Vesles (Marne)
16 Ramerupt (Aube)

Plus d'une auto par 15 habitants:
17 Bligny (Aube)
18 Merval (Aisne)
19 Précy-sous-Thil (Côte-d'Or)
20 Sauveterre-de-Guyenne (Gironde) 24 Tilloloy (Somme)
22 Crécy-en-Brie (Seine-et-Marne)
23 Blérancourt (Aisne)
24 Ry (Seine-Inférieure)
25 Roquefort (Aveyron)

Plus d'une auto par 16 habitants:
26 Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais) 27 Aulnay-l'Aitre (Marne)
28 Cachy (Somme)
29 Formerie (Oise)
30 Fontaine-sous-Martaiguillon (S.-et-M.)
31 Aunac (Charente)
32 Meursanges (Côte-d'Or)
33 Condé-en-Brie (Aisne)
34 Saint-Julien-le-Faucon (Calvados) 35 Beaumont-les-Nonains (Oise)
36 Etrepagny (Eure)

Plus d'une auto par 17 habitants:
37 Maisons-les-Soulaines (Aube)
38 Caillardbois (Eure)
39 Mondoubleau (Loir-et-Cher)
40 Chalais (Charente)
41 Guzargues (Hérault)
42 Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure)
43 Braine (Aisne)
44 Civray (Vienne)
45 Blanzac (Charente)
46 Villers-Bocage (Calvados)
47 Tremblay-le-Vicomte (Eure-et-Loir)
48 Ailly-sur-Noye (Somme)
49 Saint-Germain-d'Etables (Seine-Inf")
50 Doulevant-le-Château (Haute-Marne) 51 Machault (Ardennes)
52 La Pommeraye (Calvados)
53 Léouville (Loiret)
54 Crey-sur-Aujon (Haute-Marne)

Plus d'une auto par 18 habitants:
55 Viols-en-Laval (Hérault)
56 Nangis (Seine-et-Marne)
57 Courson-Monteloup (Seine-et-Oise)
58 Monsures (Somme)
59 Prouais (Eure-et-Loir)
60 Châteauneuf-en-Thimerais (E.-et-L.)
61 Villiers-St-Georges) Seine-et-Marne)

62 Pouilly-en-Auxois (Côte-d'Or)
63 Méréville (Seine-et-Oise)
64 Soussac (Gironde)
65 Saint-André-de-l'Eure (Eure)
66 Corneuil (Eure)
67 Beauvoir (Deux-Sèvres)
68 Fontaine-le-Dun (Seine-Inférieure)
69 La Barre-en-Ouche (Eure)
70 Jugon (Côte-du-Nord)

Plus d'une auto par 19 habitants:
71 Le Neubourg (Eure)
72 La Neuville-Saint-Pierre (Oise)
73 Noailles (Oise)
74 Thoissey (Ain)
75 Annemasse (Haute-Savoie)
76 Braisne (Gironde)
77 Brissac (Maine-et-Loire)
78 Saint-Laurent-en-Caux (Seine-Inférieure)
79 Artenay (Loiret)

80 Villars-les-Dombes (Ain) 

81 Saint-Jean-de-Daye (Manche)
82 Couptrain (Mayenne)
83 Tilly (Eure)
84 Villandraut (Gironde)
85 Mazamet (Tarn)
86 Maignelay (Oise)
87 Marnay (Haute-Saône)
88 Bletterans (Jura)
89 Routot (Eure)

Plus d'une auto par 20 habitants :
90 Sirop (Jura)
91 Fauville-en-Caux (Seine-Inférieure)
92 Bassuet (Marne)
93 Givry-en-Argonne (Marne)
94 Jaligny (Allier)
95 Vimoutiers (Orne)
96 Vihiers (Maine-et-Loire)
97 Arcy-Sainte-Restitue (Aisne)
98 Sivry-sur-Meuse (Meuse)
99 La Clayette (Saône-et-Loire)
100 Mareil-le-Guyon (Seine-et-Oise)
101 Auffray (Seine-Inférieure)
102 Beauvoir-sur-Niort (Yonne)
103 Lhéraule (Oise)
104 Caumont-l'Eventé (Calvados)
105 Lesmont (Aube)
106 La Ferté-Bernard (Sarthe)

Plus d'une auto par 21 habitants:
107 Thiéblemont (Marne)
108 Chalezeule (Doubs)
109 Montrichard (Loir-et-Cher)
110 Ville-en-Tardenois (Marne)
111 St-Sauveur-de-Nuaillé (Charente-Inf")
112 Sainville (Eure-et-Loir)
113 Orval (Cher)
114 Boisset-les-Prévenches (Eure)
115 Flavy-le-Martel (Aisne)
116 Sillé-le-Guillaume (Sarthe)
117 La Haye-du-Puits (Manche)
118 Resson-sur-Matz (Oise)
119 Marcigny (Saône-et-Loire)
120 Angerville (Seine-et-Oise)
121 Châteaugiron (Ille-et-Vilaine)
122 Chénérailles (Creuse)

