| Le Matin - 31 octobre 1926 |
PROPOS D'UN PARISIEN
Premier symptôme
Par sa seule présence et sa volonté d'organiser une politique positive, M. Raymond Poincaré a redressé une situation qui glissait vers la catastrophe, sur une pente savonnée...
La chute s'annonçait vertigineuse; elle a été arrêtée; nous en sommes à un palier qui permet de souffler. Maintenant, il va falloir remonter la pente... C'est un travail de patience et d'énergie; mais, déjà, s'affirment quelques symptômes rassurants:
A) Le sucre baisse de prix ;
B) Le café baisse de prix ;
c) L'essence baisse de prix.
Ce sont des faits. La baisse n'est pas énorme, mais c'est déjà bien joli d'avoir, un temps, enrayé la hausse. Lorsqu'on dit au paysan: «Vous vendez trop cher!», il répond : «Moi, je ne vends pas plus cher qu'on ne me vend Voyez mon café, mon sucre !... »
Il faut donc que quelqu'un commence. Le café et le sucre viennent de commencer... Les phénomènes économiques sont si compliqués qu'il se peut que l'arrêt des prix ne dure pas... Mais les initiés songent d'où nous venons, et où on allait : le premier résultat leur semble merveilleux. Et c'est une récompense pour ceux qui ont osé s'attaquer à des problèmes si vastes, que lorsqu'on examinait d'en bas la montagne à vaincre, on avait l'air de fourmis faisant des plans pour atteindre l'Himalaya !
Louis Forest.
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