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LES SEMAINES SE SUIVENT...
C'était hier l'ouverture de la chasse aux nuages. Les « Semaines » se suivent et ne se ressemblent pas. Après celle du poisson, voilà maintenant que vient de s'ouvrir celle des nuages. Notre attention a été attirée sur les profondeurs marines. Il nous faut maintenant contempler les sphères célestes. Jamais l'opérette Là-haut n'avait pensé qu'elle aurait eu, un jour, un caractère de si brûlante actualité. Depuis hier, c'en est fait. Il ne faut plus, désormais, s'étonner de trouver aux gens un air singulier tout le monde est dans les nuages. Mais tout cela vous semble peut-être, comme il convient d'ailleurs, assez nébuleux ? Aussi bien je m'empresse de vous transmettre les explications de l'Office national météorologique qui organise cette « Semaine ». li ne faut pas méconnaître, en effet, l'intérêt théorique et pratique que présente une étude des nuages. Il est fondamental. Etudier les nuages, c'est chercher à les prévoir. Les prévoir, c'est prévoir le temps. Prévoir le temps, c'est savoir qui de la canne ou du parapluie l'on choisira et c'est aussi rendre service aux navigateurs de l'air. Pour faire progresser cette étude, il est, d'après les savants météorologues, indispensable d'appliquer une méthode synoptique, c'est-à-dire de déterminer « quel est l'aspect du ciel à un même instant sur une immense étendue, comme par exemple, celle de l'Europe ». Or, pour décrire fidèlement l'aspect du ciel, on n'a encore trouvé rien de mieux que l'emploi de l'objectif photographique. Les météorologistes des diverses nations ont donc décidé de photographier le ciel plusieurs fois par jour pendant toute une semaine celle de l'équinoxe, qui est la plus favorable à une semblable entreprise. En France, l'Office a fait appel à tous les photographes amateurs on professionnels. Tous ces documents seront rassemblés à Paris, rue de l'Université. Des prix, variant de 100 à 500 francs, seront attribués aux meilleurs envois. A ces documents seront joints ceux qui auront été recueillis dans les divers offices étrangers. On prévoit que le dépouillement durera tout l'hiver. Donc, hier matin, en ce premier jour d'automne où le soleil frileux souriait à l'été défunt, en ce premier jour d'automne venu sans qu'on s'en aperçoive, la chasse aux nuages s'est ouverte. Elle se fit peut-être moins remarquer que l'ouverture de la chasse au gibier. Qu'importe ! A l'Office national météorologique, on se déclarait, hier, satisfait de la « mise en train ». On y espère que cette vaste «prise de vues », qui permettra la composition d'une géante carte du ciel, sera fertile en découvertes. Soit. Saluons donc la nouvelle « Semaine » qui vient de s'ouvrir. Saluons-la même comme une innovation. On y fera beaucoup de « pose », mais pas de discours.
Mn.
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