Plus d'une auto par 22 habitants :
123 Rozoy-sur-Serre (Aisne)
124 Saint-Seine-l'Abbaye (Côte-d'Or)
125 Surgères (Charente-Inférieure)
126 Ivry-en-Montagne (Côte-d'Or) 127
La Couture-Boussey (Eure)
128 Beaurieux (Aisne)
129 Marle-sur-Serre (Aisno)
130 Courtenay (Loiret)
131 Saint-Benoit-du-Sault (Indre)

Plus d'une auto par 23 habitants:
132 Gacé (Orne)
133 Blamont (Meurthe-et-Moselle)
134 Cany (Seine-Inférieure)
135 Longsols (Aube)
136 Aunay-sur-Odon (Calvados)

Plus d'une auto par 24 habitants:
137 Patay (Loiret)
138 Lagnieu (Ain)
139 Châteauneuf (Saône-et-Loire)
140 Rollot (Somme)
141 Pontorson (Manche)

Plus d'une auto par 25 habitants:
142 Méry-sur-Seine (Aube)
143 Corbigny (Nièvre)
144 Bourg (Gironde)

Plus d'une auto par 26 habitants:
145 Saujon (Charente-Inférieure)
146 Vandenesse (Côte-d'Or)
147 Saint-Céré (Lot)

Plus d'une auto par 27 habitants :
148 Villegats (Eure)

Plus d'une auto par 28 habitants:
149 Chauvigny (Vienne)

Plus d'une auto par 29 habitants:
150 Estrées-en-Chaussée (Somme)

Plus d'une auto par 30 habitants:
151 Sombernon (Côte-d'Or)

Michelin


Le Provençal de Paris   

Page deux - Une brève qui nous apprend la mort du fils de Jules Verne" le célèbre romancier,  et une superbe confusion du journal Le Provençal de Paris,

On annonce la mort, à Toulon, de M. Jean-Jules Verne, le fils du célèbre romancier.
Voici une trentaine d'années que, désertant la Picardie, pays d'origine de sa famille, et Paris, Jean-Jules Verne vint s'installer au Mourillon, dans une villa ornée de palmiers.
Sans prétendre à approcher l'œuvre de son illustre père, M. Jean-Jules Verne avait un joli talent d'écrivain. Sur le tard, il entreprit de faire revivre à l'écran quelques-uns des romans les plus populaires de son père. Une maison américaine lui tourna : 20.000 Lieues sous les Mers. Puis, lui-même, fit tourner: Les Enfants du Capitaine Grand; l'Etoile du Sud, etc.. et à Marseille : Les 500 Millions de la Begun et à Toulon: Le Bagne de Toulon.
Il était âgé de 63 ans. Il a exprimé la volonté que son corps soit dirigé sur Marseille pour être incinéré.


Les Nouvelles de Versailles

Page une - L'affaire Maurice Bernhardt, le fils de la grande comédienne. Le théâtre Sarah Bernhardt et la Ville de Paris, un jugement du Tribunal civil de Versailles confirmé par la Cour de cassation.

La Cour de Cassation confirme un jugement du Tribunal civil de Versailles

On se souvient que le Tribunal civil de la Seine avait accordé à M. Maurice Bernhardt, fils de la grande tragédienne, le bénéfice de la prorogation professionnelle de cinq ans, pour son théâtre, prorogation que lui avait refusée la Ville de Paris. Mais ce jugement ayant été cassé par la Commission supérieure des loyers, l'affaire fut renvoyée devant le Tribunal civil de Versailles, qui jugea dans le même sens que le Tribunal de la Seine.
La Cour de Cassation, toutes chambres réunies, était à nouveau saisie de ce différend.
Conformément aux conclusions du procureur général Lescouvé, la Cour suprême vient de régler cette importante question de prorogation à l'avantage de M. Maurice Bernhardt.

Même page - Contre les chauffards meurtriers, le Public réclame des sanctions sévères. Encore un drame de la route, avec le pénible exploit d'un chauffard ivre et la mort d'un cycliste.

