| Excelsior - 24 octobre 1926 |
La crise économique que nous traversons fournira aux annalistes de demain de singulières observations. Tandis que les petits rentiers n'arrivent plus à vivre, que la classe moyenne est dans la misère, on voit des «sans métier» gagner des sommes relativement considérables. Ainsi, un hebdomadaire, Paris- Municipal, affirme que les marchands qui débitent des objets de fantaisie à la terrasse des cafés font des recettes énormes. A un camelot qui vend ce petit jouet : «le singe grimpeur», notre confrère a demandé combien il gagnait. Il en aurait reçu cette réponse : Je me fais de trois à quatre cents francs par jour.»
C'est le traitement du premier président à la Cour de cassation. Pendant ce temps, les savants végètent, et même des officiers a-t-on dit sont obligés, le soir venu, de conduire des taxis pour subvenir aux besoins de leur famille.
N'avons-nous pas appris, par ailleurs, pour si incroyable que cela soit, que la bourse de Jack Dempsey était de vingt millions dans son combat avec Harry Wills. De plus, le manager qui avait payé ce gros prix se vantait d'avoir, ce jour-là, encaissé une recette de quarante millions. On croit rêver, Pourquoi blâmer ces entrepreneurs de payer de tels cachets, pour si excessifs soient-ils, puisque ce sont ces vedettes qui attirent la foule?
Un directeur de music-hall disait récemment : Oui, cette chanteuse me coûte cher; mais, quand elle est absente, ma recette est de 12,000 francs en moyenne; quand elle est là, cette recette monte à 25,000. Aussi, je n'hésite pas à lui donner son cachet de 3,000 francs.
Que répondre à cela?
JEAN-BERNARD.
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