Nouvelles des ports

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Rafiots et compagnies

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Nouvelles des escales

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A 21 Floréal PAGE 09 NEUF Haiti 1.jpeg 1

Au sud, la mer des Antilles la berce de sa mélopée ou la trouble de ses colères; au nord, les houles de l'Atlantique l'assourdissent de leurs sonores rumeurs.
Parce qu'à l'entrée du golfe du Mexique, les courants du Gulf-Stream la réchauffent pendant les mois qu'il est convenu là-bas de qualifier d'hiver.
Quarante-quatre rivières arrosent ses plaines très fécondes, larges et belles et, comme du nord-ouest au sud-est la sillonnent quatorze chaînes de montagnes à la verdure éternelle et dont les sommets bien boisés atteignent 2.470, 2.950 et même 3.000 mètres d'altitude, les vents alizés par quatorze canaux, de leurs souffles sains et frais, empêchent le lourd soleil de torpeur des tropiques d'être trop pesant; à l'aube grise des matins et au crépuscule sanglant des soirs, sur les êtres et les choses passe la brise de terre ou de mer, si douce et caresseuse, purificatrice des miasmes, apaisante des inquiétudes du jour.
Parce que les plaines sont vastes d'avril à septembre, les pluies sont torrentielles et fréquentes, parce que les ciels souvent sont d'une élyséenne pureté et que les nuits égalent presque toujours les jours en durée, climats et cultures se diversifient étonnamment. 30° de chaleur en août, 21° en décembre dans les villes, et dans les montagnes, 20° en en été et 12° en hiver c'est une moyenne constante.

Et se rencontrent des espèces végétales qui prospèrent en France, au Sénégal, en Arabie, etc. légumes, céréales, arachides, canne à sucre, ananas, café, cerises, maïs, riz, manioc, etc.; plantes médicinales, textiles, oléagineuses, tinctoriales; arbres fruitiers: manguiers, avocatiers, (beurre végétal), bananiers, arbres-à-pain, caïmitiers, orangers, bois de construction, d'ébénisterie: bois des îles, ébène, gers, sapotilliers, cocotiers, tamariniers, abricotiers, etc; bois de fer, gaïac, bois de satin, acajou, bois de rose, chêne; et des fleurs jasmins, roses, belles-mexicaines, flamboyants, bégonias, baume, belles-de-nuit, cannas, verveine, frangipane, etc.Haiti est toujours à ce point de vue celle que les Caraibes appelaient: La Fleur des hauts pays et Christophe Colomb, Espanola la Merveilleuse.

