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TOUJOURS LES PUPILLES DE LA NATION La Propreté fait décidément Défaut au Sanatorium des Marmousets
Voici les vacances scolaires qui s'achèvent. Les petits Parisiens envoyés en colonies à la mer ou à la campagne par des œuvres charitables commencent à regagner la capitale et les parents vont pouvoir constater les bienfaits de ce séjour au grand air. Mais a-t-on, cette année, donné aux enfants tous les soins nécessaires et la surveillance qui devrait s'exercer très active autour de ces jeunes êtres, ne s'est-elle pas relâchée dans des conditions vraiment pénibles, en certains camps de vacances? Il y a quelques semaines la Presse s'est fait l'écho des plaintes de parents indignés qui avaient constaté que leurs enfants, confiés aux soins d'une œuvre de vacances, vivaient dans une étable, sans coins, et dans un état de promiscuité navrant. Le fait qui nous était signalé presentait un caractère d'autant plus odieux qu'il s'agissait de pupilles de la nation. On a dit que les anciens combattants avaient des droits sur nous. Que dire des devoirs qui nous incombent vis-à-vis de ces enfants dont les pères sont tombés au champ d'honneur. Le fameux camp des Sables d'Olonne C'est au campement des pupilles de la nation, aux Sables-d'Olonne, que le scandale que nous avons relate avait éclaté. On se rappelle que les enfants envoyés sur cette plage, au sanatorium des Marmousets, étaient abandonnés sans hygiène dans des locaux infects. M. Dubreuil, directeur de l'établissement, nous a écrit, à la suite de cet article: « dans l'intention, dit-il, de mettre cette affaire au point. » D'après lui, les faits avaient été quelque peu exagérés, et si les enfants avaient été logés dans une ancienne ferme, c'était pour les éloigner provisoirement de certains de leurs camarades souffrant d'une angine. Hélas! des révélations nouvelles qu'apporte M. Jean Varenne, conseiller municipal, et président de la section des pupilles de la nation du 18e arrondissement, viennent confirmer ce que nous avons déjà publié, et la plainte, déposée au Procureur de la République devra suivre son cours. D'après de récents témoignages, les enfants étaient mal couchés et devaient partager à deux un petit lit sommaire. La malpropreté régnait dans les dortoirs, les salles et sur les enfants que couvrait la vermine. Si une épidémie s'est déclarée, c'est certainement à la suite des conditions lamentables d'hygiène et du manque des précautions les plus élémentaires. L'enquête se poursuivra A l'Office départemental de la Seine, ces constatations ont soulevé, comme on le conçoit, une vive émotion. On nous a fa remarquer ce matin que des faits semblables étaient heureusement isolés et uniques, et qu'il serait injuste de généraliser. Des camps de vacances où les pupilles de la nation ont été envoyés, les meilleures nouvelles sont parvenues et les enfants reviennent enchantés de leur séjour; leur bonne mine atteste les bienfaits du grand air et les soins dont ils furent entourés. L'Office départemental est entièrement d'accord avec le public pour dénoncer et poursuivre les responsables de scandales tels que ceux du sanatorium des Marmousets.
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