Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


L'Œuvre - 27 septembre 1925


LOeuvre Page trois

LOeuvre 1925 09 27 180 millions de dllars, la France ne peut pas se permettre dedébourser une telle somme

Washington, 26 septembre. Nous annoncions hier que M. Mellon, secrétaire d'Etat du Trésor, avait remis un mémorandum à la mission française.
Il se borne à développer la thèse suivante :

La commission américaine des dettes ne peut pas prendre en considération l'offre française parce qu'elle s'écarte du modèle des précédents accords passés par les Etats-Unis accord Baldwin-Mellon, accord belgo-américain, accord hongro-américain et accord conclu hier même avec la Lettonie. Ces accords stipulent que le remboursement du montant des dettes, arrêté au jour de la consolidation, sera effectué en 62 ans et que l'intérêt sera de 3 1/2 % par an.
Le document américain fait d'autre part ressortir qu'il est nécessaire de consolider la totalité de la dette française et de l'amortir, la discussion pouvant porter seulement sur les modalités diverses de cette consolidation : taux d'intérêt, premiers paiements, etc. La commission américaine accepterait d'annuler le tiers des intérêts échus et non réglés.
La commission américaine reproche aux offres françaises de correspondre au remboursement du principal des dettes sans aucun intérêt.
Les experts français ont calculé que la proposition américaine aboutirait à une annuité d'environ 170 millions de dollars; d'après l'Exchange Telegraph, les remboursements annuels demandés par les Américains seraient de 120 millions de dollars.
Les membres de la mission française, réunis à l'ambassade de France, ont estimé que de tels sacrifices sont impossibles. M. Caillaux partage leur avis; mais le travail des experts n'est pas terminé ; il continuera aujourd'hui...

Un paiement annuel de 180 millions de dollars
Trois membres de la commission américaine, MM. Crisp, Hoover et Burton, insistent même pour que le règlement des dettes françaises se fasse sur les mêmes bases que l'accord anglo-américain, c'est-à- dire par annuités de 180 millions de dollars. Mais ce chiffre est si élevé que la délégation française a refusé de l'examiner.

Le revenu national de la France
M. Mellon a insisté sur le fait que les propositions que la France, si elles étaient jugées inacceptables, n'étaient cependant pas rejetées définitivement. Mais le secrétaire au Trésor pense que M. Caillaux a sous-estimé le revenu national, que des innovations fiscales permettraient d'améliorer l'actif de la France et, par conséquent, de faire des versements plus élevés. La Conférence est ajournée à lundi

M. Caillaux a informé la presse qu'il doutait que ses délibérations avec ses collègues puissent être terminées assez tôt pour qu'il rencontre les délégués américains dans la matinée d'aujourd'hui. Il est possible que la séance des deux commissions soit ajournée à lundi.
M. Caillaux a indiqué que les délégués français se préparaient à travailler dimanche, mais il comprend que les Américains ne désirent pas le faire.
M. Caillaux a désigné M. Dumay pour assurer la liaison avec la presse.
Le correspondant de l'Agence Reuter estime que la déclaration de M. Caillaux signifie que les délégués français rencontrent certaines difficultés pour concilier leurs vues avec les contre-propositions américaines.

 Où le sénateur Borah intervient
Londres, 26 septembre. Suivant une dépêche de New-York à l'Agence Reuter, on ne croit pas que les Américains consentiraient à faire à la France des conditions plus favorables qu'à la Grande-Bretagne. Cette opinion résulterait de l'attitude du sénateur Borah. Celui-ci, on le sait, déclare qu'il serait difficile d'expliquer comment, les Américains subissant des taxes par suite des emprunts de guerre, le gouvernement des Etats-Unis pourrait réduire les intérêts jusqu'à leur minimum, alors que les nations européennes empruntent de l'argent aux banquiers américains à des taux élevés. Un assez grand nombre de membres des deux Chambres du Congrès doivent partager les idées du sénateur Borah sur cette question et la commission américaine ne peut pas ignorer sur ce point cette opinion si elle veut obtenir la sanction du Congrès pour un accord au sujet de la dette française.
Le sénateur Glass, qui était secrétaire de la Trésorerie sous la présidence de M. Wilson, est, au contraire, partisan d'accorder les plus grandes facilités à la France. Il déclare que les Américains devraient user envers les Français d'une générosité allant jusqu'aux extrêmes limites.

Les délégués français sur la tombe de Washington Washington, 26 septembre.
M. Caillaux et les membres de la délégation française se rendront demain à Mount-Vernon, où ils visiteront la tombe de Washington. Ils seront accompagnés par M. Mellon, secrétaire au Trésor, qui leur offrira un déjeuner à Mount-Vernon.


retour 27 septembre 1925