Contre les Chauffards meurtriers le Public réclame des sanctions sévères

Le pénible exploit du «chauffard» Allègre, 35 ans, représentant de commerce à Paris, qui jeudi soir, sur la route de St-Cyr, a tué un cycliste, M. Maurice Chevalier, de Fontenay-le-Fleury, attire à nouveau l'attention sur les automobilistes meurtriers.
Non seulement cette brute ne stoppa pas pour relever sa victime, mais il menaça de son browning le courageux secrétaire du commissariat central, M. Muller, qui s'était précipité sur le marche-pied pour l'arrêter.
On a supprimé le bagne parce que les moustiques troublaient le sommeil de MM. les assassins. Belle philanthropie ! Mais une philanthropie non moins belle serait peut-être celle qui défendrait les assassinés contre les assassins !
Le dénommé Allègre a donné comme excuses à son exploit d'apache. «qu'il revenait d'une partie de plaisir à Rambouillet et qu'il avait pas mal bu!»
Espérons que cette «circonstance atténuante» sera jugée «aggravante» et que parmi les punitions sévères qui vont lui être infligées, le «chauffard» Allègre sera notamment privé, jusqu'à la fin de ses jours, du droit de conduire.


L'Auto-vélo

Page une - Les Champions Olympiques rencontrent aujourd'hui la Sélection de Normandie... au Stade des Bruyères, à Rouen.

LE FOOTBALL INTERNATIONAL

Les Champions Olympiques rencontrent aujourd'hui. la Sélection de Normandie... au Stade des Bruyères, à Rouen

La capitale normande sera, aujourd'hui, le théâtre d'une magnifique partie et d'une splendide démonstration de football. L'heureuse venue France de l'équipe du Nacional, qui comprend parmi elle huit des joueurs qui triomphèrent si brillamment au dernier Tournoi Olympique, aura eu pour conséquence de stimuler fortement l'esprit sportif de notre monde du football et de fournir à nos joueurs l'occasion unique de voir évoluer sous leurs yeux des maîtres incontestés de leur sport favori.
Les Uruguayens vont trouver devant eux l'équipe sélectionnée de la Ligue de Normandie. Celle-ci, sans espérer vaincre, entend bien se comporter d'une façon telle devant son glorieux adversaire que celui-ci devra s'employer à fond et utiliser tous ses moyens pour affirmer sa suprématie.
Les Sud-Américains vont chercher à vaincre par une marge de buts très grande. Ils furent surpris dimanche à Paris et s'évertueront aujourd'hui à marquer le plus possible.
Leur splendide ligne d'avants va émerveiller les spectateurs présents au terrain des Bruyères, et Zibecchi ne manquera pas, avec sa science habituelle, de pousser vers le but défendu par Barnes les cinq phénomènes qu'il se charge d'alimenter sans cesse et avec une précision qui surprendra tous ceux qui verront à l’œuvre le demi-centre uruguayen.

Les équipes

Nacional. But: Mazzali; arrières Arispe et Foglino; demis: Buceta, Zibecchi et Andrade; avants: Urdinaran, Castro, Pétrone, Casanello et Romano.

Normandie. But Barnes (F.C.R.); arrières : Coquin (U.S.Q.), Carliez (F.C.D.); demis: Witty (F.C.R.), Morel (U.S.Q.) et Cantais (H.A.C.); avants Orange (S.H.), Corruble (F.C.D.), Rénier (H.A.C.), Halotel (F.C.R.) et Pozzo (F.C.R.).

Même page - L'Aviron Bayonnais joue le Racing Cub de France en quart de finale du Championnat de France.

LE RUGBY OFFICIEL
L'Aviron Bayonnais joue le Racing Cub de France en quart de finale du Championnat de France (Cet après-midi, à 15 h., au Stade de Colombes)

C'est certainement un des plus jolis matches de Championnat de la saison parisienne que celui qui opposera cet après-midi, à Colombes, l'Aviron Bayonnais, champion de Côte Basque, au Racing Club de France, champion de Paris. La réputation des deux clubs est solidement établie non seulement par leur glorieux passé, mais aussi par leur valeur actuelle, qui s'affirma en enlevant de haute lutte deux des plus difficiles Championnats régionaux. L'Aviron Bayonnais, après des débuts assez pénibles, causés par des départs d'attaquants de classe, est parvenu à se ressaisir de façon décisive, et dimanche dernier il enlevait la qualification de façon très brillante en battant Bègles. On a reproché à l'équipe actuelle de l'Aviron d'avoir fait table rase des anciens principes de la méthode basque. Ce n'est pas tout à fait exact. Les Bayonnais, qui possèdent une ligne d'avants plus athlétique que celle de ces dernières années, et qui d'autre part perdirent en deux saisons Billac, Béhotéguy, Pardo, cherchèrent plus l'efficacité de jeu que le hand-ball. Mais les lignes arrières ont retrouvé ces temps derniers une partie de leur virtuosité d'antan, grâce aux leçons et à l'exemple de ce grand attaquant qu'est Christian Magnanou. Enfin les Serratte, les Albert Etchepare, les Arnaudin, les Pallassié revenus dans leur grande forme d'antan.

