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Les avances de la Reichsbank à l'industrie furent un cadeau pur et simple

De notre correspondant particulier

Berlin, 6 juin. —

La commission financiène du Reichstag a poursuivi hier et aujourd'hui son enquête sur les causes de la chute du mark. Les représentants socialistes, l'ancien ministre Robert Schmidt et M. Heitz ont violemment combattu les procédés de la Reichsbank qui ont permis aux industriels de réaliser des bénéfices considérables

Dans les premiers mois de l'occupation de la Ruhr, la Reichsbank a consenti aux industriels des crédits considérables destinés à soutenir la résistance passive. Or il apparait nettement que l'industrie a profité de ces avances pour spéculer. Les industriels ont acheté des devises à l’époque où le dollar valait 20 000 marks. Ils sont maintenant tenus de rambourser les avances reçues en marks papier. Comme le dollar vaut 80.000 marks l’industrie allemande a donc réalisé un bénéfice correspondant environ aux trois-quarts des avances reçues.

Au cours de la discussion, les députés socialistes ont proposé que la Reichsbank ne consente plus de crédits sans les calculer sur la base du mark or. M, von Havenstein a combattu vivement cette proposition. Il déclara que l'établissement des comptes en marks or équivaudrait à l'anéantissement du mark papier. D'autre part, l'Allemagne, à son avis, ne possède pas suffisamment de devises étrangères pour accepter le calcul sur la base du mark or.

Le Secrétaire d'Etat Schroeder a parlé ensuîte. Ila tenté de rejeter sur la France l’échec de l'emprunt intérieur allemand. Il a déclaré que les souscripteurs avaient été paralysés par la menace du gouvernement français qui avait fait savoir que le produit de l'emprunt pourrait être confisqué au profit des réparations.

L'enquête menée par la commission du Reichstag sur la chute du mark n'aboutira à aucun résultat. La dernière séance a toutefois montré clairement que la Reîchsbank fait cause commune avec l'industrie. L'Etat allemand se ruine, mais M. Cuno et M. von Havenstein savent au moins dans quelles poches vont les produits de leurs libéralités.

DE VILLEMUS,