| Le Quotidien - 20 octobre 1926 |
AVANT LE CONSEIL NATIONAL DU PARTI SOCIALISTE
Trois résolutions votées par la Fédération de l'Ain
La Fédération socialiste de l'Ain, dans son Congrès réuni à Bourg, le 17 octobre a voté les ordres du jour suivants, et mandaté pour les soutenir devant le Conseil national du Parti les citoyens D' P. Nicollet, député de l'Ain et Louis Page, mutilé de guerre, un des fondateurs de la Fédération.
Délégation de Paul-Boncour à la S. D. N.
La Fédération socialiste de l'Ain : Considérant l'œuvre assidue et bienfaisante conduite à la S. D. N., à Genève, pour l'entente internationale, le désarmement et la paix, par le camarade Paul-Boncour, député du Tarn, lui renouvelle son entière confiance et le félicite de ses efforts;
Elle lui adressé ses encouragements et son approbation. d'accord en cela avec la Fédération du Tarn qui a élu Paul-Boncour et a approuvé sur ce point spécial sa conduite à Genève ;
Conformément à l'esprit des statuts du parti, et considérant que Paul-Boncour a été délégué avec le consentement unanime du groupe socialiste au Parlement, de la C. A. P. et des congrès du parti, la Fédération de l'Ain souhaite que cette délégation soit maintenue, à charge pour le camarade Paul-Boncour d'en faire un compte rendu annuel devant le groupe parlementaire et les organismes réguliers du parti,
Elections sénatoriales
Le Conseil fédéral de la Fédération socialiste (S. F. 1. 0.) de l'Ain, en conformité avec sa tactique ancienne et éprouvée, est d'avis que pour les élections sénatoriales de janvier 1927 soient envisagées par le Conseil national les suggestions suivantes :
1° Partout où il n'y aura pas danger de favoriser la réaction, le parti présentera ses candidats avec engagement réciproque de désistement avec les candidats qualifiés du parti radical et radical-socialiste :
2° Partout où la réaction menaçante nécessitera des ententes urgentes, le «Cartel des Gauches» devra être organisé avec les garanties communes de fidélité et de loyauté:
3° Il n'y a pas lieu de lier le parti par une décision uniforme, trop étroite, et il apparaît logique et rationnel de laisser chaque Fédération examiner librement. sous sa responsabilité les décisions à prendre, au mieux des intérêts immédiats du socialisme et de ceux de la démocratie, dont ils sont plus que jamais inséparables.
Motion de politique générale
A la suite d'un manifeste paru dans toute la presse en province et dans Le Temps, dénonçant la rupture du Cartel et signé par M. Mamet, président de la Fédération républicaine radicale et radicale-socialiste de l'Ain le Congrès fédéral de la Fédération socialiste S.F.1.0. de ce département a dû examiner la question. Il a adopté à une grosse majorité l'ordre du jour suivant :
La Fédération socialiste de l'Ain, sans vouloir donner une importance démesurée à des allégations de journaux, pas plus qu'à des attitudes particulières plus ou moins tranchées :
Affirme la continuité de la politique du Cartel qu'elle a préconisée et pratiquée sans défaillance avant et depuis le 11 mai 1924. Elle félicite ses deux élus au Conseil général, le docteur Paul Nicollet et Gabriel Parisot, pour leur attitude et leurs votes à l'assemblée départementale :
Elle félicite également son élu au Parlement, le docteur Paul Nicollet, d'avoir inlassablement conformé ses votes aux engagements pris devant le corps électoral de l'Ain et spécifiés dans la circulaire aux électeurs, signée par les cinq candidats du «Cartel», le 11 mai 1924. Elle s’engage à persister dans son action cohérente et loyale ;
Ayant elle-même voté et préconisé en toutes occasions la participation conditionnée des socialistes aux ministères cartellistes, la Fédération socialiste de l'Ain estime ne jamais avoir enfreint, en ce qui la concerne, la discipline de cohésion républicaine et socialiste qu'elle avait librement consentie d'accord avec le congrès du parti radical et radical-socialiste le 13 octobre 1923, à Nancy:
Elle persiste à penser et à affirmer, en complète communion avec l'opinion et la volonté de la majorité des électeurs de l'Ain, qu'il est nécessaire plus que jamais de maintenir groupées, contre l'ennemi commun, «la réaction», toutes les forces vives, qui, en mai, marchèrent à la victoire ;
Elle regrette l'attitude du président Mamet, approuvée, paraît-il, par le bureau fédéral de sa Fédération radicale; Elle met en garde le grand pari radical et radical-socialiste de ce département contre la tentative, «l'amorce» d'une politique d'esprit nouveau, qui, sous prétexte de «prudence» et de «pondération», n'aboutirait à rien moins qu'au retour à la trop fameuse concentration où se trouveraient confondues les conceptions et les personnalités hier encore violemment opposées débris du Bloc National, hommes-liges des intérêts économiques, et certains radicaux assagis, devenus des «conservateurs sociaux» ;
Elle compte sur la clairvoyance de la Fédération radicale et radicale-socialiste de l'Ain pour prendre nettement position, dans son prochain congrès fédéral, en dehors de toutes considérations de personnes ou d'influences, et pour rejeter une politique dite «des possédants et des classes moyennes» qui, si par impossible, elle était appliquée, par la méfiance et le découragement qu'elle soulèverait dans les masses démocratiques, par, la division même qu'elle accentuerait avec le prolétariat organisé politiquement et économiquement, éloignerait à tout jamais le parti radical et radical-socialiste, celui des Camille Pelletan, des Léon Bourgeois, des Henri Brisson, de celui de Vaillant, de Guesde et de Jaurès ;
Conformément à la décision de son dernier congrès fédéral, la Fédération socialiste (S. F. 1. 0.) de l'Ain, pour dissiper toute équivoque et rétablir la confiance cartelliste est prête à fournir par ses délégués et par ses élus, dans une réunion de partis, commune avec les délégués et les élus de la Fédération radicale et radicale-socialiste, toutes les explications, toutes les mises au point nécessaires.
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