| Paris-Midi 18 juillet 1923 (art. page deux) |
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LES REVUES Dans les Marges, M. François Fosca examine le « bilan du cubisme » d’après l’un des panégyristes de cette mode, M. Lhôte : «Les moyens que M. Lhôte loue le cubisme d’avoir apportés, sont-ils neufs, doit-on les inscrire à son actif?» En premier lieu, la composition sans trous ni perspective trompe l'œil ne paraît pas particulière au cubisme. Qu'elle ait été négligée par l'impressionnisme, qui faisait prédominer l'étude de l'atmosphère, de ce qu’on appelait jadis la perspective aérienne, d’accord; mais elle fut toujours, jusqu'à Corot, Manet et Monet, la composition familière à toute la peinture classique depuis Giotto, Courbet et Puvis compris. Abandonnée par l’impressionnisme, à la suite de l'importance donnée au «plein-air», elle fut remise en honneur par Cézanne, et, à sa suite, par des artistes qui se sont nullement cubistes, tels que Gauguin, Charles Guérin, Maurice Denis, Roussel, Friesz, Matisse même, et bien d'autres. Car, il faut le noter au passage, ceci est une des affirmations les plus spécieuses des partisans du cubisme. A les entendre, il n'y aurait eu personne, Cézanne excepté, entre l'impressionnisme et le cubisme, entre Monet et Picasso. Sans transition aucune, le Guitariste de Picasso serait venu contredire les Nénuphars de Monet. Le saut paraît tout de même un peu brusque. |
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