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Le Matin 21 juillet 1923 (art. page deux)


AzA Le Matin 02 Seznec 2

Seznec refuse de répondre au juge d'instruction

Il proteste à nouveau de son innocence

De notre envoyé spécial

Morlaix, 20 juillet, — Par téléphone. —

M. Campion, juge d'instruction, a interrogé cet après-midi Seznec. De cette comparution, le magistrat escomptait un résultats, son espoir fut déçu. Quand, à 14 heures, l'inculpé quitta la prison pour être amené au palais de justice entre deux gendarmes, les menottes aux mains, son air assuré disait assez quelle serait quelques minutes plus tard son attitude. Vêtu d'un complet marron, ayant un petit chapeau de velours drôlement campé sur la tête, Seznec franchit à grandes enjambées la distance qui sépare la maison d'arrêt du palais de justice et, les mains dans les poches du pantalon, pour cacher la chalne des menottes que les gendarmes compatissants avaient dissimulée sous le veston, il traversa sans paraître gêné une foule simplement curieuse qui stationnait, en attendant sa venue, sous les platanes de l’allée des Poanbet (lisez allée du Mal-de-Tête) où est situé le palais de justice.

À 14h 30, à l'issue d'une courte audience correctionnelle, où siégeait, faute de juges, M. Campion, Seznec était introduit dans le cabinet du magistrat instructeur.

Aucun de ses avocats n'était présent. Me Feillard s'étant désisté et Me Marcel Kahn, secrétaire de Me de Moro-Giafferri n'étant pas venu, le marchand de bois, sur l'invitation du juge, s'assit commodément sur une chaise et curieusement ses regards se promenèrent un moment autour de la pièce avant de se fixer un peu haut sur l'angle d'un mur. Aussitôt le juge commença à résumer pour Seznec les grandes lignes de l'affaire et la double inculpation qui en découlait : assassinat et faux en écritures privées. Ces mots ne semblèrent produire aucune impression sur Seznec.

Vous connaissez les faits, ajouta M. Campion, d'une façon générale, avez-vous une déclaration à faire quant à l'inculpation elle-même ?

Seznec sans se lever de sa chaise, prit un temps de, réflexion, puis résolument :

— « Monsieur le juge, à Paris, quand j'ai reçu la visite de mon avocat, M° de Moro-Giafferri, et de son secrétaire hier, à la prison, quand j'ai vu Me Feillard, on m'a dit de ne répondre à aucune des questions que vous me poseriez, tant que l’un de mes défenseurs ne serait pas présent. Me Feillard ne pouvant m'assister, Me de Moro-Giafferri n'étant pas là, je refuse de répondre. Il a d'ailleurs été convenu que l'on me choisirait un conseil parmi les membres du barreau de Morlaix. J'attendrai que ce conseil m'ait été donné. Néanmoins je tiens dès maintenant à protester contre le crime dont on m’accuse ». Et se départant brusquement de son ton resté calme jusque-là, Seznec, congestionné par la colère, avec une énergie qui faisait saigner les cicatrices des brûlures dont son visage est couvert, proclama son innocence. A aucun moment il ne prononça le nom de M. Quemeneur.

— Cependant, insista M. Campion, cette situation ne peut se prolonger. Un jour ou l'autre vous serez bien obligé de répondre ; nous ne pouvons attendre ainsi indéfiniment.

— J'attendrai tant qu'il le faudra.

Il n'y avait pas à insister. M. Campion renvoya l'interrogatoire à lundi. D'ici là, un avocat sera nommé. Ce sera probablement Me Le Hire, bâtonnier, les autres membres du Barreau de Morlaix se récusant, en raison des procès qu'ils ont plaidés ou qu'ils plaident actuellement au civil contre Seznec.

Quand le marchand de bois fut reconduit en prison, j'étais sur son chemin. Il me reconnut et, avec un sourire, en passant, il me dit : Parti pour un jour (sic).

Je crois pouvoir traduire : Je vais gagner vingt-quatre heures

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