| L'Écho de Paris |
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LAWN TENNIS Une des conséquences les plus remarquables du développement du jeu et de la vogue extraordinaire que connaît le tennis dans les cinq parties du monde, c'est le fait que, du 1er janvier au 31 décembre, il y a toujours quelque part sous le soleil de fervents amateurs qui se disputent prix, coupes, lauriers et réputation dans des tournois qui attirent des engagements de plus en plus nombreux. En Europe et en Amérique (sauf sans doute en Californie), la saison sur courts découverts dure cinq ou six mois, et, à la fin de l'automne, ceux qui renoncent au jeu sur bois serrent balles et raquettes jusqu'au printemps prochain. Il n'en est pas de même pour ceux qui peuvent aller passer quelque temps sur a Côte d'Azur ou qui ont les loisirs d'y faire une saison, car, pendant tout l'hiver et une grande partie du printemps, la Côte d'Azur devient le centre le plus important et le plus réputé de l'activité tennistique; à vrai dire, il n'est pas « d'étoile » ou de champion quelque peu célèbre qui ne soit attiré, à cette époque, par le désir d'essayer sa chance dans ces clubs déjà fameux le Beau-Site, le Gallia, le Métropole de Cannes, le Nice-Tennis-Club, le Tennis-Club de Menton et le Tennis-Club de la Festa à Monte-Carlo. La Côte d'Azur est, depuis très longtemps déjà, le rendez-vous hivernal de tous les fervents du jeu et, avant la guerre, Alexander, Brookes, Wilding, Decugis et les illustres frères Doberty s'y rencontrèrent plusieurs fois en des matches âprement disputés. Alain Gerbault et Suzanne Lenglen Il est inutile d'insister sur la qualité du tennis qu'on joue sur la Côte d'Azur, quand on a pu s'habituer à la lumière très crue, qui est extrêmement gênante dans les premiers jours. Les professionnels de valeur y abondent Perci Pleming, Barke, le major Randall, qui battrait bien des amateurs, et le comte Souma- rakhoff, pour parler seulement de ceux qui y sont à demeure, se chargent de donner la réplique aux meilleurs. Les joueurs français sont peu nombreux sur la Côte d'Azur, il serait trop long d'énumérer ce qui les en éloignent, ceux qui y firent quelques apparitions ces dernières années y séjournèrent peu de temps. Cochet Borota jouèrent à Cannes et à Nice en 1922, mais ils n'eurent pas le temps de s'habituer à la lumière et ne donnèrent pas toute leur mesure. Heureusement que si nous n'avons pas le nombre, nous avons la qualité ! Suzanne Lenglen est très fidèle à Nice, où elle prit à jouer au tennis, et elle est particulièrement à son aise sur les courts des grands clubs de la Riviera; on se rappelle quelles piles magistrales elle infligea, l'an dernier, à Mrs Mallory et aux meilleures joueuses anglaises; ce fut pour elle une belle occasion de faire justice de tous les « bluffs » et de toutes les malveillances de la presse américaine. Le très sympathique Alain Gerbault, dont la réputation est devenue mondiale depuis sa fameuse traversée de l'Atlantique, est, lui aussi, un pilier de la Côte d'Azur; il a donné du mal aux meilleurs sur la Riviera et, en 1922, grâce à son elan et à l'efficacité de son jeu de volées en Double, il défit une combinaison italo-australienne dans la finale de la Coupe de Monte-Carlo. La saison de 1924 sur la Riviera s'annonce aussi brillante que celle de 1923. Les meilleures joueuses américaines doivent revenir et la fine fleur des talents européens s'y affrontera comme par le passé. JEAN SAMAZEUILH. |







































