Le Racing, de son côté, a montré dimanche à Toulouse que sa forme était extrêmement brillante, tandis que la qualité de son jeu restait toujours des plus séduisantes. Il sera intéressant de voir en face des Basques, adroits et vites, les du Manoir, les de Laborderie, les Gerald, les Revillon, les Piquiral, les Duran, les Gonnet, les Berrurier, les Loury, les Dillenseger. C'est certainement le match le plus ouvert de la journée, le plus attrayant aussi. L'Aviron Bayonnais aura fort à faire pour acquérir le droit de se qualifier pour les demi-finales.

Les équipes

Aviron Bayonnais (maillots bleu ciel et blanc).
Arrière Marsan; trois-quarts: Modas, Mora, Magnanou, Arnaudin; demis: Serratte (m), Etchegoin (o); avants: 1re ligne : Vignau, Saubion, Duclerc; 2e ligne: Pallassié, Langa; 3e ligne : Albert Etchepare (cap.), Charles Etchepare, Fort.

Racing Club de France (maillots rayés jaune et noir).
Arrière. Gauran; trois-quarts: Revillon, de Laborderie, Gerald, Pélissier; demis: Ginestous (m), Du Manoir (o); avants: 1re ligne : Dulac, Gonnet, Dillenseger, Loury; 2e ligne: Pagnard, Piquiral; 3e ligne: Lamberjack, Duran, Berrurier.

La partie sera arbitrée par M. Jouclas; juges de touche: MM. Dufour et Jacquet; délégué officiel: M. "Chappoux.

Ce qu'est l'équipe de l'Aviron Bayonnais Bayonne,

13 mars (de notre correspondant particulier). Après avoir couru les plus grands risques et passé par toutes les transes, le grand club bayonnais voit, à la suite de sa victoire sur Bègles, s'ouvrir devant lui une route aussi glorieuse que périlleuse !
Dame, le sort, une fois de plus, le traite en enfant gâté! Le très rude choc du 8 mars à peine passé, le voilà convié à fouler le sol olympique de Colombes et à provoquer dans son fief le très haut et très puissant, seigneur parisien, le R.C. de France... Et après, sans reprendre haleine, il lui faudra recevoir, avec tous les honneurs qui lui sont dus, le Champion de France en personne !
(Voir la suite en rubrique Rugby.)

Également - Le jeune prodige Robert Grassin est appelé à confirmer, cet après-midi dans le Prix Charles Verbist, sa récente victoire du Critérium d'Hiver.

AUJOURD'HUI, A 14 HEURES, AU VÉL D HIV
Notre jeune prodige Robert Grassin est appelé à confirmer, cet après-midi dans le Prix Charles Verbist, sa récente victoire du Critérium d'Hiver Robert Grassin coureur cycliste sur piste
LINART. H. WYNSDAU ET MIQUEL SERONT SES ADVERSAIRES

Nous allons assister cet après-midi, au Vélodrome d'Hiver, à une nouvelle grande journée de demi-fond. Après la belle course qu'ont fournie sur le plancher de la rue Nélaton, à l'occasion du Critérium d'Hiver, Grassin, Linart, Wynsdau et Miquel, Desmarets a pensé qu'il donnerait satisfaction aux fervents du demi-fond derrière moteurs s'il remettait le plus rapidement possible en présence ces quatre hommes à la réputation non usurpée, à la condition actuelle parfaite, à la valeur indiscutable.
Et c'est ainsi qu'il a profité du Prix Charles Verbist, épreuve classique sur une heure, pour engager de nouveau Grassin, Linart, Wynsdau et Miquel, les quatre héros de l'épreuve capitale du demi-fond de la saison hivernale.
On lui saura gré, nous en sommes convaincus, de la décision qu'il a prise. Une fois de plus les quatre merveillenx stayers vont faire salle comble et une fois de plus également, ils vont nous donner en spectacle, une lutte sévère et ardente, menée à toute allure et émaillée des péripéties les plus attrayantes.
Il nous apparaît difficile de supposer que Grassin soit battu, étant donné qu'il est devenu un véritable phénomène de la spécialité, toutefois il convient d'affirmer que Linart, Wynsdau et Miquel ne se laisseront pas devancer sans se défendre avec un cœur admirable. Les trois rivaux de Grassin ont confiance. Tous trois entendent prendre leur revanche et sont bien au point en ce moment. Nous avons dans l'idée que le Prix Charles Verbist constituera de ce fait un numéro de choix aussi remarquable que le fut le Critérium d'Hiver.

