| L'Humanité - 27 octobre 1926 |
Où l'on voit les impôts Poincaré
entraver la baisse du café
Depuis le mois de juillet, le cours officiel des cafés - sur la place du Havre a considérablement baissé, du fait grande abondance des récoltes d’Amérique du Sud et de la reprise du franc..
Dans l'espace de trois mois, son prix a été ramené de 1.038 francs (le 15 juillet) à 616,50 (le 22 octobre).
Il aura fallu plusieurs mois pour que ce recul des cours ait sa répercussion sur le prix de vente au détail.
Depuis août - car les marchands de cafés s'étaient empressés de nous faire subir la hausse - il nous fallait payer 32,80 le kilo de café de moyenne qualité.
Voici qu'enfin une baisse s'est produite !... Le kilo de «moka» se vend aujourd'hui 31 fr. 20, soit une diminution d'un franc soixante !
Et c'est autour de cette dérisoire et tardive baisse que la grande presse - dédaignant la montée générale des cours de tant d'autres denrées - a fait grand tapage ces jours derniers…
Oublie-t-on la hausse
des derniers mois ?
Si l'on nous parle du présent recul des prix, on omet volontiers de rappeler la formidable hausse qui, depuis dix-huit mois, a atteint le prix du café.
Si le café coûte aujourd'hui 31,20 contre 32,80, il y a quelques jours encore, disons qu'il coûtait 28,20 en juillet dernier, 23,10 en avril et 21 francs en janvier.
Les prix étaient encore plus avantageux au cours de l'année 1925. Le kilo de café se vendait alors couramment 18.50 en octobre
Soulignons encore qu'il y a un an, il nous fallait payer 18.50 du café dont le cours oscillait au Havre autour de 637,
Aujourd'hui, le cours officiel est inférieur de quelques points à ce chiffre déjà respectable et il nous faut donner 31,20 pour recevoir la même quantité de marchandise... Soit une hausse de soixante-quinze pour cent !…
Une conséquence
des nouveaux impôts
J'ai demandé à nos camarades de «la Bellevilloise» les raisons de cet écart entre les cours officiels et les prix de vente au détail.
— Une grosse responsabilité, nous ont exposé nos amis Boyet et Comailhe, incombe, dans ce scandale, au gouvernement Poincaré-Herriot
En multipliant les impôts, en aggravant droits de douane et tarifs de transports, on a entravé la baisse dont régulièrement pouvait bénéficier le consommateur…
Voici d'ailleurs quelques chiffres... Nos camarades me présentèrent deux factures, la première datant d'octobre 1925, la seconde d'octobre 1926,
Je relevai sur celle-ci qu'il faut acquitter aujourd'hui un droit d'entrée de 411 francs par cent kilos de café, contre 226 francs il y a un an ! Qu'à cela s'ajoute encore un impôt d'importation de S 0/0 (contre 1,30 0/0 en novembre 1925); plus de menus frais (droits sur toile, permis, quittance de douane, etc...) qui ont augmenté d'autant.
Pour préciser les répercussions de ces formidables charges par lesquelles notre gouvernement de classe entend nous faire payer les frais de la guerre disons encore que le café, entre le port du Havre et Paris-Batignolles, était autrefois grevé de frais qui se montaient à environ 16% du prix net, tandis qu'il supporte aujourd'hui plus de 30 % de charges. diverses!
A cela s'ajoutent les frais de chemins de fer: 25 francs par 100 kilos contre 17 francs, il y a un an !..... Et voici démontrées, une fois de plus, les répercussions de la scandaleuse fiscalité de Poincaré-Herriot !
R.
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