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Comme on n'a rien fait, comme on ne fait rien pour bâtir des logis convenables et sains il faut bien laisser aux malheureux l'abri disponible, et voici plusieurs années déjà qu'on n'ose plus donner un coup de pioche dans ces taudis innommables qui déshonorent Paris. Or, ne croyez pas que les taudis soient rares dans notre Ville Lumière. Ils existent encore par centaines et je convie les sceptiques impénitents à entreprendre une instructive promenade dans les quartiers les plus déshérités de la capitale, à travers les ruelles obscures et nauséabondes, les impasses glissantes et fétides des faubourgs et aussi à travers des artères plus importantes qui sillonnent le cœur même de la grande ville. Des Bouges en Ruines Là le spectacle mérite que l'on s'y arrête. Les hideuses bâtisses qui étaient sans doute fort belles sous le moyen âge -- fatiguées d'un trop long service, ont commencé à s'écrouler tout doucement sur la chaussée. La rue des Carmes se trouve maintenant encombrée de matériaux de toutes sortes, de méchants madriers qui s'efforcent de remédier à l'irréparable... Pour passer, il faut escalader pierres et poutrelles. Où aller? Sur le seuil des numéros 17, 19 et 32, je demande aux infortunés locataires quel calvaire douloureux les a conduits jusqu'à ces ruines: Le Remède Navrante détresse à laquelle il faudrait remédier sans retard. Mais que peuvent les commissions d'hygiène de l'Hôtel de Ville contre ce lamentable état de choses qui va s'aggravant de mois en mois ? Elles constatent le péril et rédigent de longs rapports qui iront s'entasser en piles poussiéreuses. ROBERT BOUCARD. |







































