Nous aurons au programme une autre course de demi-fond, le Prix Paul Dangla sur 40 kilomètres. Dans cette épreuve, Catudal, Lavalade, Fossier et Boogmans seront aux prises. Les quatre hommes sont très près l'un de l'autre. A cette occasion encore la bataille sera sévère. En tout cas, le Dangla accompagnera, dignement le Verbist à l'affiche. Nous verrons ce que pourra faire le jeune Boogmans contre ses camarades. On sait qu'avant le grave accident qui le força à un long repos, le beau-frère de Van Kempen promettait énormément.

Enfin, le Prix Lucien Louvet et plusieurs autres épreuves de vitesse encadreront les deux évents et corseront encore le superbe programme mis sur pied pour aujourd'hui par Robert Desmarets..

Le Prix. Charles Verbist

Le Prix Charles Verbist va constituer la revanche du Critérium d'Hiver de demi-fond. Il se disputera sur une heure et les quatre concurrents de l'épreuve: Grassin, Linart, Wynsdau et Miquel seront respectivement entraînés par : Léon Didier, Pasquier aîné, Carman et André. Le record à battre est de 70 kil. 700. Disons de suite que nous croyons, comme tout le monde d'ailleurs, à la victoire de ROBERT GRASSIN

Le jeune et sympathique coureur est toujours en excellente forme. Il suit à toutes les allures son compétent et adroit entraîneur Léon Didier, il sprinte comme père et mère et peut répondre aisément à tous les démarrages. Comme il a toutes les chances de s'adjuger le commandement peu après la prise des entraîneurs, nous doutons fortement que l'un quelconque de ses adversaires le pourra passer par la suite.
Toutefois la forme de Linart, de Wynsdau et de Miquel est impeccable et Grassin aura à se défendre sérieusement contre leurs attaques. Linart voudrait bien triompher. Wynsdau rêve de s'imposer définitivement par une victoire sensationnelle. Quant à Miquel il mettra toute son énergie, toutes ses qualités à tenter de nous démontrer que sa défaite du Critérium fut trop complète pour être exacte.
Il y aura du sport entre les quatre hommes durant les 60 minutes de la course.
(Voir la suite en rubrique cycliste.)


Le Grand Écho du Nord

Page une - M. Raynaldy et M. François Albert ont visité ce matin les chantiers de l'exposition internationale des Arts Décoratifs.

UNE VUE GÉNÉRALE DE L’EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS

Paris, 14. M. Raynaldy, ministre du Commerce, et M. François Albert, ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, ont visité ce matin les chantiers de l'exposition internationale des Arts Décoratifs et Industriels modernes.
Reçus à la porte des Invalides par M Fernand David, sénateur, commissaire général, les membres du Gouvernement ont examiné dans le détail l'état d'avancement des travaux de la section française et de plusieurs pavillons étrangers.
Après avoir parcouru les galeries et de nombreux pavillons, les ministres ont terminé leur visite par le grand palais déjà presque complètement transformé.
Autour d'un buffet dressé au milieu de l'immense chantier de charpentes et de staff, des toasts ont été échangés par MM. Fernand David et Raynaldy.

François Albert ministre et maire de Béruges 04Fernand David sénateur 04Eugène Raynaldy ministre et maire de Rodez


Le Petit Parisien

Page une - le manifeste des cardinaux relatif aux lois laïques. Les questions religieuses au Parlement.

LES QUESTIONS RELIGIEUSES AU PARLEMENT
Mardi, on interpellera à la Chambre sur le manifeste des cardinaux relatif aux
lois laïques. Plusieurs groupes ont déjà délibéré à ce sujet

