| Paris-Soir - 17 octobre 1926 |
Araignées du soir
Paris-Plage
Le Salon nautique me fournit un excellent prétexte pour enfourcher à nouveau un dada que j'ai déjà chevauché à plusieurs reprises,
Depuis quelques jours, la Seine, entre les. Invalides et le pont Alexandre-III, est devenue un bassin de navigation tout égayé du reflet des voiles blanches et des coques vernies. C'est fort bien, mais pourquoi ce spectacle demeure-t-il exceptionnel? J'ai toujours pensé que les Parisiens ne savent pas tirer parti du cours d'eau qui traverse leur ville. Sous ce rapport, les habitants de l'Isle-Adam pourraient leur en remontrer !
Ce n'est pas seulement en période d'exposition, ce n'est pas seulement en face du Cours-la-Reine, c'est toute l'année, sur toute la traversée de Paris, que la Seine devrait être sillonnée de canots, de canoës, de skiffs, de yoles, de norvégiennes... C'est chaque dimanche que d'actifs organisateurs devraient nous offrir des régates, des courses, des fêtes nautiques de jour et de nuit.
De même, pourquoi abandonner les berges du fleuve aux vagabonds, aux tondeurs de chiens et aux cardeurs de matelas, alors qu'il serait autrement avantageux d'en faire un lieu de promenade, une sorte de plage bordée de guinguettes, de cafés, de restaurants et, pourquoi pas, de boîtes de nuit ?
L'aménagement de tout cela, évidemment, coûterait des millions, mais les millions ne sont pas rares en France, demandez plutôt aux pasteurs des Porcheries Françaises et aux prospecteurs des Pétroles Réunis ! Qu'est-ce que vous penseriez d'une «Société anonyme pour la mise en valeur et l'exploitation des berges de la Seine entre le pont National et le Point-du-Jour?...»
Bernard GERVAISE.
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