Un massif central calcaire de formation secondaire, le Cibao, s'étend, selon un enseignement autorisé de la presqu'ile de Samana (1), au sud-est, à la chaîne des montagnes haïtiennes du Gros-Morne, au nord-ouest. Pénétrés par la chaleur des éléments volcaniques, ces calcaires se modifièrent profondément. Les argiles schisteuses devinrent des roches dures semblables au jaspe, les sables du quartz et du quartz veiné de filons d'or près des coulées volcaniques.
Autour du Cibao se disposèrent des sédiments tertiaires et entre les conglomérats stratifiés des couches de lignite (plaine Centrale, Maïssade, Camp-Perrin, dans le Sud). Un dépôt de grès jaune d'origine marine donna un marbre apprécié.
Grâce à de nouvelles couches calcaires, des marnes riches, friables se formèrent au pied des collines, au Bel-Air de Port-au-Prince, par exemple, d'où ces roches et notre tuf, si adéquats aux constructions tropicales. La chaux se fabrique ainsi aisément.
Des éruptions volcaniques bouleversèrent certaines régions du pays où l'on trouve du porphyre et de l'asphalte. Des sources thermales, minérales, ferrugineuses jaillirent du sol qui furent exploitées au temps jadis sources de la Montagne Noire ou de Pétionville, sources de Port-à-Piment, Sources Puantes du Cul-de-Sac, etc.
Les Américains s'apprêtent à prospecter avidement le sous-sol haïtien, car à Hinche, Jacmel, Miragoâne, des puits de pétrole s'y recèlent comme ailleurs l'argent, le zinc, le plomb, les sels gemmes, le soufre et les carrières de cinabre. Ils se souviennent de combien d'or les Espagnols au seizième siècle chargèrent leurs galions et qu'à des Expositions universelles, aux regards curieux nous offrimes des échantillons de cuivre, de charbon de terre, de platine, de minerai de fer, d'ocre rouge, etc... Toutes richesses très peu exploitées d'ailleurs.
Le climat est si doux, la terre si prodigue avec ses deux récoltes annuelles, la mer si abondante en poissons d'une pêche facile, la faune si riche quarante espèces d'oiseaux, ortolan, pintade, cardinal, ramier, colibri, caille, pluvier, flamant rose, etc.; ni serpents venimeux, ni bêtes fauves, tout au plus des sangliers. des chèvres et des bœufs sauvages, des arbres si chargés de fruits juteux et à portée de la main, le soleil pesant de midi à trois heures, mais l'air si léger à six heures du soir, que tout conspirait à détourner les Haïtiens des amples efforts, des entreprises de longue durée, des travaux de longue haleine, tout s'unissait pour faire du pays une vaste abbaye de Thélème de 28.900 kilo- mètres carrés, sans compter que les esclaves d'hier, indépendants le 1er janvier 1804, devaient naturellement s'imaginer que la liberté, c'était d'abord le droit de ne rien faire. Mais les temps nouveaux sont venus.
Car les 2.500.000 âmes qui peuplent l'île en 1923 et qui vont de l'ébène sombre à la neige quasi-immaculée en passant par l'or rutilant, descendent des 40.000 blancs, des 40.000 mulâtres ou affranchis et des 500.000 esclaves que la colonie française de Saint-Domingue comptait en 1789. Cette particularité explique bien des choses.

Sur cette terre américaine, en ce dix-huitième siècle despotique, élégant, sensible et cruel, se juxtaposaient donc trois castes dont les deux premières possédaient la dernière, la noire, au même titre que des carreaux ou des hectares de terre, des mules ou des chevaux.
Les blancs de 1492, les Espagnols, avaient exterminé le million d'aborigènes, les doux Caraïbes d'Ahiti (Quisqueya, la Mère des Terres (Bohio la grande terre montagneuse), puis pour les remplacer y avaient importé de toutes les zones de l'immense Afrique des milliers de noirs.
Ils disparaissaient à leur tour de la partie occidentale de Saint-Domingue puisque, plus forts qu'eux, les flibustiers et les boucaniers français y avaient arboré en 1625 le drapeau fleurdelysé, à l'ile de la Tortue. La domination française s'étendit sur les côtes d'abord, en surface, car si l'île entière mesure 77.250 kilomètres carrés elle compte trois mille (3.000) kilomètres de tour, et si en 1923, la seule République haïtienne ouvre douze (12) ports au commerce étranger, anses, débarcadères, baies vraiment fourmillent -d'où le développement du cabotage et de la navigation à voiles.
En 1665, le bon angevin Bertrand d'Ogeron, tâche à transformer en « habitants » les deux à trois mille pirates et chasseurs de bœufs sauvages de 1625, et à leur intention importe dans la colonie quelques dizaines de Manon Lescaut avant la lettre.
La pénétration française s'orienta résolument vers l'intérieur. Le traité de Ryswick de 1697 légitime le fait accompli; l'Espagne se résigna à ne plus posséder que l'Audience de l'Est, l'actuelle Dominicanie, et la souveraineté des Bourbons sur l'île magnifique de soleil et d'éternelle verdure, bientôt en pleine floraison, parut revêtir un caractère d'éternité.
Mais blancs et noirs avaient mis au monde une espèce nouvelle d'hommes, les mulâtres. Mulâtres affranchis parfois le jour même de leur naissance. esclaves libérés par leur épargne, la vanité ou la bonté de leurs maîtres constituèrent un ordre social bien délimité, la classe des affranchis qui s'enrichirent, étudièrent tant bien que mal sur place, envoyèrent leurs fils dans les écoles métropolitaines et se distinguèrent dans la maréchaussée royale.
Des idées nouvelles secouaient la mère-patrie jusque dans ses profondeurs et par delà l'Atlantique avaient retenti à travers Saint-Domingue. 1789 éclata et les trois castes coloniales en pure juxtaposition sociale s'agitèrent pour atteindre à des buts différents.
Les grands blancs, les grands planteurs tentèrent une Sécession; les petits blancs, les blancs-manants tendirent à fraterniser avec eux; les affranchis exigèrent l'égalité civile et politique, et les esclaves la liberté, la torche d'incendie à la main.