Hier, la commission des Finances du Sénat, après audition de M. Herriot, s'est prononcée pour le maintien de l'ambassade au Vatican,
Une certaine émotion ne cesse de régner dans les milieux parlementaires depuis la publication, par les cardinaux et archevêques, de la lettre condamnant toutes les lois de laïcité et indiquant aux catholiques les armes à employer pour combattre les dites-lois». Cette émotion n'existe pas cependant seulement chez les membres du cartel, mais également dans les groupes modérés des deux assemblées.
De tous les groupes politiques, celui qui, à la Chambre, réunit les députés radicaux socialistes a voté dès vendredi une déclaration invitant le gouvernement «à répondre à la provocation des cardinaux par l'application sans faiblesse des lois républicaines et laïques». La gauche radicale, qui se trouve à l'aile droite de la majorité gouvernementale, s'est réunie à son tour et s'est déclarée «résolue à s'opposer sans aucune faiblesse à toute ingérence confessionnelle dans la conduite de la destinée du pays». Les républicains de gauche doivent délibérer demain.
Au Sénat, l'union républicaine, que préside M. Henry Chéron et qui compte parmi ses membres M. Raymond Poincaré, a adopté hier à l'unanimité une résolution où elle se déclare également résolue «à sauvegarder les lois laïques de la République et à en assurer l'application libérale conforme à la pensée de ses auteurs» Ces délibérations de groupes seront très certainement suivies d'un débat public et ce débat se produira, selon toute vraisemblance, à la Chambre des députés dès mardi.
En effet, M. Cazals, président du groupe radical et radical socialiste a remis hier au président du Conseil une demande d'interpellation sur «l'attitude que compte prendre le gouvernement en présence des attaques dirigées par les évêques de France contre les institutions laïques et scolaires de la République, contre la notion même de la loi et contre les principes sur lesquels se fondent toutes les sociétés modernes.»
Cette interpellation était connue depuis le début de l'après-midi de vendredi, mais M. Cazals avait consenti à en différer la remise à la demande même de M. Herriot, qui désirait s'expliquer tout d'abord devant le Sénat, au moment où celui-ci serait appelé à statuer sur la suppression de l'ambassade au Vatican. Mais en présence de l'agitation qui a gagné tous les groupes républicains, le président du Conseil a changé d'avis. Dans ces conditions, l'interpellation serait appelée et discutée, comme nous le disons, plus haut, mardi au Palais-Bourbon. Les socialistes s'associeront à la demande d'interpellation de Cazals.
D'autre part, M. Herriot s'est rendu hier devant la commission sénatoriale des Finances à laquelle il avait exprimé le désir d'être entendu au sujet des chapitres relatifs à l'ambassade au Vatican et au chargé de mission pour l'Alsace et la Lorraine. On sait que la commission s'était prononcée, l'autre jour, par 15 voix contre 15 voix, contre la suppression de notre représentant au Saint-Siège. Après avoir entendu le chef du gouvernement et tout en condamnant, formellement l'attitude du haut clergé français, la commission des finances a, par 17 voix contre 14, maintenu sa manière de voir en ce qui concerne l'ambassade au Vatican.

Même page - Un plaidoyer pour le droit de vote des femmes. C'est "Pour et Contre" la rubrique de Maurice Prax.

POUR ET CONTRE
Quelques questions qui se posent

Une mère de famille qui fait elle-même les emplettes du ménage, qui administre elle-même le modeste budget familial, qui prépare elle-même la soupe et le rata, a-t-elle quelques notions d'économie pratique ? Sait-elle ce que c'est que la vie chère ?
Mme Duponduran, qui a élevé six enfants, peut-elle avoir sur la maternité, l'hygiène de la première enfance et l'éducation des idées aussi nettes que le jeune Gontran de Malicorne, célibataire, âgé de vingt-deux ans ?
Une femme élégante, intelligente, instruite, charmante, qui fait de son foyer un paradis, qui sait admirablement recevoir, s'entend-elle aussi bien à la conduite d'une maison qu'un rustre malpropre et bohème ?
Une femme agrégée des lettres, une femme-médecin, une femme grand écrivain, est-elle aussi intelligente qu'un crétin ou qu'une brute alcoolique?
Une femme qui aime la danse est-elle fatalement une écervelée ?
Ces questions, qui ont l'air ingénues, doivent être cependant infiniment compliquées; et il doit être très délicat et très difficile d'y répondre de façon satisfaisante....
Si ces questions, en effet, étaient toutes simples, une autre question serait, elle aussi, très simple et très simplement réglée. La question de savoir si les femmes doivent voter aux élections municipales ne se poserait même pas...
Les affaires municipales, en effet, si on les entend comme on doit honnêtement, raisonnablement les entendre, ne sont pas des affaires politiques. Ce sont des affaires d'intérieur, des affaires de ménage, des affaires de foyer. Il s'agit de tenir proprement l'intérieur d'une cité. Il s'agit de veiller à la propreté, à l'ordre, à la salubrité de cet intérieur. Il s'agit d'administrer sainement, intelligemment, le budget collectif. Il s'agit de ne pas gaspiller bêtement l'argent et de faire des achats raisonnables et utiles. Il s'agit de rendre la vie aussi douce que possible à tous les membres de la famille. Il s'agit de veiller à leur santé, à leur sécurité, à leur alimentation, à leur repos et à leur bourse. Écarter systématiquement les femmes de ces affaires strictement ménagères, c'est assez comique. Si les hommes estiment, chez nous, que les femmes sont incapables, indignes de participer à la vie municipale, pourquoi les laissent-ils conduire leurs ménages et leurs petites affaires domestiques ?... Pourquoi ne font-ils pas eux-mêmes la cuisine, voire les enfants?...

Maurice PRAX,

Page deux - Les races normande et hollandaise donnent la première le plus grand rendement en beurre, la seconde la plus grande quantité de lait.

