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LITTÉRATURE Les opinions de Maeterlinck.
Maeterlinck, dont on avait annoncé la retraite, ne se retire pas tout à fait des Lettres puisqu'il écrit dans le Soir — où il explique ses opinions politiques. Évidemment, dit-il, il y a une humanité idéale, mais c’est seulement sur le papier, et depuis le grand cataclysme, nous ne vivons plus du tout sur le papier. Nous ne tenons pas à recommencer l’expérience qui s’est faite sur nos champs de bataille, où l’autre qui se perpétue en Russie. Tous les hommes seront frères quand ils seront plus intelligents et il est certain qu'un univers où il n’y aurait que des Poincaré et des Anatole France serait le Paradis sur la terre ; avec joie, on y brulerait toutes les armes et on y mettrait tout en commun. Nous n’en sommes pas encore là. Accordons à l’utopie quelques douzaines de lustres, peut-être qu’alors, en repassant sur le globe, elle y trouvera des mortels qui pourront l’héberger sans danger. Opinions politiques, cela ? Disons plutôt opinions philosophiques. Anatole France, qu'on met volontiers de l’autre côté de la barricade, ne les désavouerait pas, tant il est vrai que la sagesse n’a point d’extrémités ni... d’extrémistes. C’est un cercle parfait.
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