| Comoedia 19 juillet 1923 (art. page une) |
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L'école des petites danseuses Si vous vous êtes trouvé vers 13 heures 30 dans la cour de l'Opéra, vous avez pu voir arriver, deux par deux sous la conduite d’une dame tout de noir vêtue, un groupe d’écolières bien sages, leurs livres et leurs cahiers sous le bras. Ce sont les petites élèves des classes de danse qui se rendent à la leçon quotidienne de gymnastique chorégraphique. En 1919, M. Jacques Rouché. directeur de l'Opéra et M. Lafferre alors ministre de l'Instruction publique, fondèrent, d'accord avec le Conseil municipal, l’école primaire des danseuses de l'Opéra, des futures danseuses plutôt, car les fillettes des classes de danse ne peuvent être engagées à l'Académie Nationale de musique que si elles sont munies de leur certificat d'études primaires. L'école de l'Opéra fut établie dans une école de la Ville de Paris, grâce aux bons soins du docteur Maréchal, maire du VIII° arrondissement qui s'intéresse beaucoup à cette institution. Aussi, chaque jour, à 9 heures du matin, les petits « rats » se rendent à l’école de la rue de la Ville-l’Evêque où les attend leur institutrice, Mme Caillé. La leçon dure jusqu’à 11 heures et demie. Les fillettes déjeunent pour la plupart à l’école, puis, sous la conduite de leur maîtresse, elles se rendent à l'Opéra pour prendre leur leçon de danse quotidienne. Il faut vous dire que les élèves des classes de danse sont réparties en deux divisions. Cependant que l’une de ces divisions bat ses premiers entrechats sous l'œil expert de Mlle Mercedès, l’autre se rend en classe. Car l'Opéra renferme une petite école. Oh il n'y a pas bien longtemps. Naguère on s’installait comme on pouvait dans un couloir, sur les degrés d'un escalier. vouté sur les calorifères, et dans cette Académie improvisée, on étudiait les grands faits de l'histoire de France. Aujourd'hui l’on possède une belle classe, ornée d'un tableau noir et de cartes murales. C'est un bureau que le copiste des partitions, M. Portal. a très aimablement mis à la disposition de Mme Caillé. L'architecte du monument. M. Patrouillard a fait lessiver et repeindre les murailles, Peu à peu la pièce s'est meublée de tables, de chaises et de bancs: les murs ripolinés gris clair se sont ornés de quelques gravures. Les petites élèves se sont cotisées pour acheter des cartes murales et à ce souci de travail s'ajoute un souci d’élégance. Les fillettes viennent en effet de faire entre elles une collecte pour acheter un buste de Pasteur. N'est-ce pas charmant. Autour d'une grande table les élèves qui ne sont point encore parties en vacances sont assises. L'une d'elles lit un texte et Mme Caillé pose des questions. Mais le gramophone se fit entendre, avisant les « bons bourgeois de Paris » qu'il était l'heure de regagner leur logis, sur l'air du couvre-feu des Huguenots, chanté par M. Delmas. Et l'on s'en fut à travers le dédale des escaliers et des corridors vers la petite classe où l'on se remit bien sagement au travail. André Rigaud |
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