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Le Funi - 03 octobre 1926

 


des crottes de rats dans la soupe

AU CONSEIL MUNICIPAL

Des poids s. v. p.
Certains commerçants du marché Richard-Lenoir refusent de vendre leurs denrées par petites quantités. C'est ainsi que, récemment, le kilogramme d'oignons valant 3 fr. 50, on refusait d'en vendre 250 grammes. Une femme âgée et de condition modeste se voyait refuser la vente de 60 grammes de beurre (un demi-quart en termes courants). Le prétexte invoqué est celui-ci : «Nous n'avons pas de poids pour peser d'aussi petites quantités». Dans certains marchés de la banlieue, on refuse également de vendre certaines denrées alimentaires par quantités intérieures à 500 gr. (une livre, comme disent les marchands).
M. Roéland a l'honneur d'appeler la vigilance de M. le Préfet de police sur les faits qui obligent les malheureux à des dépenses au-dessus de leurs moyens, et le prie de bien vouloir lui dire:
1° Si les commerçants des marchés de Paris et de banlieue sont autorisés à ne pas posséder la série légale des poids;
2° Si les marchands au détail ont le droit de refuser la vente des denrées alimentaires au-dessous de certaines quantités.
S'il est nécessaire, M. Roéland apportera des précisions.

Des crottes de rats dans la soupe!
Prévenu hier par l'organisation syndicale de l'asile Sainte-Anne, que la soupe des malades de cet établissement contenait une quantité considérable de... crottes de rats, M. Louis Gélis a tenu à se rendre compte par lui-même de la véracité du fait.
En effet, la soupe devant être mangée le 22 septembre, à 7 heures du matin, par les malades d'un des quartiers a été laissée par eux parce que renfermant les déjections citées plus haut.
M. Louis Gélis a fait une enquête sommaire de laquelle il résulte que cet état de choses n'est nullement imputable au personnel de la cuisine, mais bien à l'Administration de l'établissement.
Le pain est coupé la veille et séjourne dans des paniers, où les rats - particulièrement nombreux dans cet asile - ont tout loisir de se satisfaire. La preuve est faite qu'ils n'y manquent pas.
A plusieurs reprises, l'attention de l'Administration a été mise en éveil à ce sujet, mais celle-ci n'a jamais donné aucune suite aux avertissements du personnel.
M. Louis Gélis demande à M. le Préfet de la Seine les mesures qu'il compte prendre pour remédier à cette situation et éviter que pareil scandale se puisse renouveler.

Que fait la Commission dite de surveillance.
Le Gouvernement ayant pris des dispositions pour réaliser soi-disant d'importantes économies et faire baisser le coût de la vie, par esprit d'imitation, la préfecture de police a créé une commission de surveillance des prix.
Or il n'apparaît nullement jusqu'à ce jour que ni les produits alimentaires ni les articles de ménage ou du vêtement aient subi la moindre baisse et cependant, malgré les impôts nouveaux de toutes sortes, il n'y a eu dans le commerce et l'industrie aucune augmentation de la main d'œuvre. L'on pourrait au contraire citer de nombreux articles ou produits qui augmentent sans cesse.
M. Copigneaux serait heureux de connaître de M. le Préfet de police quel a été l'effet des mesures prises par lui:
1° Sur l'abattement qui est résulté de la création de la Commission de surveillance, en ce qui concerne le prix de vente au détail des denrées alimentaires ou autres produits fabriqués en manufactures; 
2° Sur la stabilisation des prix;
3° S'il n'est pas résulté d'augmentations sur les mêmes produits.

 

 


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