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femme sans tête 1

UN CRIME HORRIBLE PRÈS DE MELUN
ON RETIRE DE LA SEINE UN CADAVRE DE FEMME SANS TÊTE NI JAMBES

Les funèbres débris étaient ficelés dans une toile de store et lestés à l'aide d'un tambour de frein d'automobile; La victime de ce drame effroyable, qui paraît remonter à quatre semaines environ, était enceinte de cinq mois
Dans l'après-midi de dimanche, M. Charles Merle, jardinier d'une soixantaine d'années, au service de M. Boutillier, Bois-le-Roi, faisait une promenade en canot sur la Seine, aux environs de Livry, à la hauteur du parc du château qui appartient au duc de Trévise, à cinq kilomètres en amont de Melun. Comme il se trouvait aux alentours de la baignade de la Feuilleraie, il aperçut, flottant sur les eaux, parmi les joncs qui émergent du fleuve, un objet assez volumineux qui lui parut être un sac ficelé. Il tenta de déplacer le paquet au moyen d'une rame, mais une résistance inattendue annihilait ses efforts, l'objet semblant être retenu au fond du fleuve.
Revenu chez lui, il fit part, le lendemain matin, de sa découverte à son patron, M. Boutillier, qui lui conseilla de prévenir, par lettre, le procureur de la République de Melun. Cette lettre parvint hier matin. Dès sa réception, M. Nourissat, procureur, se rendait en auto sur les lieux qui lui avaient été indiqués. Il était accompagné de MM. Demay, juge d'instruction; Jodelet, substitut; du docteur Malvy, médecin légiste et du capitaine de gendarmerie Adam.

La funèbre trouvaille

Le brigadier Foucher et le gendarme Martin allèrent en barque vers l'endroit où se trouvait le paquet, à une dizaine de mètres de la berge, vers la rive opposée, à proximité de la propriété de M. Javal. Le colis fut retiré de l'eau avec, d'assez grandes difficultés, car il y était retenu par une corde analogue à celles dont on se sert pour les échafaudages, au bout de laquelle était attachée une lourde pièce métallique. On se rendit compte, après l'avoir débarrassée de la vase qui la recouvrait, qu'il s'agissait d'un tambour de frein d'automobile, dans la gorge duquel étaient encore la plupart des billes de roulement, et pesant dix-huit kilos.

Premières constatations

Amené sur la rive, le paquet fut déficelé, puis ouvert. Une toile de store, à larges raies brunes et blanches, enveloppait un corps de femme, auquel manquaient la tête et les jambes. Des vêtements entouraient le cadavre: un jupon, un corset, une, camisole à dentelles et une chemise. Par suite d'un séjour assez prolongé dans l'eau, ces vêtements ne présentaient, au premier examen, aucune particularité notable. On ne releva sur eux aucune marque.
Au cours de leur première enquête, les magistrats se rendirent compte que, par suite du poids qui le lestait, le cadavre n'avait pas dû être entraîné par le courant très loin de son point d'immersion. L'hypothèse suivant laquelle le corps aurait pu être jeté du haut d'un pont ne pouvait être envisagée, Melun se trouvant en aval et le seul pont en amont étant celui des Chartrettes, distant de plusieurs kilomètres. On supposa donc que le macabre colis avait dû être amené, de nuit, sur le chemin qui borde la rive et, de là, transporté en bateau vers le milieu du fleuve, ou bien qu'il avait été amené en bateau à l'endroit où il fut découvert.

L'autopsie

Après ces premières constatations, le corps fut mis en bière dans l'après-midi et transporté à la morgue du cimetière Nord de Melun, où le docteur Malvy procéda à l'autopsie vers cinq heures. Le praticien constata que la section du cou, pratiquée au niveau des vertèbres cervicales, et celles des jambes, au ras du tronc, avaient été faites par une main exercée et au moyen d'instruments fort tranchants. La coupe des os était d'une netteté parfaite.
L'examen des restes de la victime lui permit de déduire qu'il s'agissait d'une femme de vingt à trente ans, assez forte et probablement blonde ou châtain clair. Il fit, d'autre part, une constatation, fort intéressante: cette femme était enceinte de cinq mois au moment de sa mort. El l'immersion du cadavre pouvait être fixée. à trois ou quatre semaines..
Le docteur Malvy déposera aujourd'hui son rapport au parquet. M. Demay, juge d'instruction poursuivra d'autre part son enquête en examinant minutieusement les objets qui accompagnaient le cadavre.