Un drame se déroula de 1789 à 1804, où la bête humaine, blanche et noire, se déchaîna et où passèrent des frissons d'épopée.
Luttes fameuses où le beau sang de France et le sang lourd d'Afrique coulèrent à flots, où le capitaine-général Donatien de Rochambeau, futur maréchal de Napoléon Ier et l'ancien esclave à la destinée de légende, Dessalines-le-Grand, général de division aux armées consulaires et futur empereur, s'égalèrent en bravoure et en cruautés, en luxure de destruction et en ténacité, en volupté de tortures et en énergie, luttes fameuses où, en proie à une hystérie mystique puisque, croyaient-ils, les vieux dieux d'Afrique eux-mêmes les guidaient au combat, noirs et mulâtres, soldats de Christophe et de Gabart, affranchis de Pétion et de Geffrard, tombaient avec allégresse puisqu'ils allaient renaitre là-bas, au pays des ancêtres, renaître et revivre la libre vie primitive, sous le soleil munificent et dans les forêts millénaires, luttes fameuses où, pour la première fois, 35.000 des légionnaires splendides de Jemmapes et d'Arcole de Marengo et d'Egypte connurent les affres des capitulations.
Saint-Domingue-Haïti trembla d'avoir vu la fuite des géants, des géants de l'An II qui avaient reçu mission d'y rétablir l'esclavage.
Le 1er janvier 1804, donc, nous voilà indépendants et libres, mais maîtres d'une terre où les mains noires et les mains blanches avaient partout promené l'incendie, où ruines et décombres s'accumulaient, maîtres d'une terre qu'entouraient de toutes parts, méfiantes et nettement hostiles, les bastilles esclavagistes espagnoles, anglaises, françaises, maîtres d'une terre enfin située à quelques jours de ces Etats-Unis de l'Amérique du Nord où des millions de noirs ne seront libérés qu'en 1863 ou 1865.
La tâche qui s'imposait était énorme. Il fallait organiser le nouvel Etat, instruire les parfaits illettrés qu'étaient presque totalement les héros d'hier, leur enlever la foi aux vieux cultes millénaires. d'Afrique, leur redonner le goût du travail, d'une patrie faire une nation.
Dès les débuts, le roi Christophe et le président Pétion comprirent le problème, l'un à la manière de Pierre-le-Grand, l'autre comme un disciple de Jean-Jacques Rousseau, qui aurait été, en 1802, colonel d'artillerie dans l'armée consulaire. L'œuvre s'entreprit et se poursuivit aussi avec courage et ténacité, malgré des inexpériences, des régressions et des chutes d'ailleurs inévitables. En 1822, Jean-Pierre Boyer (1818-1843) réalisa l'unité territoriale de l’île (Haïti et Dominicanie), qui, en 1825, prenait rang de nation, puisque l'ancienne métropole elle-même reconnaissait son indépendance. Dès 1816, Bolivar avait affranchi les esclaves du Vénézuela parce que le président Pétion en avait fait la condition sine qua non de son aide puissante et efficace. En 1822, Boyer libérait les esclaves dominicains En 1842, il s'agira même de le porter à opérer un débarquement à Cuba, colonie espagnole, pour y abolir l'esclavage et nous l'annexer.
Nous étions vraiment les fils aînés de la race noire, et pour la réhabiliter, il ne fallait que donner à la nation haïtienne figure d'Etat paisible, laborieux, sachant garder sa dignité.
Beaux rêves qui faillirent devenir des réalités! Nos destins d'épopée se révélèrent fragiles et le sens des buts à atteindre parut se perdre.
Vers 1860, notre Deuxième République, avec Fabre Geffrard (1858-1867), se remit au travail, reprit la marche à l'étoile, la marche au progrès moral, matériel, intellectuel et le pays connut des heures très douces, très belles très réconfortantes que devaient suivre des heures angoissantes et sombres puisque déjà nous étions marqués de « bovarysme» et de cosmopolitisme et que l'esprit révolutionnaire et jouisseur semblait ne plus pouvoir être exorcisé. Tandis que des bouffons s'acharnaient stupidement à gâcher la chose publique et que paradaient « les multitudes

