| Paris-Soir - 29 septembre 1926 |
APRES LE DEBAT DES COMMUNES
Une lueur d'espoir dans la crise minière britannique
LES MINEURS PRENNENT AUJOURD'HUI
D'IMPORTANTES RESOLUTIONS
Londres, 28 septembre. La déclaration de M. Baldwin aux Communes s'est bornée hier à un exposé historique lugubre et superflu. Il n'a apporté aucun fait nouveau, il n'a révélé aucun plan d'avenir qui laisse entrevoir un règlement du conflit. Le Gouvernement s'est déclaré impuissant devant l'attitude des propriétaires des mines et résolu à s'en tenir à ses dernières propositions, dont l'offre reste toujours ouverte. M. Mac Donald accusa fortement le Gouvernement de n'avoir jamais joué franc jeu avec les mineurs et d'être la cause de la situation inextricable dans laquelle le pays se débat.
M. Lloyd George, qui fit l'éloge de M. Churchill et de ses tentatives honorables, fit remarquer qu'en présence des concessions très importantes faites par les mineurs, il était du devoir du Gouvernement d'exercer une pression sur les Compagnies et de prendre au besoin les mesures nécessaires pour rouvrir les puits. «Il ne faut pas, s'exclama-t-il, que le Gouvernement se déclare impuissant parce que les propriétaires des mines se montrent féroces.»
DANS LES MILIEUX TRADE-UNIONISTES
M. Cook, secrétaire de la Fédération des Mineurs, se trouvait dans l'une des tribunes de la Chambre des Communes, lorsque M. Baldwin a fait ses déclarations sur la crise charbonnière. L'impression, dans les milieux Trade-Unionistes est que la situation ne s'est pas modifiée, malgré les déclarations de M. Baldwin, mais qu'on a laissé entendre aux mineurs qu'ils devaient rendre leurs propositions de règlement plus souples et consentir à discuter, dans les négociations éventuelles, la question des heures de travail.
UNE NOUVELLE PORTE DE SORTIE
En somme, si le débat d'hier n'a pas modifié la situation, il y a lieu de noter. cependant, que le tribunal d'arbitrage envisagé par le Gouvernement aurait non seulement le droit de statuer sur la question des salaires, mais également sur la question des heures de travail. Une nouvelle porte de sortie vient de s'ouvrir. La Conférence des mineurs qui a lieu aujourd'hui, ne manquera certainement pas d'examiner la situation sous ce nouvel angle.
PERSPECTIVES MENAÇANTES
Dans la tempête, tous les ports sont bons, et le Gouvernement, s'il ne veut pas entendre parler d'une nationalisation des mines, même sous la forme déguisée que préconise M. Lloyd George, ferait bien de ne pas disperser le Parlement avant d'avoir étudié tous les moyens de conciliation; sinon, il devra, malgré lui, prendre le contrôle des mines, s'il veut éviter une catastrophe nationale.
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