| Paris-Soir - 03 octobre 1926 |
L'U.R.S.S. ET L'ANGLETERRE
La mission de M. Krassine en Angleterre
ELLE CONSISTERA AVANT TOUT A. OBTENIR DE L'ARGENT
"Londres, 2 octobre. Au cours de déclarations faites hier à la presse britannique, M.Krassine, chargé d'affaires de l'U. R. S. S., récemment rentré à Londres, a franchement avoué que sa mission en Angleterre consistait avant tout à obtenir de l'argent.
Faisant remarquer les vastes possibilités du marché russe et l'accroissement de ses industries depuis 1913, M. Krassine a insisté sur la nécessité de conclure un emprunt ou d'obtenir des crédits à long terme pour réaliser le vaste programme industriel que le gouvernement de L'U. R. S. S. a en vue.
Des crédits à court terme seraient assez utiles, a-t-il déclaré, mais ils ne conviendraient pas pour atteindre le but que le gouvernement de Moscou se propose.
APRES NEUF ANS D'EXISTENCE
«Après neuf années d'existence, a ensuite expliqué M. Krassine, ceux-là mêmes qui étaient le plus hostiles au régime de Moscou, ont dû reconnaître que le gouvernement russe était le plus stable de l'Europe.
«La production brute du pays pour 1925-1926 accuse une augmentation de 95 % et la production agricole une augmentation de 80 % sur 1913.
«Du reste, partout en Russie, règne un désir de paix. C'est à cet esprit pacifique qu'il faut attribuer non seulement ses progrès agricoles, mais aussi ses progrès industriels. L'armée russe a été réduite de 5 millions à 500.000 hommes, et elle sera même complètement supprimée si les autres pays font de même.
«L'obstacle qui empêche les deux gouvernements, anglais et soviétique, de s'entendre réside dans le boycottage de Moscou par Londres. Il serait désirable de modifier cette politique dans l'intérêt des deux pays.»
LA QUESTION DES DETTES
Comme on lui demandait si la reconnaissance par PU.R.S.S. de sa dette envers l’Angleterre ne serait pas de nature à aider au rétablissement de relations amicales entre Londres et Moscou, M. Krassine a répondu :
— Ceci est une question délicate. mais mon gouvernement est tout disposé à examiner la question des dettes. Nous avons toujours dit que nous saisirions toutes les occasions pour entamer des négociations sur toutes les questions pendantes, et nous attachons la plus grande importance un règlement de ces affaires
— Un accord est-il possible?
— Je préfère ne pas répondre à cette question dit M. Krassine, avant d'avoir conféré avec M, Austen Chamberlain, mais je puis vous dire que nous sommes toujours disposés à négocier.
Mais il est évident que la question du règlement des dettes est liée à des négociations en vue d'un emprunt.
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