de néant », le paysan et sa femme, très hospitaliers, très sobres, très obligeants, peinaient dans les champs féconds et ne dansaient nullement à la longueur de journée le vaudou et la martinique, ces shimmys exaspérés, de braves gens continuaient de travailler du cerveau, de se replier sur eux-mêmes, de méditer, d'affronter l'étude des plus graves problèmes, des plus grandes questions et de constituer pour ainsi dire un réservoir d'énergies.
Et ainsi à chaque fois que le pays se trouvait en mauvaise posture, des hommes se révélaient qui, tant bien que mal, souvent même avec infiniment de bonheur, le tiraient d'embarras, achevaient son unité politique, administrative, judiciaire, lui constituaient une armature militaire, imparfaite et critiquable, certes, que les baïonnettes de Mr. Woodrow Wilson brisèrent fort sottement en 1915, pour essayer ensuite de la reforger à leur profit avec une maladresse et un insuccès vraiment lamentables.
Quand la vie politique existe, mais en trop peu, par despotismes inintelligents et insupportables, les habitants du pays, dans l'impossibilité de dire leur mot, de crier casse-cou à ceux qui s'imaginent être les seuls capables de les conduire, en arrivent à ne plus comprendre le sentiment de patrie. Quand la vie politique existe, mais en trop. par révolutions à jets continus et bouleversements économiques déréglés, des tourbillons s'élèvent, toute fixité sociale disparaît et les esprits ne sachant à quoi s'accrocher, sombrent dans l'indifférence. Et c'est la classe des « émigrés à l'intérieur » qui se constitue, s'accroît, augmente en proportions redoutables.
On le vit bien quand, dans la nuit du 28 juillet 1915, débarquèrent inopinément sur nos côtes les Marines de M. Wilson qui traînaient à leur suite cela devint vite incontestable - l'anarchie, la violence, la désolation et la misère, mais nous apportaient un bienfait, celui de provoquer une reviviscence de l'idée de Patrie, de nous forcer à comprendre combien et comment nous avions péché envers le pays et envers la race, et combien nos hérédités gallo-noires, nos affinités afro-latines, notre culture française se trouvaient à l'opposé du fruste pragmatisme, du rude néo-saxonisme nord-américain dédaigneux des nuances, ignorants de la finesse et persuadés que toute civilisation est d'abord matérielle.
Parce que, de 1625 à 1803, avait flotté dans la grande île du Centre-Amérique le drapeau fleurdelysé puis le drapeau tricolore, parce que de 1804 à cette heure, notre langue officielle et littéraire est le français, parce que notre archeveché et nos cinq évêchés sont desservis par 200 prêtres français, parce que dans nos 1.000 écoles supérieures, secondaires, professionnelles et primaires se rencontrent universitaires français, Pères du Saint-Esprit, Religieuses de Saint-Joseph-de-Cluny, Frères de l'Instruction chrétienne, Filles de la Sagesse, Filles belges de Marie, que dans nos hôpitaux se dévouent des Filles de la Sagesse et que nos 100.000 étudiants et écoliers ont appris que Paris est la Mecque du monde, parce que le sang des deux races s'est souvent et heureusement uni, il s'avère que contre l'intelligence latine ne prévaudront pas les Marines yankees, et que seule son influence restera chez nous souveraine si la France n'oublie plus son Dominion intellectuel antillien.
