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L'Avenir d'Arcachon 18 janvier 1925


Coquille de noix

Notre excellent ami, Maurice Martin, l'apôtre du tourisme et des sports, répondant, l'autre jour, à nos souhaits de bonne année, nous donnait, en plus, un conseil.
Il nous disait en substance :
« Comment, dans un centre de yachting comme Arcachon, vous qui êtes un ancien sportsman, n'avez- vous rien dit de la traversée de l'Atlantique par Alain Gerbault, seul sur son yacht? C'est un sujet passionnant pour la plupart de vos lecteurs qui ont aussi des petits bateaux et qui vivent de la mer, par la mer ou sur la mer? »
Maurice Martin est un sage et un perspicace.
On se trouve bien de suivre ses conseils. Aussi, moyennant la somme de 7 fr. 50, nous avons acheté le livre nouveau dans lequel Alain Gerbault rend compte de son exploit et qui s'appelle « Seul à travers l'Atlantique. » (Bernard Grasset, éditeur à Paris).
Ce sacrifice moral et financier témoignait d'autant plus de notre profonde amitié, de notre dévotion pour Maurice Martin que (faut-il le dire ?) la performance dont-il s'agit nous avait laissé non point incrédule - cela ne serait rien - mais indifférent.
L'incrédulité, en effet, ne défend pas de se renseigner et, renseignements pris, il arrive que le doute tombe. L'indifférence, au contraire, se traduit par le refus de connaître. C'est le pire des fléaux. Pour celui qui a un mérite à faire valoir, une doctrine à faire connaître, l'indifférent n'est pas de ce monde. C'est zéro : le néant.
Eh bien ! confessons-nous tout à fait: Nous qui, dans nos Maximes et pensées avons écrit contre l'indifférence, nous fûmes le premier à la pratiquer dans ce cas. Nous ne connaissions du raid à travers l'Océan que ce qu'il était impossible de ne pas en connaître tant il avait fait de bruit. Et le peu que nous en savions, tout en nous laissant froid, nous faisait dire :
-Encore un farceur, probablement qui achète la gloire à bon marché en nous montant, avec son petit yacht, un immense bateau. Pour des blagues comme ça les journaux marchent. Mais s'il s'agissait de rendre justice à un homme de génie timide et sincère, ils brûleraient la boîte aux lettres!

Le fait est que, même aujourd'hui, après renseignements, je dois convenir, qu'au premier abord, on pourrait douter surtout ici. La liste des naufrages à l'entrée du bassin d'Arcachon est tellement longue que l'administration maritime se refusait dernièrement à nous la communiquer. Elle ferait peur, nous assurait-on.

Et voilà qu'un ancien étudiant, un marin amateur de fraîche date, aurait traversé l'Océan sur une coquille de noix ! Car comment appeler, pour un pareil voyage, un yacht de course de onze mètres (neuf à la flottaison) avec lequel beaucoup refuseraient de s'engager ici dans nos célèbres passes ? ---à suivre

Albert de RICAUDY.

Maurice Martin Albert de RICAUDY

Bassin d'Arcachon : vers une tolérance ponctuelle des rejets d'eaux usées, mais ça c'est un siècle plus tard, la "bénédiction de la pollution".

Arcachon


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