Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


L'Écho de Paris


conférence des ambassadeurs 1923 11 20

Les ambassadeurs, réunis hier matin, se sont occupés de deux questions distinctes: 1° le retour du kronprinz en Allemagne et le retour possible du kaser; 2° la reprise du contrôle militaire interrompu depuis une année.
Sur le premier point, un fait nouveau est intervenu dimanche. Le chargé d'affaires allemand s'est rendu au ministère des affaires étrangères pour y corriger sa communication de jeudi. Il a déclaré que le kronprinz avait formellement abandonné tous ses droits à la couronne de Prusse, et à la couronne impériale d'Allemagne, le 1er décembre 1918. Il a ajouté que le cabinet de Berlin avait résolu de s'opposer, le cas échéant, à la rentrée de Guillaume II en territoire allemand. Voilà donc des complications dont nous sommes débarrassés, tout au moins pour le moment.
Le second point, comme on pouvait s'y attendre, s'est révélé beaucoup plus difficile. L'Angleterre, on le sait, a rejeté une première formule de compromis élaborée samedi et qui fut transmise à Londres au milieu de la nuit. Hier matin, son porte-parole a développé la thèse indiquée dans notre dernier article. Le cabinet de Londres admet qu'une injonction soit adressée au gouvernement de Berlin pour le mettre en demeure de reprendre le contrôle militaire dans la mesure de son autorité, le général Nollet et ses collègues de la commission militaire interalliée recevant mission d'apprécier la bonne ou la mauvaise volonté de l'Allemagne en chaque cas particulier. Mais les dirigeants de Downing Street se refusent à inscrire des sanctions, quelles qu'elles soient, dans pareille, injonction. Toutes sanctions interalliées, à leur jugement, ne sauraient qu'ajouter au désordre alle- mand. D'autre part, se réclamant et du Traité de Versailles et de l'engagement souscrit par le ministère de Paris en avril, 1920, ils dénient à la France le droit de procéder à la mise en vigueur de sanctions séparées.
Tel étant l'état des affaires, les délégués de la France, M. Jules Cambon en tête, ont été d'avis qu'un nouvel effort devait être fait pour prévenir la rupture. Le gouvernement français, en tout état de cause, n'a jamais médité d'appliquer, dans la conjoncture actuelle, de nouvelles sanctions militaires et territoriales. Les territoires actuellement oc- cupés, nous l'avons dit, se suffisent à eux-mêmes, à quelques changements près, et comme instrument de réparation et, s'il le faut, comme. instrument de sécurité. Quant aux sanctions économiques et financières, que nous eus- sions désiré faire appliquer par l'ensemble des Alliés, nous les prenons chaque jour, sans bruit ni tempête, en application de la politique du 11 janvier. Il va sans dire que nous eussions préféré réussir à persuader nos alliés : ainsi, leur assentiment eût été gagné à la politique de la Ruhr. Mais inutile de s'entêter dans un effort qui, loin de rapprocher les Alliés de l'œuvre que nous avons commencée, tendrait à les en éloigner encore.
C'est dans cet esprit qu'une nouvelle formule fut rédigée. Une injonction sera envoyée à Berlin. Le Reich sera sommé de reprendre le contrôle militaire à une date assez prochaine (probablement la fin du mois) dans les conditions expliquées plus haut. Dans le document aucune sanction ne sera mentionnée.
Il va de soi que, le cas échéant, le gouvernement français affirmera son droit de prendre toute mesure pouvant importer à la défense et à la protection de notre armée d'occupation et du régime que nous établissons en pays occupé, dans le cas où la faillite du contrôle militaire nous menacerait à un titre quelconque, que le gouvernement allemand soit pour quelque chose dans cette faillite ou qu'il n'y soit pour rien. En prenant de telles sauvegardes, la France n'aurait pas à invoquer telle ou telle clause du Traité. Elle ferait simplement usage du droit qui appartient à tout Etat souverain de veiller à sa propre sécurité. Il n'est point besoin que ce droit soit confirmé par quiconque.
Tel est le projet d'entente sur lequel le conseil des ministres français délibéra pendant près de deux heures, au début de l'après-midi, et auquel il finit par se rallier. Il nous laisse libre de travailler, en pays occupé, à la mise au point de notre système. Et s'il ne nous donne pas satisfaction quant au ralliement des Alliés autour de ce système, du moins ne nous enlève-t-il rien de ce que nous avons en main, ce qui est l'essentiel. Dimanche, nous avions recommandé une solution de cet ordre.
Le marquis de Crewe n'ayant pas reçu en temps utile les instructions nécessaires, la séance de la Conférence des ambassadeurs qui devait s'assembler dans la soirée a été renvoyée à cet après-midi. En attendant, l'ambassadeur de Grande-Bretagne a conféré avec M. J. Cambon qui lui a fait part de la décision du conseil des ministres. Il est probable que Londres ne nous contestera pas le droit que nous revendiquons, se réservant toutefois d'apprécier l'emploi que nous en ferons. Ainsi un conflit assez sérieux aura-t-il été évité. La morale de toute l'affaire, c'est que nous devons précipiter l'organisation de la Ruhr. Hormis cela, tout est vain.


PERTINAX.

Londres, 19 novembre. L'Agence Reuter croit savoir que la nouvelle de l'accord intervenu entre les Alliés sur la question de la reprise du contrôle militaire inter- allié en Allemagne, a causé à Londres unc satisfaction d'autant plus grande que l'on ne s'attendait guère à un accord. Le sentiment général était que les divergences d'opinion étaient en quelque sorte trop grandes pour être conciliées, et l'ajournement de la Conférence était probable. Les détails relatifs à la Conférence manquent, mais l'on pense que les Alliés vont maintenant pouvoir adresser une note commune au gouvernement allemand touchant la reprise du contrôle militaire et qu'ils ne feront rien avant d'avoir reçu la réponse allemande. Dans le cas où la réponse ne serait pas satisfaisante, les Alliés, une fois de plus, discuteront la question des mesures devenues nécessaires pour faire face à la situation; il paraît que la crise n'a été qu'ajournée. Enfin, on estime que, dans l'entre-temps, la tension des esprits aura diminué et que l'accord actuel pourra être suivi d'un accord plus définitif. (Havas.)

LA C. D. R. ENTENDRA VENDREDI LES DELEGUES ALLEMANDS
Comme suite à la décision du mardi 13 novembre 1923, les représentants du gouvernement allemand seront entendus par la Commission des réparations le vendredi 23 novembre, à 10 h. 15. ARA