Et d'ailleurs nous travaillons presque remarquablement. En 1918-1919, nos exportations valaient 21.403.668 dollars (cafés, coton, campêche, sucre, acajou, maïs, cacao, gaiac, etc., etc); en 1919-1920, nos importations se chiffraient à 27.398.411 dollars (vins de France, articles de Paris, livres, machines, instruments aratoires, tissus, huiles, comestibles, etc.). Après les câbles sous-marins (1887), les télégraphes terrestres et le téléphone (1893), les tramways et les chemins de fer (1901), l'automobile s'introduisait au pays ainsi que l'électricité (1911). A côté de vastes Centrales, de grandes sucreries, s'installaient et prospéraient, des industries à capital plus restreint : distilleries (rhum, tafla, clairin, liqueurs), glacières, tanneries, cordonneries, scieries mécaniques, ébénisteries, poteries, briqueteries, etc., fabriques de cigares et cigarettes, d'allumettes, de Kola-Champagne, de confitures, etc.; des ateliers pour la confection des cordes, des ouvrages en latanier, des usines pour la décortication du café, la préparation du chocolat, de l'amidon, des bougies, des huiles de ricin et de coton, des chapelleries, des orfèvreries, etc. L'apiculture florissait rapidement.
De nouveaux cinémas-théâtres, dès 1914, s'édifiaient à Port-au-Prince la capitale (150.000 habitants et 7 kilomètres carrés de superficie) aux Cayes, au Cap-Haïtien, aux Gonaïves, etc., villes aux rues proprettes et larges, cimentées ou macadamisées, où des journaux et des revues paraissent régulièrement et rédigés en une bonne langue, où des bibliothèques et des librairies fournissent vingt jours après leur apparition, revues, journaux et romans français à succès, etc.
Toute une littérature variée, fraîche, pittoresque d'haitianité s'épanouit là-bas en sa « création continue »  et tente enfin, avec bien des chances, d'entrer dans la littérature française. La meilleure preuve que si la France le veut bien, son influence ne disparaîtra jamais de ce bon terreau de culture latine, c'est que les bataillons et les étranges civilisateurs que, depuis 1915, nous délèguent M. Wilson, M. Harding et M. Calvin Coolidge, n'ont pu forcer personne à apprendre l'anglais ou plus exactement l'américain. Au contraire, les officiers du corps d'occupation durent se payer des précepteurs pour s'initier aux beautés incomparables de la langue de Racine, tandis que les vulgaires fusiliers se créaient des relations parmi la plèbe pour... apprendre le créole.
Quand M. Wilson se fut enfin rangé aux côtés des alliés, il expédia en Europe la majeure partie des hommes du Navy et du Marine Corps qui avaient fait la campagne d'Haïti et l'histoire rapporte que beaucoup d'entre eux se tirèrent d'affaires à Bordeaux ou au Havre en baragouinant tant bien que mal notre doux dialecte. Aussi un officier américain publia-t-il dernièrement un manuel de conversations créoles, sans doute par reconnaissance...
On résiste comme on peut. Aussi les familles haïtiennes exigent-elles maintenant que leurs domestiques parlent français dans l'accomplissement de leur tâche!
M. Raymond Poincaré aurait bien dû doubler les 60.000 francs de subvention annuelle que son gouvernement accorde aux œuvres françaises d'Haïti. Jamais capital doublé n'aurait été mieux placé.
Par l'odieuse convention américano-haïtienne de 1915, l'Etat haïtien est devenu mi-souverain, mais la nation. haïtienne continue, intacte.
Je garde donc, intacte, la foi en l'avenir d'une Haïti intégrale, gallo-noire, laborieuse, paisible, instruite et respectée.

LOUIS MORPEAU.