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Au Fil des Jours
Réveil en musique. Un émule d'Edison vient d'imaginer une combinaison de phonographe et de réveille-matin qui promet bien du plaisir aux amateurs d'aubades. On remonte l'instrument comme les réveils ordinaires. Et le lendemain matin, à l'heure souhaitée, au lieu d'un carillon plus ou moins désagréable, c'est le meilleur morceau de votre répertoire qui s'échappe du pavillon acoustique pour vous tirer des bras de Morphée. Mais si tous les locataires d'une même maison se procurent de telles merveilles d'horlogerie, quelle cacophonie dans l'immeuble à partir des premières lueurs de l'aube jusqu'au moment où la concierge, madame, vous monte votre courrier!
Excuse maternelle. LE MAITRE. Je suis très mécontent de votre fils. Il n'a même pas pu me dire quand est mort Philippe-Auguste. LA MÈRE. Il ne faut pas trop lui en vouloir. A la maison, nous ne lisons jamais les journaux.
A la Turenne! D'où vient cette mode de la moustache courte qui a si bien pris chez nous depuis la guerre? Interrogez votre mari, votre fiancé ou votre père, chère lectrice. Neuf fois sur dix, je gage que la réponse sera : «d'Angleterre» ou «d'Amérique». Eh bien! pas du tout, et cette mode prétendument nouvelle n'est qu'une redite moderne de celle qui se répandit en France, il y a trois siècles, après la fameuse campagne d'Alsace. On sait comment Turenne y guerroya intrépidement. Le maréchal ne craignait pas de payer de sa personne. Attaqué par un parti ennemi alors qu'il s'était un peu trop éloigné de son escorte, il eut à essuyer le feu de quelques pistolets d'arçon. La plupart des balles s'égarèrent. Toutefois, l'une d'elles, tirée de biais, lui rasa littéralement la lèvre supérieure, et s'il en réchappa, il y laissa une partie de sa moustache. Après avoir abattu son agresseur et mis le reste de la troupe en fuite, Turenne, quelque peu mortifié de sa mésaventure, s'en fut chez un barbier des environs et lui demanda aide et conseil. Le praticien se recueillit un moment et l'inspiration vint. Par un artifice inédit, il réussit à réparer le mal en dotant son illustre client d'une moustache courte, taillée en brosse. Rendons donc à Turenne ce qui revient à Turenne, n'en déplaise à John Bull ou à l'oncle Sam !
Charade. Question. Quel est ce je ne sais quoi de si léger qu'on ne peut le nommer sans le rompre ? Réponse. Le silence.
L'encombrement des carrières libérales. En 1860, on ne comptait encore que 5.000 pharmaciens en France, un donc pour 7.200 habitants puisque notre population s'élevait, en chiffres ronds, à 36 millions d'âmes. En 1900, leur nombre avait presque doublé, ils étaient 9.406, soit une pharmacie pour 4.100 habitants. En 1912, c'était bien mieux et leur nombre s'élevait à 12.000, un pour 3.280 habitants! Rien qu'à Paris, la statistique en indiquait 1.347, un pour 2.000 habitants! Combien sont-ils aujourd'hui ?
L'œil du maître. Un patron surprend son employé en train de dormir le nez sur ses registres. -Comment! lui dit-il, après l'avoir secoué. Votre comptabilité n'est pas à jour et vous en prenez à votre aise avec elle? -Excusez-moi, monsieur, répond le délinquant. Mon dernier-né est insupportable. Il m'a empêché de fermer l'œil de la nuit. En ce cas, dit le patron, de son ton de pince-sans-rire, vous feriez bien de l'amener au bureau avec vous.
CLÉGUER.
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