Nouvelles des ports

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Rafiots et compagnies

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Nouvelles des escales

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L'Oeuvre 25 juillet 1923 (art.page une)


LES BONNES AFFAIRES

Voulez-vous être propriétaire honoraire d’un wagon

Pour remédier à la crise du logement, le plus simple est d’avoir une maison à soi. Beaucoup rêvent de construire, peu en ont les moyens. Aussi les pauvres sans-logis sont-ils à l'affût des occasions.

Le mois dernier, l'administration des Postes annonça qu'elle mettait en vente un certain nombre de caisses de bureaux ambulants. Aussitôt la foule des sans- foyer et des pauvres diables menacés d’une expulsion prochaine de se précipiter. Moyennant 250 francs payables tout de suite, les malheureux se voyaient immédiatement propriétaires d’un abri avec portes et fenêtres, murs de bois et toit à l'épreuve. Ils n’avaient plus pour être heureux, qu'à emporter le fourgon postal désaffecté et à l'installer en pleine nature. On trouve encore, Dieu merci, des terrains à louer.

L'administration des Postes avertit ses clients que le reçu délivré par elle servirait de pièce pour la livraison de l’objet. Le citoyen acheteur n'avait qu'à se présenter à la gare de Maisons-Alfort-Pompadour avec un camion. Rien de plus simple, en vérité.

L'autre jour donc, une centaine d’acheteurs ayant réglé l'achat de leur maison-caisse se présentaient pour l'enlever. Le chef de gare les vit approcher avec quelque souci, car, s’il détenait, sur une voie de garage, les wagons postaux vendus, il n'avait reçu aucune instruction pour livrer ceux-ci aux populations.

Néanmoins, le chef de gare n'aurait pas demandé mieux que de voir partir une marchandise qui tient de la place, si celle-ci avait été en état de partir. Maïs il n’en était rien. Car l'administration des Postes vend bien, pour 250 francs, les caisses des bureaux ambulants, mais, pour ce prix-là, elle ne donne ni les roues des wagons ni de châssis métallique, qui restent sa propriété. Le premier venu serait fort en peine d'accomplir la besogne de démontage ; en outre, pour charger les caisses, le bras d'une grue est nécessaire.

La gare de Maisons-Alfort, qui détenait les wagons vendus ne détenait point de grue ni d'ouvrier démonteur. Le chef de gare donna ce petit détail aux acheteurs et leur dit, pour les rassurer :

— Voyez donc M. l'inspecteur principal de la Compagnie.

Or l'administration des Postes n'avait pas plus daigné avertir M. l'inspecteur principal que M. le chef de gare.

— Voyez donc M. l'ingénieur du service central, dit ce haut fonctionnaire.

Celui-ci, pressenti, dit à son tour :

— Les wagons postaux ressortissent au service du matériel. Allez donc voir là.

autre renseignement :

— Quand il s'agit de la livraison d’une marchandise vendue et achetée, ça regarde le service de l'exploitation.

Malheureusement, les acheteurs de wagons en venaient ; ils ne crurent pas utile d'y retourner.

Mais ils vinrent nous conter cette histoire. Une chose nous inquiète.

-Quand un particulier laisse une marchandise en gare, il doit une taxe journalière de séjour assez forte à la Compagnie. C'est justice.

Nous voudrions savoir quelle indemnité l'administration des Postes offre aux Compagnies de chemin de fer pour embouteiller les voies de garage.

BR. V.

wagons de la Poste