| Le Matin 21 juillet 1923 (art. page une) |
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Quand je, vois porter des lunettes Ce quatrain, qui n'est pas de la première jeunesse — innocente satire à l'adresse des premiers snobs «monoclés» — ne réussit point à amener la mode des besicles chez «nos amis à quatre pattes». Zizi aura-t-il plus de succès. Zizi est un superbe matou mi-angora, à la robe fauve mouchetée de blanc, aux moustaches conquérantes, que vous pouvez voir trôner, quand le temps est beau, sur un escabeau recouvert d'une housse moelleuse, devant la boutique de son maître, boulevard Saint-Germain. Zizi est un superbe matou. Mais vous chercheriez en vain, au-dessous des cornets frémissants de ses oreilles, les larges prunelles d'or à l'énigmatique regard d'oiseau nocturne. Les yeux de Zizi disparaissent derrière d'imposantes lunettes aux verres teintés, qu'un cordon de soie noué derrière la nuque fixe délicatement. Le maître de céans est opticien. A-t-il mis des lunettes à son chat pour servir d'enseigne à son établissement ? Point ! Affirme-t-il : Zizi avait la vue faible et une forte prédisposition au « strabisme convergent », ce qui,en termes profanes, signifie qu'il louchait. Maintenant, n'allez pas croire que Zizi tire la moindre morgue de cet appareil, réservé jusqu'ici aux seuls humains. |







































































