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Le Populaire 19 septembre 1923 (art. page trois)


conflit italo grec

LE CONFLIT ITALO-GREC

M. Salandra tente de justifier l'attitude de l'Italie devant le Conseil de la SDN. Genève, 18 ‘septembre. — M. Salandra, représentant de l'Italie au Conseil de la Société des Nations, a exposé ce soir le point de vue de son gouvernement touchant la question de la compétence de la Société des Nations dans le conflit italo-grec.
Il a tenu à déclarer que les remarques qu'il allait faire n'ont désormais qu'un caractère historique, c'est-à-dire, se rapportaient à une période qui, d'un accord unanime, est considérée comme irrévocablement fermée. . -

Prise de gage
Répondant d'abord à la thèse soutenue par Branting, d’après laquelle l'occupation de Corfou serait contraire aux principes du pacte, M. Salandra a rappelé que, dès le premier jour de l’occupation, le gouvernement italien avait déclaré que cette occupation était faite à titre temporaire et uniquement en vue d’une prise de gage pour assurer les réparations qu'il avait demandées à la Grèce.

L'Italie n'a fait que suivre d'illustres exemples -
M. Salandra a engagé alors un débat juridique invoquant un grand nombre d’autorités en droit international pour démontrer que l'occupation d'un territoire, à titre de garantie, a toujours été admise et reconnue comme mesure pacifique. L'Angleterre et la France, a-t-il dit, y ont recouru plus fréquemment que les autres États. L'Italie, rentrée depuis peu dans l’histoire mondiale, n'a fait que suivre d'illustres exemples. Le pacte de la Société des Nations lui-même n'a pas défendu d'employer ce moyen pacifique de pression. Le pacte est une partie essentielle et intégrante du droit international, mais ne le comprend pas tout entier.

Le « premier degré » du représentant italien
Après s'être référé, en ce qui concerne la critique de Branting sur l'œuvre du Conseil à la réponse faite par lord Robert Cecil, M. Salandra répond au point de vue développé par le représentant britannique, sur l'interprétation des articles 10 à 17 du pacte. Il constate avec lui que le pacte a prévu une procédure en trois degrés : 1° discussion par voie diplomatique ; 2 recours à l'arbitrage ; 3° enquête du Conseil de la Société des Nations. M. Salandra a noté que le différend entre l'Italie et la Grèce s'est arrêté au premier degré et s'est heureusement dissipé dans ce même degré. La thèse du gouvernement italien a été que le Conseil dé la Société des Nations n'avait pas à procéder quant à.la demande de la Grèce, attendu que la Conférence des Ambassadeurs en avait déjà été saisie avec le consentement des deux parties, et il considère qu'il n'y a plus lieu de parler d'une question de compétence concernant un conflit qui a cessé d'exister. Le délégué italien termine en disant que si le délégué britannique désire que cette question de principe et que l'interprétation du pacte soient étudiés par des personnalités autorisées indépendamment de la solution de tous cas particuliers, il ne s'y opposera pas.

La réplique de Branting
Branting dit - les paroles éloquentes du distingué représentant italien ne l'ont pas convaincu. « Je maintiens tout à fait mon point de vue antérieur, dit Branting, qu'il y a une différence entre ce qui était permis avant le pacte et ce qui est permis maintenant que tous les États y ont adhéré. Il me semble aussi que l'opinion du monde aura quelque peine à comprendre que les représailles de l'Italie à l'égard de Corfou sont complètement innocentes et conformes à l'esprit du pacte, » Cette déclaration a produit une grosse impression, et lord Robert Cecil a déclaré qu'à la réflexion, il attachait à l'exposé de M. Salandra une très grande importance et qu'il allait la considérer de très près. Il a annoncé qu'il serait dans l'obligation d'y faire une nouvelle réponse dans la journée de jeudi. Le Conseil s'est ajourné à jeudi et on craint, en raison de certaines allusions de M. Salandra, relatives à l'action de certaines puissances et au parallélisme qu'il a tenté d'établir entre l'Italie et certaines autres, que le débat ne rebondisse et que la question ne soit pas aussi close que le délégué italien paraît le laisser croire dans son discours.