LE CONCOURS DE LA MEILLEURE VACHE

"MERVEILLE" REINE LAITIÈRE – "MYRTHILE" REINE BEURRIÈRE

Les races normande et hollandaise donnent la première le plus grand rendement en beurre, la seconde la plus grande quantité de lait. Quelle est la meilleure vache ? Quelle est la race qui fournit le meilleur lait, le meilleur beurre ?

Telle est la question originale posée par l'Agriculture Nouvelle qui, sur ce sujet, vient d'organiser un concours. Seize syndicats ou groupements, ayant commencé à faire du contrôle laitier avant le commencement de l'année 1923, ont répondu à l'appel de notre confrère. Ces syndicats, qui ont leurs sièges dans treize départements, contrôlent ensemble quatre mille vaches appartenant à huit races distinctes. Ce sont, dans l'ordre d'inscription: race hollandaise, syndicat d'élevage de Quiévy (Nord); race flamande, syndicat de Renescure (Nord); race normande, syndicat du pays de Caux (Seine-Inférieure): les syndicats de Bray (Seine-Inférieure); du Bessin (Calvados); de Lisieux, de l'Orne, de Seine-et-Oise, L'Office départemental agricole et Union des associations agricoles de Loire-et-Cher; races hollandaise, flamande et normande, l'Office départemental agricole de Seine-et-Marne race parthenaise, le syndicat de la Mothe-Saint-Héraye (Deux-Sèvres); le syndicat de la race bovine vendéenne (Vendée); race de Salers, l'Office départemental agricole du Cantal; race d'Abondance, le syndicat de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie); race bretonne froment, le syndicat des Côtes-du-Nord; race brune des Alpes, le syndicat de la Côte-d'Or.

Les organisateurs ayant écarté le contrôle d'un ou deux jours qui leur avait paru insuffisant, décidèrent de faire porter le concours sur toute une lactation,
c'est-à-dire dix mois, et d'accorder une majoration de 30 0/0 pour les bêtes âgées de trois ans au début de leur lactation, 15 0/0 pour celles de quatre ans et de considérer celles de cinq et six ans comme adultes. Les résultats étaient contrôlés par le président du syndicat et par le directeur des services agricoles de chaque département, ce qui leur assurait une garantie indiscutable de sincérité. Après le classement général, le prix d'honneur du championnat laitier a été attribué à M. J. Mercier, éleveur à Quiévy (Nord), propriétaire de «Merveille», vache hollandaise qui a droit au titre de reine laitière ; le second prix à M. Aveline, éleveur à Dorceau (Orne); le troisième à M. Leduc, de Quiévy.

Le prix d'honneur du championnat beurrier a été attribué à M. Aveline, de Dorceau (Orne), propriétaire de «Myrthile», de race normande, reine beurrière; le second prix est décerné à MM. Lavoinne frères, Bosc-aux-Moines (Seine-Inférieure). Cinquante prix ont été en outre attribués à d'autres concurrents. A l'occasion de la remise des récompenses, une réception présidée par M. Capus, ancien ministre de l'Agriculture. aura lieu ce matin, à dix heures et demie, dans le grand hall du Petit Parisien. Les éleveurs actuellement à Paris pour le concours agricole pourront y assister. M. Queuille a bien voulu désigner M. Leroux, directeur au ministère, pour le représenter à la cérémonie. L'Agriculture Nouvelle l'en remercie bien sincèrement.

G. L.

Page trois - Une grève scolaire en Alsace contre l'ecole interconfessionnelle ? Les journaux catholiques alsaciens publient, ce matin, deux appels à la grève scolaire pour protester contre cette introduction. 

CONTRE L'ECOLE INTERCONFESSIONNELLE Y AURA-T-IL UNE GRÈVE SCOLAIRE EN ALSACE?

Strasbourg, 14 mars (d. Petit Paris.) C'est à la date du 16 mars, on le sait, que l'école interconfessionnelle doit être introduite à Colmar. Les journaux catholiques alsaciens publient, ce matin, deux appels à la grève scolaire pour protester contre cette introduction.
L'un, signé du président, député Walter, du comité pour la défense des libertés et traditions religieuses en Alsace, recommande une grève de trois jours pour Colmar, et somme les catholiques du reste de l'Alsace de s'y associer en faisant une grève de vingt-quatre heures.
Le second appel émane de Mgr Ruch, évêque de Strasbourg. L'évêque recommande et approuve sans restriction cette grève scolaire, Il conteste la légalité de l'école mixte en Alsace, qui a été introduite sans les garanties fixées par la loi et il ajoute que la décision du président du Conseil est un attentat contre ia liberté des parents.
Si vous ne vous élevez pas contre cette modification de notre loi scolaire, dit-il, il sera trop tard pour toujours et alors l'école catholique disparaîtra en Alsace et vous devrez vous plier sous le joug sectaire sous lequel gémissent vos co-religionnaires de l'autre côté des Vosges... Puisque vos centaines de milliers de signatures, puisque les vœux de vos deux conseils généraux, puisque les voix de vos sénateurs et de vos députés n'ont pas été pris en considération, force est bien de recourir à la grève pour opposer vos volontés à celles de la loge, pour obtenir que soient tenues les promesses de Joffre et de Poincaré, de Clemenceau et de Millerand, pour qu'à deux pas de vous l'Allemagne ne soit pas témoin du parjure de la France.
De son côté, le docteur J. Pfleger, député du Rhin, adresse aux parents des élèves catholiques de Colmar un appel analogue à celui de Mgr Ruch.

