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L'école interconfessionnelle en Alsace
La grève scolaire n'a été pratiquée, semble-t-il, que dans les villages. Dans les villes, 15 à 20 0/0 seulement des élèves ont chômé. Le président du Conseil fera sans doute aujourd'hui une déclaration, dès la reprise du débat sur la suppression du commissariat général de Strasbourg. L'appel adressé par Mgr Ruch, évêque de Strasbourg, aux parents catholiques, les invitant pour protester contre l'école interconfessionnelle à ne pas envoyer aux écoles officielles hier, aujourd'hui et demain à Colmar, et à les faire s'abstenir de fréquenter les classes des écoles officielles hier seulement dans le reste de l'Alsace, semble n'avoir été réellement entendu que dans les villages alsaciens, c'est-à-dire dans les localités où l'influence du clergé a pu se faire aisément sentir. Environ 60 0/0 des petits villageois ont chômé l'école. A Strasbourg, la proportion des grévistes a été de 18% de la population scolaire totale et de 28 0/0 de la population scolaire catholique. A Schiltigheim, le pourcentage est de 20% de la population scolaire totale et de 30% de la population scolaire catholique. A Graffenstaden, ces chiffres respectifs sont de 18 et 40% On sait que ce sont les trois villes qui ont demandé l'école interconfessionnelle. Encore qu'il ne puisse être établi ayant ce matin une statistique complète, on évalue à 50% environ la proportion des grévistes dans le département du Bas-Rhin. A Mulhouse, la grève scolaire s'est déroulée, comme partout ailleurs, dans le calme. Le matin, 29% des élèves ont chômé; l'après-midi, la proportion des absents a été de 23% seulement. Par contre, le nombre des petits grévistes a été plus important à Ribeauvillé, 75%; à Thann et Guebwiller, 50%, et à Altkirch, 40%. Les incidents qui se sont produits hier en Alsace seront très certainement évoqués dès cet après-midi à la Chambre. Il est peu probable que le débat sur le manifeste des cardinaux puisse s'engager dès aujourd'hui. Dans ces conditions, l'Assemblée sera appelée à poursuivre l'examen du projet portant suppression du commissariat général d'Alsace et Lorraine à Strasbourg. M. Herriot serait décidé à prendre la parole dès la reprise du débat pour faire une déclaration sur le régime scolaire et l'enseignement religieux en Alsace et Lorraine. Liberté de l'enseignement, condition et garantie indispensables de la neutralité de l'Etat, de la liberté de conscience et de la paix religieuse. Il rend hommage à l'œuvre scolaire de la République et aux maîtres qui l'ont accomplie. Tout en reconnaissant la nécessité, à l'heure actuelle, d'un régime spécial pour les trois départements recouvrés, il est fermement résolu à assurer tout à la fois la sauvegarde des lois fondamentales de la République, et une application conforme à la pensée de leurs auteurs. Il fait appel, dans les graves conjonctures de l'heure, à l'union de tous les bons citoyens pour assurer la paix intérieure par l'obéissance à la loi, base essentielle de l'ordre public.
LE VOTE DES FEMMES
La Chambre a inscrit à l'ordre du jour de la séance qu'elle tiendra ce matin les propositions relatives au vote des femmes. Mais celles-ci ne pourront venir en discussion que si la question de la betterave sucrière, qui figure en tête de cet ordre du jour, se termine assez tôt, ce qui n'est pas certain. En tout cas, rappelons que la Chambre est saisie, à propos du suffrage des femmes, de trois propositions de loi présentées par MM. Louis Marin, Marcel Cachin et Fontanier, et rapportées favorablement, par M. P.-E. Flandin, au nom de la commission du suffrage universel; mais, en outre, elle aura à se prononcer sur un contre-projet de M. Lemire (Nord) instituant le vote familial..

| Il faudra attendre 1945 pour que les femmes obtiennent le droit de vote en France |
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