| Le Grand Écho du Nord 18 juillet 1923 (art. page une) |
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Le Chef du Gouvernement fasciste ne songe pas à supprimer le Parlement. Rome, 16. — Un grand débat se poursuit depuis quelques jours devant la Chambre italienne, au sujet de la réforme électorale. M. Mussolini, répondant aux divers orateurs, a fait des déclarations énergiques au sujet du fascisme. « Le fascisme, a-t-il dit, a le pouvoir dans ses mains. Il le gardera. La révolution dont nous parlons, c’est notre ferme volonté de maintenir le pouvoir. » M. Mussolini, répondant aux accusations qu'on porte contre lui d’attenter à la liberté, dit: — Qu'est-ce que c'est que la liberté? Il n'existe pas de liberté absolue; il existe des libertés. Les socialistes ont toujours nié la liberté et M. Mussolini se tourne vers les socialistes. La liberté de réunion existe-t-elle en Russie? demande-t-il et la Chambre, à grands cris, de répondre: « Non ». — Est-ce que la liberté de la presse existe en Russie et bien d'autres libertés? Toute la Chambre de nouveau crie: « Non ». M. Mussolini rappelle que son gouvernement, qu'on veut représenter comme un gouvernement liberticide, à sanctionné la loi de huit heures, montré son respect pour le suffrage universel, donné aux femmes le droit de suffrage et n’a édicté aucune loi d'exception. Mais, naturellement, dit M. Mussolini, 1a Révolution fasciste a bien le droit de se défendre. Le président du Conseil déclare qu'il aime vivre au milieu du peuple : mais le peuple, jamais, ne lui a demandé plus de liberté; jamais il ne s'est plaint de souffrir d'un manque de libertés. (Très vifs applaudissements) M. Mussolini nie qu'il désiré l'abolition du Parlement parce qu’il ne voit pas avec quoi on pourrait remplacer le Parlement. Il ne faut pas penser, dit-il, que le fascisme passera vite. Le fascisme deviendra sage lorsque tout le monde aura accepté les faits accomplis. (Très bien). À quel moment cessera la pression morale qu'il exerce ? Cela dépend de la conduite de la Chambre. M. Mussolini, s'adressant aux socialistes, déclare qu'il serait heureux d’avoir avec lui les masses ouvrières et qu’il voudrait avoir leurs représentants dans le gouvernement. Il est prêt à leur donner un des plus délicats ministères. Après le discours de M. Mussolini, la Chambre a voté par appel nominal sur un ordre du jour présenté par M. Larus. La première partie de cet ordre du jour, qui confirme la confiance dans le Gouvernement, a été adoptée par 303 voix contre 140 et 7 abstentions. Ce vote consacre la scission avec les populaires. M. Mussolini a été l'objet à la Chambre d'une formidable ovation. Des députés, dont certains chefs socialistes, l'ont embrassé. Un de ces chefs, il est vrai, le nie à présent. A la sortie de la Chambre, la foule a longuement acclamé le président du Conseil. |
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