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L'Œuvre


la presse  LOEuvre 1923 12 10. Le territoire infime de Javorzina appartient à la Tchéco-Slovaquie, mais la Pologne le revendique, car il complète naturellement la seule ville d'eaux que cette nation possède. M. Benès se montrait fort disposé à faire des concessions à un Etat voisin et il promit plus ou moins de se prêter à un accord. Tout était donc pour le mieux, lorsque le ministère polonais alors en fonctions, et qui avait justement besoin d'un regain de prestige, s'avisa de faire état de l'annexion de Javorzina comme d'une grande victoire diplomatique. Du coup, et par un réflexe naturel, l'opinion tchèque s'émut à l'idée d'avoir renoncé à un territoire que les Polonais considéraient comme de si grande valeur. Une campagne ardente fut organisée contre M. Benès et tout se trouva remis en question. C'est ainsi que la Société des Nations est aujourd'hui saisie de l'affaire de Javorzina, qui se fût trouvée résolue toute seule si un ministre n'avait pas eu besoin d'un succès personnel et si l'on avait pratiqué la politique de bon sens, au lieu de pratiquer la politique de prestige. L'affaire de Javorzina mérite de n'être pas méditée seulement par les Polonais et les Tchèques.

Le territoire infime de Javorzina appartient à la Tchéco-Slovaquie, mais la Pologne le revendique, car il complète naturellement la seule ville d'eaux que cette nation possède. M. Benès se montrait fort disposé à faire des concessions à un Etat voisin et il promit plus ou moins de se prêter à un accord.
Tout était donc pour le mieux, lorsque le ministère polonais alors en fonctions, et qui avait justement besoin d'un regain de prestige, s'avisa de faire état de l'annexion de Javorzina comme d'une grande victoire diplomatique. Du coup, et par un réflexe naturel, l'opinion tchèque s'émut à l'idée d'avoir renoncé à un territoire que les Polonais considéraient comme de si grande valeur. Une campagne ardente fut organisée contre M. Benès et tout se trouva remis en question.
C'est ainsi que la Société des Nations est aujourd'hui saisie de l'affaire de Javorzina, qui se fût trouvée résolue toute seule si un ministre n'avait pas eu besoin d'un succès personnel et si l'on avait pratiqué la politique de bon sens, au lieu de pratiquer la politique de prestige.
L'affaire de Javorzina mérite de n'être pas méditée seulement par les Polonais et les Tchèques.