UNE LETTRE DU PREFET AUX MAIRES DU BAS-RHIN
Strasbourg, 14 mars (d. Petit Paris.) M. Borromée, préfet du Bas-Rhin, a adressé à tous les maires de son département la lettre suivante :
Plusieurs journaux publient ce matin un appel aux catholiques d'Alsace invitant la population chrétienne à faire, le lundi 16 mars, une grève générale scolaire de protestation.
J'ai le devoir de vous rappeler expressément qu'une telle protestation, sous la forme envisagée, contre une mesure prévue par la loi locale régulièrement réclamée par plusieurs assemblées municipales, appliquée déjà sans difficultés dans nombre de communes d'Alsace, constituerait une violation formelle de la loi, une atteinte injustifiable au principe de l'obligation scolaire et exposerait ceux qui s'y associeraient à toutes les conséquences édictées par l'ordonnance du 18 avril 1871.
En votre qualité de premier magistrat de la commune et de représentant du pouvoir central chargé de veiller à l'exécution des lois dont le respect s'impose à tous les citoyens, je vous invite à attirer l'attention des parents sur le caractère nettement illégal de l'action qui leur est demandée, sur les suites qu'elle ne manquerait pas de comporter et à faire appel en votre nom, comme au mien, au bon sens, à l'esprit de clairvoyance et de raison de la population alsacienne.

UN ORDRE DU JOUR DES INSTITUTEURS
Strasbourg, 14 mars (dép. Havas.) La section du Bas-Rhin du Syndicat national des instituteurs et institutrices de France et des colonies a voté ce matin l'ordre du jour suivant:
Le bureau de la section, apprenant que la grève scolaire vient d'être ordonnée en Alsace, par ceux qui veulent que l'école leur reste assujettie, engage tous les instituteurs et institutrices à se conformer strictement aux instructions officielles, à inscrire et à signaler les noms des élèves absents, à conserver le plus grand calme en face de toutes les provocations et à opposer la dignité, dont les maîtres de la jeunesse doivent donner l'exemple, à la violence, aux désordres et à la révolte contre les lois.


Le Journal des Débats politiques et littéraires

Page trois - Exposition Albert André : une quarantaine d’œuvres récentes de M. Albert André sont réunies dans les galeries Durand-Ruel 37, avenue de Friedland.

Exposition Albert André

Une quarantaine d’œuvres récentes de M. Albert André sont réunies dans les galeries Durand-Ruel, 37, avenue de Friedland, et non plus rue Laffitte, où il n'y a qu'un grand chantier à présent, au lieu de la vieille maison. M. Albert André ne se montre souvent au public; on lui doit d'autant plus d'égards; et n'est-il pas, entre les peintres de sa génération, l'un des plus remarquables? M. Durand-Ruel le père, de qui le nom est inséparable de l'histoire des impressionnistes, avait reconnu chez lui, dès ses débuts, les qualités qui allaient devenir maîtrise. Ainsi avait-il «choisi» Georges d'Espagnat et le très regretté Maufra, l'un des tout premiers paysagistes de ce temps.

C'est le «paysagiste» qui, à nos yeux, est le plus nouveau aujourd'hui dans cette exposition de M. Albert André. Il s'était surtout manifesté, ces derniers temps, dans les scènes d'intérieur, où il excelle. Les vues de Marseille, de Bagnols, de Laudun qu'il nous offre cette fois, sont, pour leur harmonieuse justesse et leur plénitude d'expression, dignes de ce qu'il a peint de meilleur La luminosité des ciels, les rapports entre les lumières et les ombres, la transparence de celles-ci, le choix des tons, l'équilibre de la composition, tout cela est à souhait et donne un contentement délicieux au regard et à l'esprit. Ce qu'il faut dire aussi, devant les paysages et devant les intérieurs, c'est la magistrale souplesse de la touche, cette «facilité» qui n'est que l'obéissance de la main. M. Albert André est dans son épanouissement. On ne rencontre guère d'ouvrages si bien équilibrés que les siens, si distingués et si justes.

EDOUARD SARRADIN.



12 mars 1925 17 mars 1925