| Paris-Soir - 24 octobre 1926 |
LA GREVE NOIRE ANGLAISE
Les mineurs ne recevront pas l'aide des Trade-Unions avant le 15 novembre
Londres, 23 octobre. La lettre au Times de M. Pugh, président des syndicats métallurgistes et vice-président du Congrès des Trade-Unions, a suscité beaucoup d'intérêt dans les milieux politiques. Jusqu'ici toutefois il n'en est pas résulté une démarche officielle auprès du Gouvernement. D'ailleurs il paraît que dans les circonstances actuelles le Gouvernement pourrait difficilement accepter un règlement. basé sur, le rapport Samuel parce que : 1° la situation financière du pays est moins bonne qu'en mai dernier 2° le Gouvernement pourrait difficilement contraindre les propriétaires à accepter un accord national; 3° le Cabinet n'a nullement l'intention d'abroger la loi sur les huit heures votée récemment. Si, d'autre part, M. Pugh pouvait donner l'assurance que le cas des mineurs travaillant actuellement, sept heures et demie, est compatible avec le rapport en question, on pourrait, assure-t-on, rouvrir la discussion sur cette base. Les milieux gouvernementaux, en général, ne se montrent guère optimistes.
La grosse difficulté, le cas échéant, serait de déterminer les conditions de la reprise du travail durant la période de transition et de discussion, mais l'intervention d'un médiateur indépendant pourrait sans. doute surmonter cet obstacle.
LORD DERBY EST OPTIMISTE
Lord Derby a déclaré hier à Leigh qu'il serait personnellement prêt à assumer ce rôle et qu'il est convaincu qu'on pourrait découvrir un moyen permettant d'arriver à une paix honorable pour les deux parties. L'ancien ambassadeur britannique à Paris a déclaré qu'il n'entend pas se mêler de la question si on ne l'invite de part et d'autre, à intervenir. M. Cook a déclaré, pour sa part, qu'il ne soulevait aucune objection contre l'intervention du noble lord. « Je suis prêt, a-t-il déclaré, à accepter comme médiateur lord Derby ou n'importe qui, pourvu qu'il arrive à faire conclure un accord national. »
A la conférence mixte d'hier, les délégués de l'Exécutif des mineurs et les représentants du Conseil et du Congrès des Trade-Unions ont décidé de réunir en conférence, le 3 novembre prochain, les Comités exécutifs des divers syndicats afin de discuter la question de l'imposition des syndiqués en faveur des mineurs. Le Conseil du Congrès des Trade-Unions a également accepté de consulter directement les syndicats plus particulièrement intéressés dans la question d'un embargo sur le charbon étranger. A supposer que cette nouvelle conférence endosse les décisions de la Fédération des mineurs, ce qui est improbable après les déclarations de M. Thomas et de M. Ben Tillett, l'aide syndicaliste éventuelle ne pourrait pas être effective avant le 15 novembre. On est d'ailleurs convaincu que la satisfaction donnée hier à l'Exécutif des mineurs est purement platonique.
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