| Paris-Midi 18 juillet 1923 (art. page deux) |
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Le plus grand Paris. Jamais Paris n'a été aussi bouleversé, jamais autant de rues n'ont été mises sens dessus dessous, jamais autant de maisons n'ont été marquées pour le pic, et les fortifications, notamment, sont en pleine démolition. Avant dix ans, il ne restera plus rien de nos Fortifs légendaires, qui ne dataient pourtant pas d’un Siècle. Et toute une autre ceinture de la grande ville, encore plus immense, aura également disparu : la zone militaire qui s'étend aussitôt passés les remparts, et le long même de leurs fossés. L'interdiction d'y construire des habitations fixes y a fait pulluler les baraques et les gourbis. Avec les Fortifs disparaîtra cette zone pittoresque; et un nouveau et fastueux Paris s’élèvera et fleurira peut-être à leur place. Que sera-t-il, ce Paris de demain ? M. Maurice Talmeyr, qui consacre aux « bouleversements de Paris » une chronique fine et documentée, dans la Revue des Deux Mondes, esquisse un plan colossal de la capital future, conformément au programme : ordre et hygiène, auquel la mode en ajoutera un autre en vue de la propagation des sports. Mais Paris obéira-t-il, à la lettre, au rêve de ses ré-édificateurs ? Tout change si vite !… Nos grands boulevards resteront-ils ce qu’ils sont, ou bien en sera-t-il d'eux et de leurs établissements ce qu'il en est actuellement des rues du Marais et de leurs hôtels princiers où venaient danser les rois, et où les reines donnaient des bals masqués. L'Arc de Triomphe lui-même, dans le flot des constructions nouvelles, n'aura-t-il pas pris la figure d'une autre porte Saint-Denis ?... Nul ne saurait le dire. Contentons-nous de penser que tout ce qui nous entoure changera, passera, comme nous changeons et comme nous passons... |
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