| La Presse 18 septembre 1923 (art. page une) |
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LES FOURMIS À LA CONQUÊTE DE PARIS I y a trois ans, Paris déclarait la guerre aux rats, et une lutte homérique s'en suivit pour débarrasser des terribles rongeurs certains quartiers particulièrement menacés, puis ce fut, l'année d'après, à la suite de chaleurs sénégaliennes, une invasion de puces, que les agglomérations faubouriennes eurent bien du mal à repousser. Voici, cette année, une nouvelle offensive de la vermine. On signale qu'un certain nombre d'immeubles de la capitale sont en proie aux excès des fourmis. Par myriades, en bataillons serrés, cette vermine monte à l'assaut des habitations, s'introduit dans les logements par les petits petits interstices, se glisse dans toutes les anfractuosités, y établit de véritables fourmilières, d'où elle se répand, affamée, sur les victuailles des ménagères. Commet-on l'imprudence, après le repas, de laisser un morceau de viande sur la table, dix minutes ne se sont pas écoulées que celui-ci est noir des voraces bestioles. Le pain est troué, déchiqueté ; le sucre attire particulièrement leur gourmandise et se parsème bientôt de ces animalcules tenaces. Mieux, ces fourmis s'attaquent aux mains, aux jambes des infortunés locataires, comme de vulgaires puces. Nous avons recueilli ce matin les doléances des habitants de deux immeubles particulièrement infestés dans le 10° arrondissement, rue de Mazagran et rue de l’Échiquier. Tous les ingrédients et désinfectants, formol et crézyl en tête, n'ont pas brisé jusqu'ici l'offensive des envahissantes bestioles. Les boîtes les plus hermétiquement closes n'échappent pas à la curée Nous nous sommes rendu au Laboratoire officiel de la rue de la Douane, dont le directeur est, comme l'on sait, le professeur Bordas, membre du Conseil supérieur d'hygiène de la ville de Paris. Ce praticien et ses services avaient, on se le rappelle, établi le plan de campagne contre l'invasion des rats, et obtenu, vu les faibles moyens mis à leur disposition, de très appréciables résultats. Ils poursuivent inlassablement leur lutte contre la vermine qui ronge certains quartiers de Paris. — Ces petites fourmis, nous a-t-on dit, ont dû être amenées par des maraichers. Un dépôt de légumes où de fruits dans un restaurant où chez un fruitier suffit à former une sorte de fourmilière d'où les insectes sortent, grimpent, envahissants. Les fourmis pullulent très rapidement si la saison est favorable et deviennent féroces si elles ont faim. Elles peuvent gagner les plantes dés appartements, les pots de fleurs des balcons, qui sont pour elles autant de repaires sûrs, d'où il est très difficile de les déloger Ces bestioles ont la vie très dure. Dans certaines campagnes les maisons en sont envahies, mais, dans les villes, le cas est plus rare. Comme pour les rats, il importe de ne pas donner à manger à cette engeance, c'est-à-dire de ne rien laisser trainer comme aliment. Une propreté méticuleuse des pièces est de rigueur. Comme pour les puces, la citronnelle peut être employée en vaporisation aux en-droits infestés Si cette invasion prenait des proportions plus grandes, nous verrions à établir un plan contre-offensif. Mais espérons qu'avec les premiers froids, les fourmis reculeront. Mais ne les laissons pas s'implanter au chaud dans les appartements. Voici la guerre aux fourmis déclarée, |







































































