| Paris-Soir - 10 octobre 1926 |
Parisiens faites-vous vacciner
IL Y A URGENCE…
Sans atteindre à la puissance d'une épidémie, la variole se manifeste d'une manière cruelle à Paris et dans sa banlieue la plus proche. Il est resté quelque chose de la grande attaque variolique de décembre 1925, puisque, depuis cette date. chaque mois, il a été signalé des cas très nettement marqués, bien qu'isolés.
Les dernières publications du Bulletin de statistique indiquent la montée graduelle. L'avant-dernier marquait cinq décès attribués à la variole et 29 déclarations
Il y a aujourd'hui une progression très visible: 49 ou 50 cas déclarés, avec la terrible conséquence de dix décès inscrits.
Comme il ne s'agit là que de ce qui est du ressort de Paris et des communes limitrophes envoyant leurs malades dans les hôpitaux parisiens, on ne peut affirmer que le compte soit complet. I y aurait à reprendre les chiffres des déclarations qui ont dû être faites dans les mairies, pour les varioliques traités à domicile. Ils ne figurent pas sur la statistique qui ne s'occupe que de Paris. Aussi comprend-on l'insistance apportée pour que les personnes non vaccinées, ou l'étant depuis plus de trois ans, veuillent bien se soumettre à cette opération, assez bénigne en somme: un peu de fièvre, d'une durée et d'une étendue très limitées.
La rentrée des classes va, obligatoirement, mettre tous les élèves présentés en état de prémunition. Ceux ou celles des enfants ne présentant pas un certificat de vaccination de date valable, seront soumis au vaccin.
Ce n'est pas de ce côté que le danger menace de s'étendre. Mais bien du côté des parents qui, dans leur insouciance, ne se seraient pas présentés aux centres antivarioliques.
Parisiens, faites-vous vacciner. La décroissance rapide du mal dépend de vous-mêmes.
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