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Le Populaire 19 septembre 1923 (art. page deux)


assurances sociales

LES ASSURANCES SOCIALES
«Le projet de loi n'est pas parfait mais il porte en lui un peu de justice sociale»

Le projet de loi sur les assurances sociales est toujours en instance devant le Parlement. -
Ce projet, qui a fait couler des flots d'encre, à rencontré de vives résistances. Certains groupements prolétariens, la mutualité bourgeoise et le ministre du Travail — M. Peyronnet.— ont manqué d'enthousiasme à l’égard de cette loi qui apportera, malgré tout des avantages au monde du travail. Par contre, de nombreux socialistes, coopérateurs, socialistes et mutualistes ouvriers ont, dès la première heure, accepté le principe de l'assurance sociale. Notre ami Robert Perdon, président de la Fédération Mutualiste du Travail, a bien voulu nous donner son opinion sur cette réforme sociale.
Robert Perdon est mêlé depuis de longues années à l'action ouvrière. Syndicaliste, socialiste, coopérateur, rien de ce qui intéresse le prolétariat ne le laisse indifférent. Les assurances sociales ont attiré son attention et il a âprement milité, au sein de la mutualité, en faveur du principe de cette loi. Robert Perdon pense que, malgré ses imperfections, la loi sur les assurances sociales rendra de réels services à la classe ouvrière.

Accord sur le principe
La mutualité a été longtemps réfractaire au projet des assurances sociales, disons-nous à Perdon. Son opposition paraît s'atténuer.
— Il n'y a plus d'opposition de la part de la mutualité. Celle-ci a crié tout d'abord : haro sur le projet ! Puis, elle s'est ravisée. Elle accepte maintenant le principe de la loi qui lui donne, du reste, la priorité dans la gestion des caisses, «La Fédération Mutualiste du Travail a amené, par son action vigoureuse, l'ensemble de la mutualité française à accepter le principe des assurances sociales. »
— La priorité donnée à la mutualité dans la gestion des caisses, n'est-elle pas dangereuse ?
— Nullement, répond mon interlocuteur. Cette priorité ne modifie en rien les directives du projet. La loi reste ce qu'elle était avec ses avantages en faveur du prolétariat.

Le devoir de la classe ouvrière.
Afin d'amener les mutualistes bourgeois à accepter le projet de loi sur les assurances sociales, la Commission parlementaire a accordé à la mutualité la priorité de gestion. La loi doit être modifiée un jour sur ce point.
— C'est évidemment, déclare Perdon, la classe ouvrière qui doit avoir la direction et le contrôle des assurances sociales. Qu'elle s'organise pour cela sur son propre terrain et elle aboutira rapidement au but qu'elle désire.

Les caisses d'Entreprises
Il est un point noir. Le projet de loi laisse la porte ouverte aux caisses d'entreprises. On sait que certains industriels ou commerçants ont des caisses particulières de prévoyance sociale.
— Ces caisses ne répondront pas aux règlements nouveaux. On peut laisser fonctionner celles qui existent, mais on doit empêcher la création de nouvelles caisses si l'on veut éviter de graves dangers.

Œuvre à accomplir
Robert Perdon ne cache:pas les imperfections du projet pendant devant le Parlement. Ce n’est pas l'idéal rêvé.
— La loi sur les assurances sociales, que le Parlement doit voter, n'est pas parfaite. Elle doit être profondément modifiée. C'est l'œuvre de demain. Pour l'instant le projet doit être accepté. La classe ouvrière doit s’opposer aux multiples amendements dont rêvent certains représentants bourgeois, adversaires de la loi. Tout contre-projet doit être écarté. Et demain, quand le principe sera consacré, le prolétariat devra engager une vigoureuse action en vue de l'amélioration de la loi. Gestion directe par le monde du travail, augmentation du taux des salaires devant bénéficier de la loi sur les assurances, telles devront être les revendications du prolétariat.
En agissant ainsi les travailleurs n’auront pas fait échec à une loi qui porte en elle un peu de justice sociale.
Telles sont les déclarations de Robert Perdon. Nous les livrons aux méditations des lecteurs du Populaire.

Léon Osmin