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La réunion annuelle de la Société de Psychothérapie, fondée par notre éminent ami le docteur Edgar Bérillon, a lieu aujourd'hui même, sous la présidence du docteur Charles Fiessinger, membre correspondant de l'Académie de Médecine. Toutes les questions que comporte l'ordre du jour sont relatives au freudisme, dont le procès fut déjà fait, il y a quelques mois, d'une façon magistrale et, en quel- que sorte, définitive, par notre ancien camarade de Faculté, le docteur Paul Hartenberg, qui est maintenant l'un des neurologistes les plus distingués de Paris. Avec l'autorité que lui confèrent sa répulation, son talent et ses travaux, Paul Hartenberg, au Congrès des Aliénistes qui se tenait à Besançon, en août dernier, est intervenu au cours de la discussion pour montrer à la fois l'absurdité et les dangers de la théorie édifiée par le médecin boche Freud, et qui compte de nombreux adeptes dans les pays de langue allemande, notamment en Suisse. Au lendemain du Congrès de Besançon, nous avons consacré, ci même, toute une chronique à cette théorie, baptisée la psychanalyse, mais plus souvent désignée sous le nom de Freudisme, du nom même de son inventeur, le Viennois Freud, et nous en avons alors indiqué les caractéristiques essentielles. Rappelons que, pour Freud, l'origine des actions humaines serait le désir sexuel. Tous les arts, littérature, poésie, musique, peinture, sculpture, etc., la plupart des institutions sociales, la conduite individuelle dériveraient de la sexualité. Freud insiste sur l'importance de la sexualité chez l'enfant même l'enfant à la mamelle ... Il nous faut, pour des raisons que on comprendra, nous tenir à une esquisse discrète de cette effarante théorie, dans un journal qui passe nécessairement entre toutes les mains. On ne saurait nier que le freudisme, infiltrant dans l'opinion publique, fut un agent d'obscénité et de démoralisation. Il n'est donc pas seulement absurde; il est dangereux au premier chef; il corrompt, sous prétexte de guérir; il obsède de funestes préoccupations sexuelles l'imagination des personnes que l'on initie aux pratiques de la psychanalyse. C'est ainsi en Amérique des jeunes filles ont un manuel pour trouver la signification sensuelle de leurs rêves. On crée ainsi des névrosés qui finissent par être en proie, littéralement, au délire érotique. On comprend, dans ces conditions, que le docteur Paul Hartenberg, se plaçant au point de vue français, ait déclaré combattre le freudisme parce qu'il le considère comme un danger national. Tous les journaux qui ont rendu compte des travaux du marès de Besançon ont signalé l'intervention énergique et décisive du distingué neurologistes, les erreurs urloogistes de tous les pays, les erreurs la nocivité du freudisme. Celui-ci ne saurait être combattu avec plus de vigueur, bien qu'il n'ait obtenu, jusqu'ici, que très peu de succès en France. Au contraire, il a suscité des adeptes nombreux et enthousiastes dans tous les pays germaniques en Allemagne, en Autriche, en Suisse et aussi en Angleterre et dans l'Amérique du Nord. On peut aire que, chez nous, l'hostilité a été à peu pres unanime, ainsi que l'a montré, cet près-midi, à la réunion de la Société de psychothérapie, le docteur Paul Fares, qui, dans une remarquable communication, s’est appliqué à indiquer les causes de toute répugnance de l'esprit français pour le freudisme; les docteurs Ch. Fiessinger, Brillon, Voivenel, Laumonier, d'autres encore, ont également pris part à la discussion et fait le procès d'une théorie sur laquelle son auteur a greffé une espèce de méthode thérapeutique, dont le résultat le plus clair est d'attirer fortement l'attention sur une question qui n'obsède déjà que trop l'imagination inquiète des adolescents.
PAUL MATHIEX.
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