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Le Cri de Marseille


coup dépingle carnets médicaux

COUPS D’ÉPINGLE

L’affaire des Carnets Médicaux


 «Tout et vite », a déclaré M. Maginot, ministre de la Guerre, lorsqu’il en a connu du scandale des carnets médicaux. Nous ne savons si c’est tout, mais quant à être vite…

Voici, en effet, plusieurs semaines que médecins et pharmaciens sont sous les verrous et personne n’indique à quelle date l’instruction sera close, où et quand passeront devant les tribunaux les accusés actuellement à la prison Have.

Or, si l’opinion publique fut satisfaite, lorsque M. Cavaillon, juge d’instruction, fit procéder aux différentes arrestations, elle montre maintenant une certaine inquiétude, l’opinion publique. Elle s’étonne que ce soit si long ! La colère qu’elle manifesta contre les délinquants semble vouloir, à la suite d’une prévention par trop longue, se transformer en sentiment de pitié sympathique…

• Est-ce à cela que l’on veut aboutir ? Préparerait-on ainsi un non-lieu général ?

Laissant de côté cette hypothèse qui apparaîtrait à beaucoup comme entachée de favoritisme, nous nous faisons l’écho de conversations que journellement nous entendons et gui nous paraissent refléter assez exactement l’opinion du plus grand nombre.

• Pourquoi, dit-on, s’obstiner à conserver en prison des accusés qui, s’ils sont reconnus coupables par le juge d’instruction, devraient être renvoyés devant le tribunal compétent

Et si la preuve de leur culpabilité n’est pas suffisamment établie, si les preuves probantes font défaut, pourquoi ne pas leur permettre la liberté provisoire ? Il n’y a, en somme, dans cette affaire qu’une question de gros sous. Les Cousin, les Isard, les Platon et autres toubibs qui sont sous les verrous ne sont pas des hommes dangereux pour la société…  Ce sont des défaillants, c’est entendu. Ce ne sont tout de même pas des apaches, qui risquent de vous estourbir, au tournant d’une rue... Quel danger y aurait-il donc à les mettre en liberté provisoire ?

On ne pense pas pourtant que le docteur Platon, adjoint au maire de Marseille — qui n’a pas encore démissionné de ses différents mandats électifs — aurait le culot d’aller remplir à l’Hôtel de Ville ses fonctions d'officier d’état-civil.

M. B.